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Ça sent la traversée du désert pour Galapagos

En février 2020, l'action Galapogos valait 250 euros. Un an plus tard, elle se traite à 69 euros... ©Bloomberg

Après l'échec d'un essai clinique en phase 3 ayant provoqué une nouvelle dégringolade en bourse, Galapagos risque de manger son pain noir en 2021.

Après le "Galapagosh!" qui nous était venu à l’esprit suite à l’échec retentissant de son produit-phare, le filgotinib, aux États-Unis l’été dernier (réduisant en cendres plusieurs milliards d’euros en quelques minutes et brisant de beaux rêves), voici le "Galapagloups!" poussé devant un nouveau revers cuisant encaissé par la biotech malinoise.

Mercredi, en plein milieu d’après-midi (on se demande d’ailleurs, en passant, pourquoi le titre n’a pas été suspendu, mais peut-être est-ce dû au fait que la société est cotée sur le Nasdaq), Galapagos et son partenaire américain Gilead ont annoncé l’arrêt de l’essai clinique de phase 3 "Isabela" testant le ziritaxestat dans le traitement de la fibrose pulmonaire idiopathique.

Targets baissés

Une décision basée sur les recommandations d’un panel d’experts indépendants, ce qui fait dire à certains analystes qu’elle a été prise en raison d’un risque de sécurité. Le titre a directement dévissé hier, chutant de plus de 15%. Rebelote, ce jeudi matin, avec un recul de 9%, qui s'est ensuite réduit à 3% à la clôture.

"Il s’agit d’un revers très malheureux pour l’entreprise car Isabela était le programme le plus avancé après le filgotinib."
Benoit Louage
Analyste chez Degroof Petercam

Désormais, la société vaut moins en bourse (4,65 milliards d’euros) que sa réserve de cash (5,3 milliards au 30 septembre), c’est dire le peu de confiance dont jouit pour l’instant la biotech parmi les investisseurs.

Du côté des analystes, ils sont nombreux à avoir révisé à la baisse leur objectif de cours sur la valeur. Ainsi, Benoit Louage de Degroof Petercam ("conserver") a retiré les programmes cliniques liés au ziritaxestat de son modèle et vise désormais un target de 73 euros, contre 90 euros avant. "Il s’agit d’un revers très malheureux pour l’entreprise car Isabela était le programme le plus avancé après le filgotinib", constate l’analyste.

Pas de point d'inflexion avant 2022

La biotech va sans doute passer par une traversée du désert dans la mesure où, comme le note Benoit Louage, le flot de nouvelles attendues cette année ne pourra apporter qu’un potentiel de hausse plutôt modeste. Pour lui, pas de point d’inflexion substantiel avant 2022. Les premiers résultats d’une phase 3 seront ceux de l’étude "Diversity" évaluant le filgotinib dans la maladie de Crohn. Ils sont planifiés pour le premier semestre de l’an prochain.

5,3
Milliards d'euros
Fin septembre, les liquidités de Galapagos s'élevaient à 5,3 milliards d'euros, un niveau supérieur à sa capitalisation boursière actuelle.

Chez Citi, on estime que l’action risque de rester collée autour de 79 euros jusqu’à la preuve d’une solide implantation du Jyseleca (nom commercial du filgotinib) en Europe, ce qui peut prendre plusieurs trimestres.

Lenny Van Steenhuyse, de KBC Securities ("conserver"), a également banni le ziritaxestat de son modèle où il pesait 15 euros par action. "En raison d’un pipeline amaigri et tourné vers des actifs dans un stade de développement précoce, nous augmentons notre décote à 15% pour refléter ces actifs plus risqués." Son objectif de cours passe dès lors de 105 euros à 85 euros.

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