Cardio3 Biosciences veut entrer sur Euronext pour se rendre plus visible

Christian Homsy, CEO de Cardio3 Biosciences. ©LAURIE DIEFFEMBACQ

La biotech wallonne spécialisée dans la thérapie cellulaire des maladies cardiaques entend lever au moins 21 millions d’euros sur Euronext Bruxelles et Paris.

D’ici 2016, Cardio3 Biosciences espère lancer sur le marché son nouveau traitement du cœur par thérapie cellulaire. Avant cela, il s’agira de boucler les études cliniques de phase III du C-Cure, probable futur fleuron de la biotech installée à Mont-Saint-Guibert.

Cardio3 Biosciences sort d’une augmentation de capital de 19 millions d’euros réalisée début mai via un placement privé auprès des actionnaires actuels. L’étape suivante passera par la Bourse. La société doit lancer demain le processus qui doit l’amener le 5 juillet à la cotation sur Euronext Bruxelles et Paris.

L’appel de fonds, qui se clôturera au plus tard le 3 juillet, est a priori relativement modeste. La biotech espère lever au moins 21 millions d’euros de capitaux via l’émission de 1,3 million d’actions à un prix se situant entre 16,65 et 19 euros. Ces fonds doivent permettre à Cardio3 de boucler, d’ici 2015, la phase III des études cliniques du C-Cure en Europe. La SRIW et son pendant flamand, PMV (Participatiemaatschappij Vlaanderen), se sont engagés à investir un montant de 13,95 millions d’euros.

L’innovation apportée par ce traitement porte sur l’utilisation de cellules souches prélevées dans la moelle osseuse. Celles-ci sont reprogrammées en cellules précurseurs des cellules cardiaques, permettant de reconstituer le tissu cardiaque lésé par la maladie. Ces cellules sont alors injectées dans le cœur du patient par un cathéter. Le marché potentiel est gigantesque: dans les pays riches, quelque 7 millions de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque sont susceptibles de pouvoir bénéficier d’un tel traitement.

Lever 21 millions d’euros en Bourse: l’enjeu paraît maigrichon au regard d’une double cotation imposant des contraintes assez lourdes. D’autant que jusqu’ici, Cardio3 Biosciences a pu trouver les investisseurs sans trop de difficultés. L’entreprise wallonne a en effet levé à ce jour une soixantaine de millions d’euros, dont une partie sous forme d’avances récupérables. "Nous atteignons aujourd’hui les limites de ce qui est possible par le biais des investisseurs privés. Entrer en Bourse nous obligera à une plus grande rigueur dans le reporting, et surtout, nous rendra plus visibles sur le marché", explique son CEO, Christian Homsy.

Soutien public flamand

La tentative d’IPO avortée de 2011 ne refroidit pas le patron de la biotech. À l’époque, le calendrier ne jouait pas en sa faveur, et les investisseurs n’étaient pas prêts à payer le prix demandé. Aujourd’hui, le contexte a changé: la phase III est lancée — une première à ce stade de la thérapie cellulaire cardiaque — et les investisseurs professionnels se sont déjà engagés pour les deux tiers de l’objectif de souscription.

Parmi les futurs nouveaux actionnaires figure le fonds flamand PMV, qui a déjà fait savoir qu’il entendait investir la même somme que la Wallonie, soit 9,5 millions d’euros. En échange, PMV souhaite l’installation d’une unité de production en Flandre.

Christian Homsy y voit un bel exemple de coopération interrégionale. "Nous garderons le siège social, la recherche-développement et l’exploitation commerciale à Mont-Saint-Guibert, et nous disposerons, d’ici la fin 2015, d’un site de production en Flandre. Si cela fonctionne, cela permettra de créer plusieurs centaines d’emplois", assure-t-il.

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