Bone Therapeutics dotée en capitaux jusqu'à la fin 2019

©Anthony Dehez

La biotech basée à Gosselies a dépensé l’an dernier 13,9 millions d’euros pour le développement de ses traitements. Les 8,2 millions de liquidités qui lui restent doivent permettre de tenir financièrement jusqu’au 4e trimestre 2019. Bone Therapeutics estime avoir d’ores et déjà réglé le problème du processus de production industrielle de sa thérapie cellulaire allogénique Allob.

Désormais intégralement installée dans le Biopark de Gosselies, la biotech Bone Therapeutics   ne clôturera pas l’année 2019 sans solliciter les investisseurs. Le matelas de 8,2 millions d’euros de liquidités, complété d’un paiement intermédiaire d’un million d’euros du Japonais Asahi Kasei et d’un petit rabiot mensuel provenant de l’émission d’obligations convertibles lancée en mars 2018, l’obligera en effet à procéder à une nouvelle levée de fonds au dernier trimestre de cette année.

En 2018, l’ex-spin off de l’ULB a dépensé au total 13,9 millions d’euros de liquidités. C’est moins que les 15 à 16 millions prévus. Le fruit, selon Bone Therapeutics, d’une attention particulière à la gestion des liquidités et d’une optimisation de l’allocation des ressources.

"Avec Allob, nous disposons d’un produit que l’on peut déjà commercialiser de façon simple."
Thomas Lienard
CEO de Bone Therapeutics

Si l’exercice 2018 se solde par l’abandon du Preob, son produit autologue pour le traitement de l’ostéonécrose de la hanche, suite aux résultats décevants d’un essai clinique de Phase III, la page est aujourd’hui tournée, assure son CEO, Thomas Lienard. "Les résultats obtenus avec le Preob ne se démarquaient pas suffisamment de ceux obtenus avec un simple forage de l’os comme placebo parce que les techniques de forage se sont améliorées et donnent de meilleurs résultats. De toute façon, ce traitement autologue, produit de surcroît à partir d’une moelle en mauvaise santé, était très coûteux", souligne-t-il.

Plus facile à fabriquer et à stocker

Le patron de la biotech carolo préfère s’arrêter sur les gros progrès enregistrés dans le domaine des processus de production industrielle de la thérapie cellulaire allogénique – émanant de cellules souches d’un donneur sain – Allob, qui ouvrent de belles perspectives. "Nous avons pu optimiser le processus de fabrication d’Allob de telle sorte que le nombre de doses utilisables pour un seul don de moelle osseuse est passé de 10 doses à… 100.000. Ce qui nous donne un gros avantage en termes de constance dans la production et de réduction des coûts", dit-il.

La thérapie cellulaire est donc nettement plus facile à fabriquer, mais aussi à stocker. Bone Therapeutics a en effet mis au point un procédé de cryopréservation permettant de préserver le produit final aux quatre coins du monde, ce qui simplifie nettement la question de la chaîne d’approvisionnement. "Avec Allob, nous disposons donc d’un produit que l’on peut déjà commercialiser de façon simple. Cela nous permettra de réaliser toutes les études cliniques qui doivent encore être faites avec un processus de fabrication optimisé", affirme Thomas Lienard.

La prochaine étape, ce sera la phase 2b ou 2b/3. La demande d’autorisation sera déposée au second semestre, ce qui laisse espérer le lancement de cette étude clinique décisive d’ici la fin de l’année ou le début de l’an prochain.

Le CEO de Bone Therapeutics est d’autant plus optimiste que la société a ajouté une corde supplémentaire à son arc avec un nouveau traitement contre l’arthrose du genou, développé parallèlement à son portefeuille de thérapies cellulaires. Le JTA-004, un viscosupplément qui vise à soulager les patients atteints d’arthrose symptomatique modérée du genou, a, lui, également franchi le cap de la phase 2 des essais cliniques. L’autorisation du lancement de la phase ultime devrait aussi être sollicitée cette année.

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