AstraZeneca avait déjà détecté un premier cas suspect en juillet

AstraZeneca devrait savoir d'ici la fin de l'année si son vaccin potentiel contre le Covid-19 est efficace, à condition qu'il puisse reprendre les essais suspendus cette semaine. ©REUTERS

L’essai clinique d'AstraZeneca sur le vaccin contre le Covid-19, suspendu cette semaine, avait été temporairement interrompu une première fois en juillet suite à un premier cas suspect. Celui-ci avait toutefois été reconnu comme non lié au vaccin.

L’essai clinique à grande échelle d'AstraZeneca sur le vaccin contre le Covid-19, qui a été suspendu cette semaine, avait déjà été temporairement interrompu une première fois en juillet dernier suite à un premier cas suspect, a confirmé mercredi soir le laboratoire britannico-suédois.

Le groupe pharmaceutique, dont les essais cliniques de vaccin contre le coronavirus sont parmi les plus avancés au monde, a détecté mardi un éventuel effet indésirable grave chez un participant aux essais cliniques de son vaccin expérimental au Royaume-Uni. Ce qui a entraîné une suspension immédiate de ces essais.

Il s'agirait de symptômes neurologiques associés à la myélite transverse, une atteinte neurologique rare causée par une inflammation de la moelle épinière, ont affirmé plusieurs sources mercredi. Pascal Soriot, le PDG d’AstraZeneca, l’aurait reconnu lors d’une conférence téléphonique privée avec des investisseurs.  

30.000
patients
AstraZeneca a commencé l'essai de son candidat vaccin aux États-Unis le mois dernier, avec l'intention de recruter 30. 000 patients adultes dans environ 80 sites à travers le pays.

Sclérose en plaques

Cette annonce a semé le trouble car il s'agit de la première d'une telle nature parmi les dizaines d'essais cliniques en cours dans le monde. Il faut maintenant déterminer si un lien peut-être établi entre le vaccin et les éventuels effets constatés.

Ce qui émeut sans doute la communauté scientifique, c'est que les pathologies évoquées dans les deux cas sont chacune des maladies auto-immunes du système nerveux.

À ce stade, on ne sait même pas si le participant chez qui on a détecté des problèmes a reçu le vaccin ou un placebo. En revanche, une source chez AstraZeneca a indiqué qu'un premier cas problématique avait déjà été constaté en juillet, ce qui avait entraîné une première suspension de l'étude. Il s'agissait de sclérose en plaques. Un panel indépendant était arrivé à la conclusion que la maladie de la personne testée n'était pas liée au vaccin, ce qui avait permis le redémarrage immédiat de l'étude.

Ce qui émeut sans doute la communauté scientifique, c'est que les pathologies évoquées dans les deux cas sont chacune des maladies auto-immunes du système nerveux. Mais il pourrait tout aussi bien s'agir de pures coïncidences statistiques vu la taille importante de l'étude, ou même de deux cas dans le groupes "placebo".

"En revanche, si ce doute ne peut être levé, cela va entraîner de nombreuses vérifications qui risquent de prendre du temps", estime un spécialiste qui préfère rester anonyme.

Essai en double aveugle

AstraZeneca a commencé l'essai de son candidat vaccin aux États-Unis le mois dernier, avec l'intention de recruter 30. 000 patients adultes dans environ 80 sites à travers le pays. Des essais sont également en cours au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud impliquant un total d'environ 17 000 personnes. L'essai est ce qu'on appelle un essai en double aveugle: environ 20.000 des participants aux USA doivent recevoir deux doses du vaccin, les autres se voyant administrer un placebo.

Selon Pascal Soriot, il n'est pas rare que des essais sur un vaccin soient suspendus. AstraZeneca devrait savoir d'ici la fin de l'année si son vaccin potentiel contre le Covid-19 est efficace, à condition qu'il soit autorisé à reprendre les essais suspendus cette semaine, a encore précisé le directeur général du groupe pharmaceutique.

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