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"Contrat du siècle" pour KitoZyme au Canada

François Blondel, CEO de Kitozyme ©debby termonia

KitoZyme signe un contrat d’exclusivité avec le canadien Lallemand pour commercialiser à grande échelle un véritable "tueur de levure". Il élimine une levure spécifique qui détruit des productions entières de vin rouge à travers le monde.

Grâce à eux, les viticulteurs partout dans le monde ne seront plus obligés de jeter des millions de litres de vin rouge dans les égouts. KitoZyme, une PME de la région liégeoise active dans les sciences du vivant, a en effet signé ce vendredi à Montréal un contrat avec la société canadienne Lallemand, en présence du Roi Philippe.

Ce contrat va permettre la commercialisation à grande échelle d’un produit créé au départ de biopolymère d’origine naturelle. Versé dans les productions de vin rouge attaquées par une levure destructrice, la brettanomyces bruxellensis, il permet de tuer cette levure et de rendre le vin à nouveau propre à la vente et à la consommation.

Il y a six ans, KitoZyme -qui conçoit, développe et commercialise des dispositifs médicaux et des compléments alimentaires à base de chitosane végétal (d’origine fongique)- avait lancé un partenariat avec les Canadiens de Lallemand. Objectif: lancer un projet de recherche et de développement soutenu par la Région wallonne. L’idée était de diversifier les activités de la PME qui peinait à décoller.

Les chercheurs avaient en effet découvert que le chitosane végétal permettait de tuer une levure qui se développe lors de la fermentation du vin (exclusivement le vin rouge, le blanc étant trop acide). Cette levure, de par son odeur pestilentielle (une odeur de crottin de cheval, nous explique François Blondel, le CEO de KitoZyme), obligeait les viticulteurs à jeter la production. "Le produit permet de régler le problème par sédimentation. Il est utilisé curativement, pas préventivement", explique François Blondel.

En lançant la commercialisation à grande échelle grâce au contrat d’exclusivité signé pour 5 ans avec le groupe Lallemand, KitoZyme espère pouvoir traiter, l’an prochain, 200 millions de bouteilles (soit 1,5 million d’hectolitres de vin).

En 2017, la production totale de vin rouge dans le monde avait atteint 250 millions d’hectolitres. C’est donc potentiellement 0,6% de la production mondiale qui pourrait être traitée grâce à cette petite PME wallonne de 50 travailleurs, seule à développer le chitosane d’origine végétale.

Le patron de KitoZyme est particulièrement heureux. Ce contrat représente le plus gros contrat que la société ait signé depuis sa création en 2000. Si tout se passe comme prévu, il pourrait assurer à KitoZyme un chiffre d’affaires de 10 à 20 millions d’euros.

Outre le traitement œnologique, les produits développés par la société sont axés sur la santé. KitoZyme commercialise notamment un produit fini sous forme de poudre à base de comprimés, gélules ou gommes permettant de contrôler le poids.

Entièrement conçu par la société liégeoise, il est commercialisé sous les grandes marques pharmaceutiques comme Sanofi (Oenobiol), Oméga Phama… "Le chitosane a en effet la capacité d’absorber 40% des matières liquides ingérées, dont la graisse. Il ne va donc pas détruire les graisses existantes mais va réduire l’absorption par le corps des graisses nouvellement ingérées", explique François Blondel.

Dans l’avenir, le patron de la société n’exclut pas de produire ses dispositifs médicaux sous sa propre marque. "Ce sera l’étape ultime de notre développement, mais on y est pas encore", conclut-il.

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