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Deux cents millions d'investissements dans le Biopark de Gosselies en 2018

©RV DOC

Florence Bosco a remplacé Dominique Demonté à la tête du Biopark de Gosselies. L’écosystème des sciences du vivant se dote d’une nouvelle structure dédiée à son développement. En 2018, 200 millions d’euros ont été levés et 250 emplois créés.

Des investissements records, un changement d’équipe et de structure, ainsi qu’une foule de projets, notamment immobiliers: le Biopark de Gosselies, une des deux places fortes wallonnes – avec Liège – de la biotechnologie, est en train de rassembler tous les éléments pour achever sa mutation en un écosystème de classe mondiale dans les sciences du vivant, pourvoyeur d’emplois dans une région en pleine reconversion.

Florence Bosco ©RV DOC

Suite au départ de l’ancien directeur Dominique Demonté, Florence Bosco a repris les rênes du hub carolo, né il y a deux décennies d’une stratégie initiée par l’ULB et la Région wallonne.

La jeune femme, diplômée de la Faculté polytechnique de Mons et de Solvay, dirige désormais le tout nouveau Biopark Dev, qui a succédé à l’i-Tech Incubator, dont elle était déjà CEO. Élément fédérateur du Biopark, l’incubateur, qui compte parmi ses actionnaires l’ULB, Sambrinvest et Igretec, en devient également en quelque sorte la coupole, avec une extension de ses missions à la clé.

Actif jusqu’alors dans un rôle d’accompagnement de la création d’entreprises biotechs, il va désormais œuvrer au développement économique global du Biopark. La partie enseignement, formation et recherche scientifique passe quant à elle sous la responsabilité de Michel Coulon, qui reprend la fonction de directeur du pôle ULB Charleroi, l’ancien titre exact de Dominique Demonté jusqu’à son départ.

Une cinquantaine de sociétés

Pourquoi un tel remaniement? Simplement pour se doter d’une organisation capable de relever efficacement les défis de la croissance. "Fondé il y a 20 ans comme une extension de l’ULB, le Biopark a bien grandi et est devenu un écosystème assez complet. Mais il n’avait pas réellement jusqu’alors d’entité légale, ni d’organisation dédiée à son développement économique propre, fait valoir Florence Bosco. L’incubateur, quant à lui, avait un rôle d’aide à la création de start-ups et d’hébergement d’entreprises. Or, le développement économique, c’est beaucoup plus que cela."

"Le développement économique, c’est beaucoup plus que cela."
Florence Bosco
CEO de Biopark Dev

Le Biopark connaît en effet une accélération de sa croissance qui pose de nouveaux défis. En 2018, pas moins de 200 millions d’euros ont été levés par les acteurs locaux, tant en création qu’en développement d’entreprises. Un montant qui confirme l’attractivité croissante du site, qui abrite plus d’une cinquantaine de sociétés et plusieurs institutions représentant environ 1.700 emplois dont près de la moitié de chercheurs.

Quelque 250 postes ont été créés l’année passée, qui a été marquée par quelques "coups" retentissants, dont la levée de 64 millions d’ITeos Therapeutics, et le lancement de deux spin-offs de l’ULB dédiées à la lutte contre le cancer, Epics Therapeutics et ChromaCure. Mise sur pied par le professeur François Fuks et le manager Jean Combalbert, la première a opéré un démarrage en trombe puisqu’elle a pu reprendre les actifs et les employés de l’ex-Ogeda, rachetée par les Japonais d’Astellas l’année précédente. Quant à la seconde, elle est le fruit des travaux du professeur Cédric Blanpain, devenu ces dernières années un des chercheurs belges les plus renommés.

"Il y a trois façons dont le Biopark peut se développer, explique encore Florence Bosco. La première, c’est en accélérant la création de start-ups, ce qui était déjà la mission de l’incubateur. La deuxième, c’est en soutenant la croissance des sociétés qui sont déjà présentes. Enfin, il y a l’attraction de sociétés internationales qui désirent s’installer ici. Nous souhaitons à la fois soutenir la croissance de nos sociétés membres et attirer de nouvelles sociétés, y compris des projets venant d’universités étrangères. Nous voulons aussi rencontrer les besoins d’expansion des biotechs américaines et asiatiques vers l’Europe. Des sociétés qui ont été créées là-bas et qui envisagent de croître en Europe."

Cette attractivité internationale est déjà une réalité. Exemple: Minoryx Therapeutics, une biotech espagnole qui a décidé de créer une filiale en Belgique en 2018. "C’est quelque chose que nous comptons développer au sein de Biopark Dev, avec une stratégie concertée et des partenariats", précise encore la CEO, qui entend notamment cibler les entreprises actives dans le domaine des thérapies cellulaires et géniques, de l’immunologie, de l’oncologie et du système nerveux central (CNS).

Cette année, Promethera Biosciences, spécialisée dans les maladies du foie, viendra s’installer à Charleroi pour y poursuivre son développement aux côtés d’autres sociétés de thérapie cellulaire comme Bone Therapeutics ou MaSTherCell.

Avec un objectif avoué de doubler de taille dans les prochaines années, le Biopark va devoir mettre également les bouchées doubles sur le plan immobilier.

Le projet le plus emblématique, initié sous l’impulsion de Biopark Dev et de la cellule Catch et mené par Igretec, est la construction, dans le cadre du plan wallon d’investissements, d’un nouvel incubateur de 25.000 m² qui permettra d’accueillir les nouveaux projets tout en offrant une zone de services. Le futur édifice, qui abritera également un business center, deviendra à la fois le vaisseau amiral et la "place du village" du Biopark.

Dénommé I-Tech 6, le nouveau bâtiment devrait coûter entre 80 et 100 millions d’euros. Une première tranche de 5 millions a déjà été octroyée par le gouvernement wallon à la SRIW. Des investisseurs privés seront associés à l’initiative, notamment grâce à la création d’un holding immobilier. Le second défi pratique des prochaines années sera de repenser la mobilité, une faiblesse du site de Gosselies.

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