BASF s'offre Cognis pour 3,1 milliards

L'allemand BASF, numéro un mondial de la chimie, a annoncé mercredi le rachat du fabricant d'additifs pour cosmétiques et détergents Cognis , une opération de 3,1 milliards d'euros au total dette et pensions comprises.

Le numéro un mondial de la chimie, l'allemand BASF, va acquérir son compatriote Cognis pour 3,1 milliards d'euros, renforçant sa domination dans des secteurs rentables et prometteurs comme les préparations pour les cosmétiques et l'alimentation. Le groupe rhénan a annoncé mercredi avoir trouvé un accord avec les actuels propriétaires du chimiste de spécialités, le fonds d'investissement Permira et la banque américaine Goldman Sachs.

Le géant de Ludwigshafen va débourser 700 millions d'euros pour s'emparer des fonds propres de Cognis, et la valeur totale de l'acquisition, incluant la dette nette et les pensions, atteint 3,1 milliards d'euros. Avec 5.572 salariés, Cognis a dégagé en 2009 un chiffre d'affaires de 2,6 milliards d'euros. C'est la plus grande opération du groupe allemand depuis le rachat en 2009 pour 3,8 milliards d'euros du suisse Ciba, un autre chimiste de spécialités.

"Cognis convient très bien à BASF, en tant que numéro un des produits tensio-actifs (utilisés dans les détergents, ndlr) et avec sa présence mondiale forte, en particulier en Asie", ont relevé les analystes d'Unicredit dans une note, jugeant le prix d'achat "bon".

BASF, qui veut boucler l'opération d'ici novembre, table sur un coût total d'intégration de 200 à 250 millions d'euros d'ici fin 2012, année pour laquelle il espère un effet positif de l'acquisition sur le bénéfice par action, et des réductions de coûts qui atteindront au moins 130 millions d'euros par an à partir de 2013.

Il n'a pu préciser si des suppressions d'emplois étaient à craindre.

Avec cette opération, le géant BASF grandit encore, avec un chiffre d'affaires pro forma de 48,7 milliards d'euros en 2009, et espère surtout "renforcer son portfolio avec des activités résistantes aux cycles (économiques) et rentables", a déclaré son patron Jürgen Hambrecht lors d'une conférence téléphonique.

BASF et l'ensemble de l'industrie chimique ont en effet beaucoup souffert au début de la crise économique dans leurs activités à faible valeur ajoutée comme les produits chimiques de base ou les hydrocarbures.

Le groupe veut "conforter sa position de numéro un des préparations pour les produits d'entretien, devenir leader dans celles pour les cosmétiques et numéro trois dans les additifs alimentaires", a détaillé John Feldmann, membre du directoire.

Cognis, qui vend aussi bien des Oméga 3 que de la vitamine E ou des additifs pour shampooing ou détergeant, va profiter de l'augmentation de la population mondiale, de son vieillissement et du développement de la consommation dans les pays en développement, a-t-il ajouté.

Comme de nombreux chimistes, BASF place ainsi ses espoirs dans des préparations élaborées, prêtes à l'emploi pour la fabrication de produits de consommation, et qui "dégagent en général des marges plus élevées et plus stables", explique l'analyste Carsten Cunold de Merck Finck.

De fait, depuis 2004, la marge opérationnelle (Ebitda) de BASF s'est érodée, passant de 20,5% à 14,6%. En comparaison, il table après le rachat de Cognis sur une marge de 20% dans la chimie de spécialités en 2012.

Le groupe n'entend pas "mener d'autres acquisitions substantielles dans un futur prévisible" et "veut désormais "mettre la priorité numéro un sur la génération de liquidités et le désendettement", a déclaré M. Hambrecht.

Le président de BASF n'a pas convaincu l'agence Moody's, qui a placé la notation du groupe "A1" sous surveillance négative après l'annonce du rachat.

 

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