Démissions en masse à la tête de la biotech Promethera

John Tchelingerian était CEO de Promethera depuis 2015. ©doc

Le CEO John Tchelingerian a quitté l’entreprise. Le directeur financier et le président ont également démissionné.

Petit séisme à la tête de Promethera Biosciences: la biotech wallonne spécialisée dans les thérapies cellulaires pour les maladies du foie a annoncé ce mercredi la démission de son CEO, le français John Tchelingerian; de son directeur financier (CFO) Bertrand Lellouche; ainsi que du président du conseil d'administration, l'américain Charles L. Dimmler III.

Un nouveau comité exécutif a été mis en place afin d’assurer la continuité des opérations et exécuter la nouvelle stratégie d’entreprise à venir, a fait valoir la société brabançonne dans un communiqué. Trois membres du conseil d’administration, Zimeng Dong, Alain Parthoens et Etienne Sokal ont été nommés afin de former le comité exécutif qui exercera collectivement la fonction de CEO. Le professeur Etienne Sokal, fondateur et directeur scientifique et médical de la société, remplace également Charles L. Dimmler III au poste de président.

Transplantation du foie

Le nouveau management ainsi que le conseil d’administration s’engagent "à poursuivre le développement de Promethera dans le meilleur intérêt des patients, des employés et des actionnaires de la société. Ensemble, nous croyons fermement en la capacité d’HepaStem à sauver la vie de patients souffrant de graves dysfonctionnements hépatiques et qui autrement nécessiteraient une transplantation de foie", a expliqué Etienne Sokal dans le même communiqué. Il n'a pas été possible d'avoir plus de détails sur les circonstances de ces départs groupés. John Tchelingerian, qui a été président de la société, avait repris le poste de CEO début 2015, après le départ d'Eric Halioua.

118
millions d'euros
Au total, Promethera a déjà attiré 118 millions d'euros de financements.

Promethera travaille principalement sur un produit candidat à base de cellules souches, appelé HepaStem, pour le traitement de la stéatohépatite non alcoolique (Nash), une inflammation du foie liée à une surcharge de graisse de cet organe, et pour le traitement de l’insuffisance hépatique aiguë compliquant une maladie chronique du foie (ACLF). C’est le marché de la Nash, également appelée la maladie du soda ou du foie gras humain, qui est considéré comme le plus important, avec plusieurs millions de personnes atteintes par la forme la plus sévère de cette pathologie, celle visée par Promethera.

Levée de fonds

L'entreprise a multiplié les levées de fonds ces dernières années. Elle a encore collecté 7,5 millions d'euros fin 2019, notamment auprès du japonais Sony Innovation Fund by IGV et de Pegasus Tech Ventures de la Silicon Valley. Un montant qui s'ajoutait aux 39,7 millions d'euros récoltés plus tôt dans le cadre d'une série D. Au gré de ses levées de fonds, Promethera a vu son actionnariat initial (les fondateurs, Boehringer Ingelheim VF, Vesalius, Fund +, la SRIW…) se diversifier considérablement, avec l’arrivée de nombreux investisseurs asiatiques, qui représentent aujourd'hui 44% du capital. Au total, Promethera a déjà attiré 118 millions d'euros de financements.

Créée en 2009, la société est une spin-off de l’UCL. Implantée à Mont-Saint-Guibert et disposant d'une antenne au Biopark de Gosselies - où son déménagement complet était annoncé -, elle a racheté en 2016 les actifs de l’allemand Cytonet (présent aux USA) et, en 2018, la biotech suisse Baliopharm, qui cible elle aussi les maladies hépatiques, mais via les traitements par anticorps.

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