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Des tigettes pour détecter les maladies auto-immunes

Ses anciens employeurs américains regrettent-ils de l’avoir laissé partir avec le fruit de ses recherches? Alain Vigneron ne s’en soucie guère. D-tek, son enfant, est devenue une société de pointe dans le domaine du diagnostic des maladies auto-immunes.

Ce biologiste de l’Université de Liège a travaillé pendant 8 ans chez Biolab, spécialisée dans les kits de diagnostic. Son repreneur américain ne croit pas aux recherches menées par Alain Vigneron, qui propose de partir sans indemnité de préavis en emportant le fruit de ses travaux. D-tek naît en 1995 à Mons. Son créneau: la mise au point de tests et réactifs permettant de détecter des maladies auto-immunes en repérant leurs "marqueurs". Ces maladies se caractérisent par un dysfonctionnement du système immunitaire qui se "retourne" contre l’organisme qu’il est censé protéger. Polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn, lupus: elles sont la 3e cause de morbidité après les maladies cardiovasculaires et les cancers.

"Les premiers symptômes sont souvent très vagues. Une polyarthrite rhumatoïde commence par de simples douleurs articulaires. D’où la nécessité d’un bon test de diagnostic. Si l’on repère la maladie suffisamment tôt, on peut la stabiliser et améliorer la qualité de vie du malade", explique Alain Vigneron. Aujourd’hui, l’offre de D-tek compte plus de 50 kits de diagnostic: des supports en plastique percés de 96 petits trous ne permettant de tester qu’un seul marqueur, et des tigettes. Celles-ci permettent d’identifier jusqu’à 12 marqueurs par patient en une fois. Non seulement la maladie est diagnostiquée, mais on peut aussi connaître son évolution.

Le résultat est probant. D-tek réalise un chiffre d’affaires de 1,7 million d’euros, dont plus de 70% à l’exportation (Europe, Moyen-Orient, Amérique du Sud). Mais Vigneron ne se contente pas de cette vendange. Ses chercheurs ont mis au point un nouveau kit permettant de repérer jusqu’à 25 anticorps. Et ce n’est pas fini. "La miniaturisation nous permet de passer au millionième de millimètre et d’envisager d’augmenter encore le nombre de marqueurs." La PME montoise travaille en amont de la biopharmacie. Les maladies ciblées par ses kits font forcément penser à UCB. "Un partenariat visant à associer diagnostic et thérapie est justement en train de se nouer", dit son patron.

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