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Débuts cliniques pour le traitement anti-Covid aux anticorps de lama d'ExeVir

Le lama Winter, désormais retraité, a joué un rôle clé dans le développement du candidat inhibiteur de virus d'ExeVir Bio. ©Dries Luyten

La biotech gantoise ExeVir Bio a démarré les essais cliniques pour son inhibiteur de coronavirus à base d'anticorps de lama, capable de neutraliser le variant Delta notamment.

La biotech gantoise ExeVir, qui développe des thérapies par anticorps offrant une large protection contre les infections virales, a annoncé ce mercredi avoir débuté les essais du XVR011, un anticorps dérivé du lama, dans le cadre de son étude clinique de phase I pour le traitement et la prévention du Covid-19.

Cette première phase de l'étude, dite randomisée en double aveugle (où ni le patient ni le prescripteur ne savent donc si un médicament actif ou un placebo a été administré) et monocentrique (dans un seul laboratoire) évaluera le profil d'innocuité et la pharmacocinétique de son traitement chez des sujets sains. Elle testera pour ce faire séquentiellement trois doses croissantes de XVR011, administrées par voie intraveineuse dans un maximum de trois groupes de 10 sujets adultes en bonne santé.

"C'est une étape importante pour ExeVir, un an après sa création."
Dominique Tersago
Chief medical officer d'ExeVir

"C'est une étape importante pour ExeVir, un an après sa création", s'est réjoui Dominique Tersago, chief medical officer de la biotech. D'autant qu'"il a récemment été démontré (sur base de nouvelles données générées dans le laboratoire du professeur Johan Neyts à l'institut Rega de la KUL, NDLR) que le XVR011 a démontré une forte puissance de neutralisation in vitro contre les variants actuels du Covid-19 que sont les Delta et Gamma."

42
millions d'euros
Outre une aide de 3 millions du gouvernement flamand, ExeVir a déjà levé quelque 42 millions en un an.

Ecosystème en soutien

Ce développement a notamment été rendu possible grâce à une aide de 3 millions d’euros du gouvernement flamand, via l’Agence flamande pour l’innovation et l’entrepreneuriat (Vlaio), venue s'ajouter aux quelque 42 millions d'euros déjà levés à ce jour.

La biotech compte parmi ses actionnaires le bras capital-risque du groupe pharmaceutique belge UCB - qui a, par ailleurs, fourni une assistance pour la conception et l'optimisation des propriétés thérapeutiques du XVR011 et produit l'anticorps à grande échelle pour l'essai clinique -, le plus important fonds d'investissement belge en biotechs Fund+; le fonds technologique multisectoriel à impact VIVES Inter-University (initié par l'UCLouvain); le fonds de capital-risque gantois V-Bio Ventures; l'institut flamand de biotechnologie (VIB); le bras financier de l'Etat qu'est la SFPI; quelques "family offices belges" et, enfin, les invests du sud du pays SRIW, SambrInvest et Noshaq.

Accord avec Mithra

Spin-off du VIB, ExeVir est dirigée par l'Allemand Torsten Mummenbrauer, docteur en virologie passé par GSK Morphosys, Hookipa Pharma et Velvio.

La plateforme technologique a quant à elle été développée par Xavier Saelens et Nico Callewaert, deux scientifiques du VIB-UGent qui, l'an dernier, décrivaient dans la revue scientifique Cell comment les anticorps issus de leur lama "Winter" avaient permis en labo de neutraliser le Covid-19.

Après une retraite bien méritée de l'intéressé (désormais à rencontrer ou caresser au musée à ciel ouvert de 24 hectares de Genk Labiomista), le duo s'est mis au travail pour aller un cran plus loin et rendre les fameux anticorps encore plus puissants, empêchant dans la foulée le corps humain de les rejeter.

À noter que lesdits anticorps présentent pour avantage d'être de plus petite taille que les anticorps monoclonaux utilisés dans les traitements actuels, ce qui leur permet une meilleure pénétration des tissus. On parle d'ailleurs de "nanocorps" dans le jargon.

Du reste, le mois dernier, la biotech gantoise a annoncé avoir conclu un accord avec la société pharmaceutique liégeoise Mithra pour le conditionnement de 5 millions de doses par an. Le traitement sera produit dans les installations de finition et de remplissage du CDMO,  plateforme de R&D et de production de Mithra située à Flémalle.

Le résumé

  • La biotech gantoise ExeVir Bio a démarré les essais cliniques pour son inhibiteur de coronavirus à base d'anticorps de lama.
  • Son traitement a démontré un potentiel de neutralisation important des variants Delta et Gamma.
  • La société a par ailleurs conclu le mois dernier un accord avec Mithra pour ce qui est du conditionnement de ces "nanocorps".
  • Elle a levé quelque 42 millions d'euros à ce jour.

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