BioTurnkey, ou la médecine personnalisée à fonds wallons

©rv

Les holdings wallons Wisetree et 4 For Cells s’associent à la société texane Incell pour fournir des produits et services de pointe aux entreprises actives dans la médecine personnalisée.

C’est presque le monde à l’envers. Alors que les fonds d’investissement spécialisés américains viennent de plus en plus faire leurs emplettes du côté des biotechs européennes, voilà que deux holdings participatifs wallons, Wisetree et 4 For Cells, s’associent à la société texane Incell pour créer une joint-venture spécialisée dans la fourniture de produits et services de pointe destinés au secteur de la médecine personnalisée.

BioTurnkey, c’est son nom, proposera d’ici un an et demi au plus tard des services de soutien à la réalisation d’essais cliniques et à un accomplissement accéléré des procédures régulatoires en vue de la mise sur le marché de traitements à petite échelle ciblant les maladies rares.

Le produit phare de la coentreprise, c’est son futur bio-isolateur en résine. Son avantage majeur par rapport aux isolateurs en inox qui existent déjà réside dans la protection absolue qu’il offre contre l’environnement extérieur.

Le bio-isolateur, peut être comparé à une couveuse. Il est complètement fermé à toute exposition venue de l’extérieur. Mois coûteux que les salles blanches, destinées à la production à grande échelle, il est tout indiqué pour la médecine personnalisée, qui ne dispose aujourd’hui d’aucune solution clé sur porte. Les clients visés sont les sociétés produisant à petites doses et en petits volumes (virologie, immunologie, ingénierie tissulaire).

Plus vite pour moins cher

"Notre objectif est d’aider les sociétés de thérapie cellulaire à aller plus vite sur le marché, pour un prix inférieur."
Frédéric Tonglet
CFO de BioTurnkey

"Notre objectif est d’aider les sociétés de thérapie cellulaire à aller plus vite sur le marché, pour un prix inférieur. La construction d’un bio-isolateur ne prend en effet qu’un ou deux mois, au lieu d’un à deux ans pour une salle blanche, ce qui permet une approbation nettement plus rapide du régulateur et un prix deux fois moins élevé", explique Frédéric Tonglet, le directeur financier de BioTurnkey. Un fameux gain de temps pour des produits innovants dont la mise sur le marché nécessite plus de 10 ans de recherches et d’études cliniques.

L’histoire de cette coentreprise wallo-texane commence il y a quelques années, lors d’un voyage organisé par l’Awex (Agence wallonne à l’Exportation) à College Station (Texas). François Lesage, qui a participé à la création de MasTherCell), rencontre un responsable de l’université Texas A & M qui le met en contact avec le Dr Mary Pat Moyer, une sommité de la thérapie cellulaire qui dirige la société texane Incell depuis sa création en 1993.

Cette société, qui produit notamment des salles blanches, n’a jusqu’ici jamais voulu d’un fonds d’investissement dans son capital. Mais Mary Pat Moyer est séduite par le projet qui lui est présenté et par les possibilités d’extension en Europe qu’il offre. Elle ouvre donc le capital à un partenaire extérieur.

La joint-venture BioTurnkey est créée en 2015. François Lesage en est le CEO, Mary Pat Moyer assumant la direction scientifique.

Société de droit belge, BioTurnkey s’est trouvé un nouvel écrin: le Novalis Science Park à Aye, près de Marche (lire l’encadré ci-contre). Les capacités de production, actuellement cantonnées aux Etats-Unis, seront étendues en Europe dans les mois prochains. La clientèle devrait alors s’étendre. A ce jour, le seul client est la société Revatis AM, une spin-off de l’université de Liège également basée dans le parc Novalis, qui produit des thérapies pour chevaux applicables à l’homme.

Quand on parle de structures d’accueil pour les entreprises actives dans le secteur des sciences du vivant, on pense instantanément à Louvain-la-Neuve, Gosselies ou Liège. Mais depuis un an et demi, l’intercommunale de développement économique Idelux propose un écrin dédié aux biotechs en province du Luxembourg.

Installé à Aye (Marche), le Novalis Science Park, qui s’étend sur 10 hectares, offre des infrastructures modernes et bien équipées. Il abrite des laboratoires de haut niveau technologique et offrant un niveau de sécurité élevé.

"Nous œuvrons à la création d’une chaîne de valeur pour aider au développement des entreprises jusqu’à leur arrivée sur le marché. Les créneaux privilégiés sont la santé animale et environnementale, en lien avec la santé humaine, et les technologies de l’information et de la communication TIC utilisées en soutien au développement des biotechnologies", explique Laurence Leblanc, responsable du secteur biotechnologies pour l'intercommunale Idelux

Le parc scientifique luxembourgeois accueille actuellement huit entreprises, avec pour figure de proue le CER Groupe et sa filiale ECI (European Colostrum Industry). Liée par une coentreprise au groupe français Even (Madame Loïk), elle collecte, transforme et vend du colostrum animal – un liquide produit par les glandes mammaires à la fin de la grossesse et durant les premiers jours de l’allaitement – sous forme de matière première ou de produits de nutrition santé. "L’idée, c’est d’offrir non seulement une infrastructure, mais aussi des services (aides à la construction, financement…) pour pallier un relatif décentrage géographique", dit Fabian Collard, le CEO d’Idelux.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés