Elysia profite d'une faillite pour s'assurer une croissance insolente

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Grâce au rachat d’un concurrent en faillite il y a 4 ans, cette entreprise active dans le contrôle médical a enregistré une croissance de près de 3.000%. La société n’exclut pas la possibilité de renouveler l’opération.

Miser sur le rachat d’un concurrent en faillite pour faire exploser sa croissance. A priori, cette stratégie semble un poil risquée. Surtout lorsque l’acquéreur en question ne compte qu’une grosse année d’existence et est largement plus petit que la société visée. C’est pourtant la tactique choisie par Elysia, il y a quatre ans, pour donner un sérieux coup de boost à son activité. L’entreprise est spécialisée dans les solutions de contrôle qualité des produits de radiopharmacie (comme les liquides de contraste utilisés lors de scanners). "Il s’agit de solutions ayant une durée de vie extrêmement courte et qui doivent donc être suivies de très près", explique François Moonen, le cofondateur d’Elysia.

5,5 millions €
En quatre ans, le chiffre d’affaires d’Elysia est passé d’environ 200.000 euros à plus de 5,5 millions.

Quinze mois après sa création, l’entreprise ne comptait que six travailleurs. Les fondateurs souhaitaient doper leur croissance et se sont donc décidés à racheter un concurrent allemand qui mettait la clé sous la porte. D’un coup, Elyisa est passé à 35 travailleurs. L’évolution s’est forcément traduite aussi dans les revenus. "En quatre ans, nous sommes passés d’environ 200.000 euros de chiffre d’affaires à plus de 5,5 millions, soit une croissance de plus de 2.800%", assure fièrement François Moonen.

L’entreprise vient d’ailleurs de remporter le classement "Deloitte Technology Fast 50", récompensant chaque année la société à la croissance la plus importante sur les quatre dernières années. Depuis le rachat, Elysia a engagé dix personnes supplémentaires et espère continuer sur cette voie. "Forcément on ne sait pas tenir de tels chiffres éternellement. Notre objectif est désormais de doubler le chiffre d’affaires pour 2024", assure le patron. Pour y parvenir, l’entreprise compte en très grande majorité sur l’export. 95% de ses clients sont étrangers et l’entreprise bénéficie toujours d’un siège en Allemagne. L’ancrage belge reste toutefois essentiel. "L’un de nos plus gros clients est d’ailleurs IBA", sourit-il.

Favoriser d’abord la croissance

Mais si les revenus grimpent d’année en année, Elysia n’affiche pour le moment pas encore de bénéfices. L’année dernière, la perte à reporter était de 344.000 euros. Rien d’inquiétant pour autant, selon le cofondateur. "C’est une situation qui se justifie. Nous sommes actuellement en phase de croissance et d’acquisition de parts de marché. La question est désormais de savoir quelle est notre ambition. Nous pouvons atteindre la profitabilité dans les deux ans. L’autre option est de poursuivre la croissance et reporter à plus tard la profitabilité. Pour le moment, mes actionnaires souhaitent plutôt favoriser cette option", explique le responsable.

"Une nouvelle acquisition, c’est un moyen de grandir qui est efficace. Surtout sur notre marché qui est en train de se consolider pour le moment."
François Moonen
Cofondateur d'Elysia

Une nouvelle acquisition n’est donc pas à exclure. "C’est effectivement un moyen de grandir qui est efficace. Surtout sur notre marché qui est en train de se consolider pour le moment. Depuis le rachat, je me suis déjà intéressé à deux autres entreprises. Cela n’a finalement pas abouti mais cela reste une possibilité", glisse le patron qui peut compter dans ses actionnaires deux investisseurs de référence. "Aujourd’hui Noshaq et Inventures disposent de 66% des actions. Nous étudions la possibilité de réaliser une levée de fonds pour une prochaine acquisition. Nous n’avons pas encore de montant précis mais nous viserions au moins un million d’euros", conclut le patron.

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