ChemCom a flairé le bon filon

©ChemCom

La filiale de Floridienne a signé un partenariat prometteur avec le fournisseur Symrise pour le développement de nouveaux produits capables de contrer les mauvaises odeurs grâce à des molécules bloquantes.

Faire émerger de nouveaux produits plus performants dans les secteurs de la parfumerie et de la propreté: telle est l’ambition de ChemCom, une filiale de Floridienne, qui a mis au point un "nez biologique" capable d’imiter l’olfaction humaine.

Grâce à cet outil qui ouvre des perspectives inédites dans de nombreux domaines, les chercheurs de ChemCom ont isolé des molécules capables de contrôler les récepteurs olfactifs, qui permettent de percevoir les molécules odorantes. Avec derrière cela l’idée de combattre les mauvaises odeurs, de "pousser" les bonnes ou de reformuler des compositions complexes.

Après vingt ans de développement, la plateforme est opérationnelle: ChemCom vient de signer un accord de collaboration avec Symrise, le quatrième fournisseur mondial de parfums et d’arômes. Inconnu du grand public, le groupe allemand n’en pèse pas moins 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. À l’instar de quelques autres sociétés de ce type, Symrise vend des formulations aux géants fabriquant les produits sanitaires de grande consommation tels Procter & Gamble, Henkel ou Unilever. Un marché estimé à 26 à 27 milliards d’euros.

Une librairie

Actuellement, les poudres à lessiver, détergents et autres désodorisants utilisent des substances couvrantes ou masquantes venant se superposer aux mauvaises odeurs. L’approche de ChemCom est différente: "Grâce à sa plate-forme et à son nez biologique, ChemCom a été capable de mimer l’olfaction pour cribler les librairies importantes de molécules et révéler les premières molécules non pas couvrantes mais bloquantes", explique Christian Van Osselaer, CEO de ChemCom, qui utilise une comparaison: il s’agit en quelque sorte de rechercher les clés correspondant aux serrures, pour pouvoir ensuite mieux les bloquer. "C’est un nouveau mode d’action pour lutter contre les mauvaises odeurs. En incorporant ces produits, on peut s’attendre à avoir des formulations plus performantes, car ces molécules permettent d’être spécifiques. Le problème des substances couvrantes, c’est qu’on s’y habitue. Ce qui fait que la solution pour lutter contre les mauvaises odeurs devient de moins en moins efficace. Une solution avec des mécanismes bloquants va jouer son rôle tout le temps, puisqu’il n’y a pas de phénomène d’habituation."

3 milliards €
Le groupe allemand Symrise, qui vend des formulations d’arôme et de parfum, pèse 3 milliards d’euros.


La liste des avantages comprend aussi le fait de pouvoir être protégé contre les mauvaises odeurs des autres. Autre atout, poursuit le patron de ChemCom, "aujourd’hui on utilise des molécules puissantes pour couvrir. Ce qui limite la liberté de créativité et complique la tâche de trouver des produits agréables. Alors que de notre côté, nous avons été les premiers au monde dans l’histoire de la parfumerie à révéler des molécules bloquantes volatiles qui ne sentent rien elles-mêmes". Tout cela ouvre la porte à des parfums plus légers, plus variés et plus innovants.

Un avenir commercial

ChemCom est la première entreprise à avoir mis au point ce type de plateforme et à avoir apporté la preuve que les bloquants découverts correspondent à une réalité sur l’être humain. Grâce à cela, elle entend se positionner en référence mondiale.

L’étape importante pour elle maintenant, c’est d’établir des partenariats avec des sociétés qui vont utiliser ces résultats dans des formulations incluses dans des produits de grande consommation, pour démontrer une supériorité.

"On démarre avec un contrat très spécifique", souligne encore Christian Van Osselaer. "Parce que nous devons démontrer que cela va fonctionner dans divers types de produits: dans un déodorant, mais aussi dans une poudre à lessiver ou un rafraîchisseur d’ambiance. Il faut prouver que ces produits ont un avenir commercial et des avantages par rapport aux produits actuels. Mais on espère que d’autres partenariats seront signés".

D’autant que d’autres voies sont explorées. Également présents dans la peau et les organes, les récepteurs olfactifs interviennent en effet dans différents processus physiologiques. Ils jouent le rôle de biosenseurs et assurent le transfert d’informations. Ils pourraient donc être exploités dans le développement de traitements médicaux, de produits dermatologiques et cosmétiques de nouvelle génération. "ChemCom a les bases de données les plus complètes sur les molécules qui sont les clés activant ou bloquant. Il s’agit d’outils importants pour dire si ces récepteurs dans le corps humain ont potentiellement un rôle physiologique lié aux maladies.

Implantée sur le campus Erasme à Anderlecht, ChemCom compte aujourd’hui une équipe de 14 personnes. L’encadrement manageurial se fait par son actionnaire de référence. L’actionnariat comprend également l’investisseur Jean-Marie Delwart, ancien patron et ex-président de Floridienne.

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