Encore une potion amère pour les actionnaires de Fagron

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Fagron, le spécialiste des préparations magistrales pour les pharmacies, se sépare de son CEO, Hans Stols, le manager qui l'a sorti de l'ornière.

Après une succession de difficultés majeures dont une montagne de dettes qui ont poussé l’entreprise au bord gouffre voilà deux ans, on pensait Fagron tirée d’affaire.

Une augmentation de capital de 225 millions d’euros, un accord sur le remboursement des dettes et un nouveau CEO auront été nécessaires pour rétablir la confiance et voir cette société spécialisée dans les préparations magistrales à destination des pharmacies reprendre du poil de la bête.

Certes, on ne reverra pas de sitôt l’action caracoler à son sommet de 41,6 euros atteint en août 2014 mais, jusqu’il y quelques semaines, le revalidation se passait plutôt bien. Après la levée de fonds réalisée au prix de 5,16 euros (une tranche réservée aux gros actionnaires a été souscrite au prix unitaire de 5,79 euros) en juin 2016, le titre a plus que doublé pour tourner autour de 11,5 euros aujourd’hui.

Croissance freinée

Fagron avait même repris le chemin des acquisitions (All Chemistry au Brésil et Kemig en Croatie) en renouant avec sa stratégie "buy and build" qui a fait son succès auprès des investisseurs mais qui a aussi bien failli lui coûter sa tête.

Jusqu’il y a quelques semaines donc, l’avenir s’annonçait plutôt serein voire même prometteur pour Fagron.

Mais le 12 octobre après la publication des résultats trimestriels de la société, l’action a chuté jusqu’à 10%. En cause: la croissance en Europe a été freinée par des retards observés auprès de laboratoires extérieurs qui analysent les matériaux bruts que Fagron achète.

Exit Hans Stols

Et voilà qu’aujourd’hui, Fagron annonce le départ de son CEO Hans Stols, l’homme qui a lui a permis de sortir de l’ornière. Nommé en décembre 2015, il a remis Fagron sur les rails avec l’aide des grands actionnaires. Mais apparemment, ce n’est plus d’un manager de crise dont la société a aujourd’hui besoin. Elle souhaite reprendre le chemin de la performance et de la création de valeur. " Ce départ est-il lié aux problèmes croissance annoncés en octobre ou simplement à une volonté d'accélérer le développement du groupe? Ou un peu des deux?

"Le départ de Hans Stols est quelque chose d’inattendu, surtout depuis qu'il a réussi à redresser la société" soulignent pour leur part les analystes de KBC qui restent à "conserver" sur la valeur avec un objectif de cours de 12 euros.

Exit donc, Hans Stols qui, rappelons-le, siégeait au conseil d’administration avant la débâcle de Fagron sans rien voir venir…

CEO ad interim

C’est Rafael Padilla, un homme du sérail qui reprend le flambeau ad interim. Membre du comité de direction depuis 2012, il a étendu, avec succès, les activités de la société  en Europe du sud et en Amérique du sud depuis 2010 par le biais de la croissance organique et via des acquisitions, explique la société.  

La première réaction en Bourse à cette annonce fut épidermique. Le titre a perdu jusqu’à 5,3% avant d’effacer une partie de ses pertes et se négocier à 11,15 euros (-2,3%) en début d'après-midi.

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