Auxin Surgery séduit de plus en plus de chirurgiens dans le monde

Benoît Verjans a succédé il y a un an comme CEO à Gilles Capart, qui reste président du CA. ©Kristof Vadino

Le dispositif médical développé par la société de Louvain-La-Neuve intéresse un nombre croissant de pays et voit ses indications se multiplier. Yves Prete a fait son entrée dans le conseil d'administration.

Pari réussi pour Auxin Surgery: un an et demi après son lancement, le dispositif médical novateur créé par cette petite société de Louvain-la-Neuve séduit de plus en plus de chirurgiens dans le monde, tout en étant autorisé pour un nombre croissant d’indications. Fondée en 2014, l'entreprise a développé un système qui permet de faciliter les opérations chirurgicales compliquées. Appelé Cadiss, ce dispositif affaiblit les adhérences en quelques secondes, ce qui permet de séparer plus facilement les tissus pathologiques (kystes, tumeurs, etc) des tissus sains, sans crainte d’endommager un organe ou un nerf. Simple à utiliser et peu onéreux, le Cadiss est constitué d’un kit composé d’éléments stériles à usage unique, d’instruments chirurgicaux réutilisables et d’une solution chimique basée sur une molécule repositionnée.

Une molécule associée

"Le projet a évolué positivement", se réjouit Xavier Delcorps, marketing director de la société brabançonne. "Il y a une extension géographique qui prouve l’intérêt du dispositif. Nous sommes sortis des frontières de l’Europe et nous avons signé avec des pays d’Amérique latine. Nous avons un contrat en cours de finalisation au Moyen-Orient et nous avons signé récemment avec Taïwan, malgré le coronavirus. Nous avons continué à faire évoluer le réseau de distribution et c’est une tendance qui va se poursuivre, puisque nous avons des ouvertures au Japon, en Corée du Sud, en Israël, ainsi qu’au Canada. Enfin, nous avons des signaux intéressants de la FDA aux USA, qui laissent entrevoir que nous pourrions rester comme dispositif médical et ne pas être considérés comme produit pharmaceutique, puisque nous avons une molécule associée."

"Il y a une extension géographique qui prouve l’intérêt du dispositif."
Xavier Delcorps
Marketing Director

La molécule en question est un produit lancé par UCB dans les années septante pour le traitement de la mucoviscidose. On a découvert par hasard que ce médicament fragilisait l’adhésion entre deux tissus. Mais le groupe belge n’a pas souhaité le développer lui-même dans une nouvelle indication. Par contre, il s’est avéré plus aisé de le déployer en complément d’un dispositif médical, ce qui facilite la mise sur le marché.

C’est comme cela qu’a été créée Auxin il y a six ans par Gilles Capart, qui avait été directeur des investissements chez UCB. L’entrepreneur, qui a par ailleurs été CEO de Sopartec-Vives Fund, a dirigé l’entreprise jusqu’en juin 2019. S’il reste président et principal investisseur aux côtés de Noshaq, de business angels et du holding fédéral SFPI, il a depuis lors cédé le témoin à Benoît Verjans, manager du site Accessia à Liège et ancien CEO d’Arlenda. 

Chirurgie de la main

Le dispositif a été lancé dans un premier temps pour la chirurgie de la colonne vertébrale et de l’oreille moyenne. "Il est maintenant également proposé pour tout ce qui est musculo-squelettique, c’est à-dire les troubles touchant aux rapports entre les tendons, les muscles et l’os", poursuit Xavier Delcorps. "Il y a notamment un intérêt particulier pour la chirurgie de la main et du poignet. Nous sommes également sortis de l’oreille moyenne et nous avons une autorisation pour l’ensemble de l’oreille, ce qui permet les opérations sur les tumeurs du nerf acoustique, qui sont des grosses indications."

La société devrait passer à douze personnes d’ici la fin de l’année.

Pour Xavier Delcorps, ces extensions d’indications, ainsi que l’intérêt d’un nombre croissant de pays pour le Cadiss, "garantissent le développement de la société, qui devrait passer à douze personnes d’ici la fin de l’année. Celle-ci a bénéficié en 2019 d’un prêt convertible de 2 millions, qui a été suivi d’une injection d'un million de la SFPI. A cette occasion, l'ancien CEO de Safran Aero Boosters, Yves Prete, et François Fontaine (Investment Manager de la SFPI), ont fait leur entrée comme administrateurs. Une prochaine levée de fonds "ambitionne de lever 6 millions supplémentaires", selon le directeur marketing.

6
millions
Une nouvelle levée de fonds est en préparation avec comme objectif 6 millions d’euros.

Ce futur apport financier servira au développement de la supply chain, à automatiser la production sur le sol wallon et à financer les prochaines indications, comme la chirurgie abdominale, la laparoscopie (examen dans l’abdomen), l’endoscopie et la robotique. 

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