Détecter rapidement certains cancers à l'aide d'une goutte de sang, possible?

Gaëtan Michel, COO de Belgian Volition. ©Anthony Dehez

Belgian Volition a besoin de capitaux frais pour s'installer et poursuivre ses recherches dans la lutte contre le cancer colorectal.

D’ici la fin de l’année, il devrait être possible de détecter un cancer colorectal à un stade très précoce à l’aide d’une simple goutte de sang. Belgian Volition, une société namuroise créée en 2010, peut en effet s’appuyer sur les résultats plus qu’encourageants d’une étude clinique de son système de détection Nucleosomics pour le cancer colorectal.

L’entreprise a mis au point une technologie basée sur les nucléosomes, un assemblage de protéines et d’ADN qui permet de détecter très tôt un cancer avec une simple goutte de 20 microlitres de sang. Plus simple et moins rebutant que la collecte de matières fécales ou la coloscopie que nécessitent les systèmes actuels de diagnostic.

"Notre nouveau siège nous permettra de poursuivre notre développement sur les cinq ou six prochaines années."
Gaëtan Michel
COO de Belgian Volition

Les essais cliniques, effectués sur 430 patients dans un hôpital de Copenhague, ont permis de détecter 75% d’adénomes – des polypes précancéreux – et 86% de cancers colorectaux à un stade très précoce.

"Nous disposons à présent de toutes les données pour élaborer le panel final en vue de la validation définitive, qui devrait être obtenue d’ici 6 à 8 mois", indique Gaëtan Michel, le directeur opérationnel de Belgian Volition. Restera ensuite à négocier avec les autorités de remboursement, ce qui devrait prendre tout de même environ deux ans en Belgique.

Un nouveau siège

Pour poursuivre son développement, cette filiale belge de VolitionRx, une société américaine sans actifs locaux cotée à New York, vient de recevoir un joli coup de pouce sous la forme d’une augmentation de capital de 14 millions de dollars. Des fonds qui iront quasi intégralement dans l’escarcelle de Belgian Volition, la seule entité opérationnelle du groupe.

La société namuroise spécialisée dans le diagnostic très précoce du cancer bénéficie d’une augmentation de capital de sa maison mère.

Cet apport de fonds lui permettra notamment de financer l’achat d’un bâtiment dans le parc Crealys, à Gembloux.

Outre un responsable médical américain, Belgian Volition prévoit d’engager trois personnes cette année en Belgique.

Ce ballon d’oxygène permettra à Belgian Volition de financer l’achat d’un bâtiment de 1.500 mètres carrés dans le parc Crealys, à Gembloux. "Nous pourrons y installer nos bureaux et construire nos laboratoires dans un hall à l’arrière du bâtiment, ce qui nous permettra de poursuivre notre développement sur les cinq ou six prochaines années", précise Gaëtan Michel.

Trois embauches

Ce développement passera notamment par l’extension du champ d’action de la plateforme Nucleosomics, protégée par huit brevets, au diagnostic d’autres cancers (poumon, pancréas, prostate) et, à terme, d’autres pathologies comme l’endométriose.

L’entreprise, qui emploie actuellement onze personnes, compte aussi engager trois collaborateurs supplémentaires: un directeur opérationnel appelé à seconder Gaëtan Michel, promu CEO, et des profils scientifiques (docteur en médecine, biostatisticien).

Les Etats-Unis ne sont pas oubliés. Un directeur médical a été engagé à Austin (Texas), à charge pour lui de gérer toutes les démarches, notamment avec l’agence américaine du médicament (FDA), en vue du lancement des premiers essais cliniques programmés pour l’an prochain.

Belgian Volition devrait générer ses premiers revenus d’ici la fin de l’année. Son patron vise l’équilibre comptable d’ici 2020 au plus tard.

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