De l'argent frais pour relancer Delphi Genetics

Delphi Genetics passe de la licence à la production. ©G. De Kinder / R2D2

Des capitaux frais, un partenariat avec une biotech US, une réorientation vers la production: après un passage délicat, Delphi Genetics veut repartir de l’avant.

"Sans réorientation de notre activité, nous allions droit dans le mur". David De Permentier, le directeur général de Delphi Genetics, ne tourne pas autour du pot: à terme, l’ex-spin-off de l’ULB ne pouvait survivre en se contentant de vendre les licences de sa technologie StabyExpress, un système de production de protéines recombinantes permettant d’améliorer la production d’anticorps, de protéines et d’ADN tout en évitant le recours aux antibiotiques. Depuis sa création en 2001, Delphi Genetics a pu nouer des partenariats avec des géants de la pharmacie comme GSK, Sanofi ou Merck. "Mais le marché a changé. Aujourd’hui, les sociétés pharmaceutiques ne veulent plus qu’on leur vende une technologie, mais un produit", explique David De Permentier.

Au bord du gouffre, la société Delphi Genetics a choisi fin 2014 de se réorienter vers la production.

L’ex-spin off de l’ULB vient de gonfler son capital d’un million d’euros pour accélérer ses recherches et accroître son offre.

Sa technologie de production de biomolécules sans antibiotiques a attiré l’attention de la biotech américaine Avaxia, avec qui elle vient de nouer un partenariat.

Cette évolution s’est traduite dans les comptes de la biotech basée à Gosselies, devenue trop dépendante du développement de nouveaux produits par les grands laboratoires. En 2013, Delphi Genetics essuyait une perte de 602.000 euros pour un chiffre d’affaires ramené à 753.000 euros (contre 1,77 million en 2012). Et les revenus de 2014 sont tellement faméliques que les dirigeants de l’entreprise préfèrent ne pas donner de chiffre. Il était donc temps de renverser la vapeur. Le capital a été regonflé d’un million d’euros, sous la houlette de Sambrinvest, de François Blondel, le président du conseil d’administration, et des deux administrateurs délégués, David De Permentier et Cédric Szpirer. Le fonds Theodorus (ULB) ne possède plus aujourd’hui que 8 % des parts. "Ce capital nous permet de réamorcer la pompe et de devenir producteurs, et donc de rester plus longtemps intégrés dans la chaîne de valorisation", souligne Cédric Szpirer.

"Ce capital nous permet de réamorcer la pompe et de devenir producteurs."
Cédric Szpirer
CEO de Delphi Genetics

Un premier jalon a été posé avec le partenariat noué avec la biotech américaine Avaxia. Spécialisée dans le développement d’anticorps thérapeutiques contre les infections intestinales de type maladie de Crohn, cette PME basée au Massachusetts utilise du… colostrum de vache. Ce lait produit en fin de gestation offre l’avantage de ne pas être assimilé dans l’estomac et d’agir directement dans l’intestin.

L’apport de Delphi Genetics consiste à injecter de l’ADN pour doper la production d’anticorps, sans ajout d’antibiotiques. "Si notre méthode fonctionne bien, nous deviendrons producteurs des molécules permettant d’immuniser les vaches", dit Cédric Szpirer. Qui entrevoit déjà la perspective d’une production de biosimilaires, des équivalents moins chers aux traitements biologiques, et de médicaments "bio-supérieurs" ("bio-better"), des traitements recombinants qui appartiennent à la même classe qu’un produit de référence tout en y apportant une amélioration.

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