Chez Bone Therapeutics, c'est "business as usual"

©RV DOC

Trésorerie presque vide, essais cliniques potentiellement retardés... La société Bone Therapeutics est clairement sous pression. Mais son CEO Thomas Lienard se veut rassurant, précisant qu'aucune modification du programme n'est prévue. "Pour le moment, c'est 'business as usual'".

"La fin de semaine dernière n'a pas été de tout repos", reconnait Thomas Lienard, le CEO de Bone Therapeutics . La société carolo, spécialisée dans la thérapie cellulaire osseuse, est sous pression depuis l’annulation de son placement privé vendredi.

Souvenez-vous, elle espérait lever quelque 8 millions d’euros mais le projet a capoté suite au désistement en dernière minute du groupe russe Pharmstandard international. Cette filiale de Pharmastandard, JSC et véhicule d’investissement d’un groupe d’entreprises qui inclut Cellthera Pharm, avait exprimé son intention de participer à l’opération. Mais son intention a été retirée "de façon inattendue sans préavis".

En réaction, la biotech belge a décidé d’annuler son placement privé et de cesser ses discussions avec Cellthera Pharm, autre filiale de Pharmstandard focalisée elle aussi sur la thérapie cellulaire. "La confiance est rompue", explique Thomas Lienart, indiquant n'avoir reçu aucune explication du groupe russe.

Et maintenant?

Thomas Lienard, CEO de Bone Therapeutics ©Anthony Dehez

Que va faire Bone Therapeutics à présent? Le temps presse car ses caisses sont presque vides. Dans son dernier rapport trimestriel, la société a annoncé posséder encore 9,11 millions d’euros. "Bien qu'il soit tout à fait logique d'interrompre les discussions avec le groupe russe à ce stade, l'annulation du placement privé représente un revers compte tenu de la position de trésorerie limitée", s'inquiètent dans une note les analystes de KBC Securities, qui ont abaissé leur recommandation à "accumuler". Selon leurs calculs, Bone Therapeutics devrait finir l’année avec environ 8 millions en caisse, en incluant le versement de 1,7 million par le groupe japonais Asahi Kasei annoncé fin septembre.

Or sa consommation de trésorerie devrait être de l’ordre de 13 à 14 millions d’euros pour l’ensemble de l’exercice en cours. Bone Therapeutics tiendrait donc jusque dans le courant du deuxième trimestre 2018. "Nous avons clairement besoin de financement et nous explorons actuellement les solutions qui s'offrent à nous. Plusieurs options sont possibles", rassure Thomas Lienard. Il ne peut toutefois donner de date précise quant à une prochaine décision.

Nouvel actionnaire en vue?

Les investisseurs sont inquiets. En Bourse, l'action Bone Therapeutics perd près de 10%.

Avec ces problèmes de trésorerie, les analystes de KBC Securities craignent que les essais cliniques de la biotech ne soient impactés. "Nous avons légèrement modifié la probabilité de succès du programme ALLOB phIIb dans les fractures avec retard de consolidation (qui doit commencer au second semestre 2018) car il pourrait souffrir de retard". Bone Therapeutics prévoyait notamment d’allouer environ 20% du montant récolté lors du placement privé à la finalisation de l’essai de Phase I/IIA dans les fractures avec retard de consolidation (ALLOB) et à l’initiation du recrutement de la phase suivante.

"Nos programmes ne seront pas changés. La thérapie cellulaire a toujours autant de potentiel à court, moyen et long terme", explique patron de la biotech belge. Et de préciser: "Pour le moment, c'est 'business as usual'". "Essayons de tirer le positif de cette histoire, il y a un intérêt marqué des investisseurs actuels et nouveaux (locaux et internationaux)" pour nos produits. "C'est rassurant de savoir que des gens sont prêts à monter dans le bateau". Est-ce que cela signifie que Bone Therapeutics pourrait annoncer un accord avec un nouvel actionnaire dans les prochains jours?

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