"Donnez-nous un an pour boucher le trou d'air qu'a connu IBA en 2017"

Olivier Legrain, CEO d'IBA ©Anthony Dehez

Une assemblée générale des actionnaires d’une société reflète souvent la santé de celle-ci. Nous avons assisté ce mercredi à l’AG d’IBA à Louvain-la-Neuve, à deux pas du siège social de l’entreprise spécialisée dans la protonthérapie. La réunion a été animée à l’image du cours de Bourse de l’entreprise ces derniers mois.

Une quarantaine d’actionnaires ou de représentants d’actionnaires sont présents. Une fois la présentation des comptes annuels terminée, la période de questions s’ouvre par l’interpellation d’un actionnaire néerlandophone qui expose tout son désarroi par rapport au fait qu’il a acheté ses actions à 56 euros et qu’elles ne valent plus que 13 euros aujourd’hui. Pierre Mottet, le président du conseil d’administration ne se laisse pas démonter et explique que cette situation est prise au sérieux par tout le monde et rappelle au passage que les dirigeants et les employés de l’entreprise sont parties prenantes, puisqu’ils possèdent environ 20% des actions.

S’en suit une vingtaine de questions auxquelles Olivier Legrain, CEO de l’entreprise, répondra point par point en toute transparence. "Nous avons connu un trou d’air en 2017", explique-t-il. Les turbulences ont atteint leur sommet en juillet. "Avec la conjonction de trois éléments qui se sont exacerbés l’un l’autre. Premièrement, moins de contrats se sont signés sur le marché. Deuxièmement, un concurrent (Varian, NDLR) s’est positionné de manière très agressive et irrationnelle pour prendre des parts de marché. Troisièmement, nous avons constaté de nombreux retards dans les bâtiments de nos clients." Or, un pourcentage de la vente d’une salle de protonthérapie (environ 20 millions pour le Proteus one) est réalisé lors de l’acceptation par le client final de l’installation.

Les clients traînent 

Une autre difficulté rencontrée par l’entreprise néo-louvaniste est due à l’incertitude de la planification des contrats signés. En observant le graphique ci-contre, vous pouvez constater que, d’une année à l’autre, le nombre de salles de protonthérapie vendues peut passer du simple au triple. Par ailleurs, le temps de gestation et de réalisation peut varier fortement. "En moyenne, entre la première prise de contact et la signature d’un contrat s’écoulent 24 mois", rappelle Olivier Legrain. 

©MFN

Ainsi, par exemple, la salle de protonthérapie de Leuven devrait être opérationnelle durant le deuxième semestre de l’année 2019. Du côté wallon, alors que l’on en parle depuis des années, la première salle de protonthérapie devrait voir le jour dans la région de Charleroi, mais aucune date n’est avancée.  Ici aussi, cela impacte l’activité de la pépite wallonne, puisqu’elle vend souvent un contrat d’entretien avec ses installations pour un montant oscillant entre 5 et 8% du coût de la machine.

Comme le soulignera un actionnaire juste avant de voter la décharge aux administrateurs, l’optimisme n’a pas quitté ceux-ci, ni le management et les employés de l’entreprise de Louvain-la-Neuve. "Je suis optimiste de nature, sourit le CEO, mais nous avons pris les mesures nécessaires. Par ailleurs, nos 21 projets de protonthérapie en cours d’installation se poursuivent comme prévu. Ajoutés aux quatre nouvelles solutions Proteus ONE signées récemment, cela nous conforte quant au renforcement du marché de la protonthérapie au fur et à mesure que l’année progresse. Dès lors, nous réitérons notre intention d’atteindre un Rebit positif ainsi qu’un bénéfice net après impôts pour l’année 2018", conclut-il.

Et puis finalement, la protonthérapie n’est qu’à ses débuts si on se base sur l’estimation réalisée par IBA. Un peu plus de de 10% du marché a été rencontré. De quoi être optimiste, non? 2018 sera en tout cas une année cruciale pour la pépite wallonne.

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