CluePoints marche dans les pas d'Odoo

François Torche (à gauche) et Marc Buyse (à droite) recevaient l'an dernier le prix de la "scale-up de l'année" pour CluePoints, l'entreprise qu'ils ont cofondée en 2012 aux côtés de Patrick Hughes. ©Kristof Vadino

Le fonds américain Summit Partners, déjà au capital d'Odoo, a pris une participation dans l'entreprise néolouvaniste CluePoints, scale-up de l'année 2019. Objectif? Financer ses ambitions d'acquisitions.

L'ascension continue pour CluePoints, scale-up de l'année en 2019. Le chasseur d'erreurs dans les essais cliniques pharmaceutiques voit en effet monter à son bord le fonds d’investissement américain Summit Partner, a-t-on appris.

Et ce, à l'occasion d'une redistribution du capital amenant l'homme d'affaires wallon Pierre Rion à passer le flambeau, de même que la SRIW, Nivelinvest, le fonds dédié aux spin-offs de l'ULB Theodorus et Roch Doliveux (ex-CEO d'UCB) à réduire leur participation.

Ensemble, ils avaient apporté quelque six millions d'euros en 2015 à la société néolouvaniste. Objectif? Soutenir sa croissance.

Tickets de 10 à 500 millions

Alors, cette fois, le montant exact de l'opération n'a pas filtré, bien que le fonds soit connu pour des tickets entre 10 et 500 millions de dollars. Pour autant, il circule que l'américain aurait pris une participation minoritaire dans CluePoints, tournant autour d'une vingtaine de pourcents, valorisant la société à environ 85 millions d'euros.

85
millions €
CluePoints serait désormais valorisée aux alentours des 85 millions d'euros suite à l'arrivée de Summit Partners au capital.

Un intérêt que l'entreprise doit notamment à son logiciel maison de détection du manque de rigueur, voire, dans les cas les plus graves, de fraudes délibérées, des investigateurs, ces centres de recherches ou ces hôpitaux en charge de recruter les patients qui testent un médicament.

La solution technologique de fiabilisation des essais cliniques a en effet aujourd'hui presque entièrement remplacé l'activité historique de service, qui ne représente plus que 20% des ventes. Et a même permis à la pépite wallonne de dépasser son objectif de 11 millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'an dernier, sous les effets d'une clémente administration américaine (FDA) qui y a vu du potentiel, contre 6,5 millions encore en 2018. Pour 2022, les 30 millions pourraient être atteints.

Soutien à des acquisitions

Une tendance positive sur laquelle elle entend encore surfer longtemps, forte des capitaux fraîchement levés et d'une équipe de près de 100 personnes. La recette? Une masse critique suffisante qui va dorénavant l'amener à plancher sur des acquisitions. Ce qui n'était jusqu'ici pas possible faute des moyens financiers et humains ad hoc.

D'autant qu'au passage, CluePoints s'adjoint aussi un nom dans l'opération. "Nivelinvest ou Summit Partners, ce n'est pas la même chose à l'international. Surtout au niveau de notre secteur (le software as a service, dit SaaS, NDLR) où il s'agit souvent d'une préoccupation importante que de savoir qui se trouve derrière un acteur du marché", indique Marc Melviez, qui prend la présidence du conseil au passage, lui qui était jusqu'ici administrateur, en plus de ses autres casquettes de conseiller en investissements du fonds d'investissement régional wallon WING ou de la SPDG, l'un des véhicules d'investissement de la famille D'Ieteren.

"On va désormais pouvoir bénéficier de l'énorme réseau de Summit Partners pour nous développer."
Marc Melviez
Nouveau président du CA de CluePoints

De plus, "on va pouvoir bénéficier de leur énorme réseau", se réjouit l'homme d'affaires, qui fut aussi patron du développeur de solutions logicielles autour des données géospatiales Luciad pendant 13 ans.

Basée à Mont-Saint-Guibert, CluePoints est née fin 2012 dans le giron de la société IDDI (International Drug Development Institute), fondée elle-même en 1991 par l'ingénieur civil et docteur en biostatistique Marc Buyse. Et ce, dans le cadre d'un projet de recherches du Plan Marshall auquel participaient également le géant pharmaceutique GSK, l'ULB et l'UCLouvain.

19 milliards d'actifs

Une histoire désormais marquée d'une importante touche d'Oncle Sam avec Summit Partners. Et pour cause, la société de capital-risque basée à San Fransisco est un poids lourd avec actuellement un portefeuille de plus de 19 milliards de dollars d'actifs. Ses fonds sont investis dans différentes branches telles que la technologie ou la santé.

C'est ainsi que l'on retrouve notamment l'entreprise au capital du spécialiste français de la vente privée en ligne Veepee ou de la plateforme américaine de gestion d'expérience client Clarabridge (qui reprenait le belge Engagor en 2015). Ou même, par le passé, qu'elle a été actionnaire d'un Uber, d'un Avast, d'un Ogone ou d'un TeleSign, ce spécialiste américain des services d'authentification et d'identification mobile racheté en 2017 par la filiale internationale de Proximus Bics pour quelque 230 millions de dollars.

Plus récemment, Summit Partners avait déjà fait parler de lui en Belgique en menant un tour de table de quelque 81 millions d'euros du côté d'Odoo, le spécialiste wallon en logiciels de gestion d'entreprises. L'américain avait alors déboursé quelque 50 millions d'euros monter à bord de l'entreprise lors de la sortie partielle des actionnaires historiques, où 31 millions d'euros avaient été mis sur la table par la SRIW, qui augmentait sa participation, Noshaq (ex-Meusinvest) et le management.

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