Des analystes mettent en doute l'objectivité du rapport qui a fait chuter IBA

©Foto IBA

Des agendas politiques pourraient influencer l’objectivité du rapport critique envers la radiothérapie estime KBC Securities.

IBA n’avait pas besoin de cela. Alors que la société confrontée à une concurrence vivace traverse une passe difficile, depuis la mi-2017, ponctuée d’avertissements sur résultats, le cœur même de son activité, la protonthérapie, est aujourd’hui contesté. Ce qui a fait plonger l’action de plus de 20% en matinée à 8,96 euros. Sur les douze derniers mois, le titre a fondu de 60%.

Avant d’envisager le remboursement de ce traitement qui coûte en moyenne 60.000 euros par patient, l’Inami a chargé le KCE, le centre fédéral d’expertise des soins de santé, de se pencher sur son efficacité.

Le verdict est sans détour. L’analyse de la littérature scientifique internationale "n’a pas permis de trouver des preuves irréfutables de la supériorité de la technique (de la protonthérapie, Ndlr) par rapport à la radiothérapie conventionnelle" souligne le KCE dont l’étude portait sur certains cancers spécifiques. Le centre fédéral recommande même d’informer les patients du fait que "l’efficacité clinique et la sécurité à long terme de la protonthérapie n’ont pas encore été confirmées par des essais cliniques scientifiquement fiables".

Risques sur la guidance

"La réticence à rembourser le traitement par protonthérapie n’est pas neuve" précise Stéphanie Put de Degroof Petercam. "En effet, alors que les bénéfices de cette technique ont été démontrés en théorie, il existe un nombre limité d’essais cliniques qui la compare directement à la radiothérapie conventionnelle et les études menées actuellement ne donneront des résultats que dans quelques années."

De façon plus générale, l’analyste reste prudente sur le potentiel de l’entreprise. Outre la problématique du remboursement, elle rappelle qu’IBA n’a pas encore annoncé la finalisation de contrats pour quatre des huit projets signés en 2018. "Cela rend moins probable le fait qu’IBA puisse atteindre sa guidance pour 2018." Elle a donc réduit drastiquement son objectif de cours à 13 euros contre 22 euros avant. Son conseil reste à "conserver".

Un rapport crédible?

De leur côté, les analystes de KBC Securities mettent en doute l’approche méthodologique du rapport du KCE. "Ce rapport a évalué des études comparatives aveugles randomisées, une prouesse difficile à réaliser pour jauger les thérapies à base de radiations ou de protons" estiment Lenny Van Steenhuyse et Sandra Cauwenberghs.

Ils vont même plus loin et s’interrogent sur sa crédibilité. "Les agendas politiques en Belgique et les politiques de remboursement pourraient interférer avec l’objectivité de ce rapport." Ils vont donc se pencher sur sa raison d’être et sur sa crédibilité. En attendant, ils recommandent toujours d’accumuler le titre et maintiennent leur objectif de cours à 23,5 euros.

Chez ING, Giel-Jan Triest ne modifie pas non plus son opinion. Il faut dire que l’analyste est déjà à "vendre" sur la valeur avec un "target" de 15 euros...

Enfin, Kepler Cheuvreux ("conserver" ; 21 euros) admet que, l’un dans l’autre, ce rapport est négatif pour le sentiment d’ensemble mais que la Belgique reste un petit marché.

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