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Enrico Bastianelli, des fractures humaines à l'orthopédie vétérinaire

Moins de cinq ans après avoir quitté Bone Therapeutics, Enrico Bastianelli voit la société qu'il a créée dans la santé animale, TheraVet, lancer son premier produit.

Pari réussi pour Enrico Bastianelli: moins de cinq ans après avoir quitté Bone Therapeutics, TheraVet, la nouvelle biotech qu'il a fondée en 2017, annonce ce début avril le lancement commercial de son premier produit, un ciment injectable de nouvelle génération qui favorise la formation et la réparation osseuse chez les petits animaux de compagnie. Appelé Biocera-Vet, ce produit sera initialement commercialisé sur le marché vétérinaire orthopédique belge et sera rapidement disponible en France et aux Pays-Bas. La société, installée au sein du parc industriel de Jumet, entend par ailleurs s'étendre davantage sur le marché européen plus tard en 2021 et début 2022. Le substitut osseux de TheraVet se veut une alternative innovante aux greffes autologues pratiquées aujourd'hui, qui sont souvent traumatisantes pour l'animal.

Deux produits en portefeuille

Bien qu'étant une société très jeune, TheraVet possède même deux produits en portefeuille. Elle développe également un traitement visco-antalgique (appelé Visco-Vet), à base d'acide hyaluronique de nouvelle génération, conçu pour réduire la douleur et la boiterie associées à l'arthrose chez le chien. 

Si le marché vétérinaire a attiré l'attention d'Enrico Bastianelli, c'est qu'il offre de multiples avantages. Même si la santé animale n'est qu'une goutte d'eau par rapport à l'énorme marché des médicaments pour humains, il s'agit d'un segment en forte croissance, moins risqué, et où les traitements peuvent être validés plus rapidement. Ce que vient de démontrer TheraVet, qui aura finalement commercialisé un produit avant Bone Therapeutics, créée pourtant plus de dix ans auparavant.

Une structure agile

TheraVet se veut une structure agile: elle est articulée sur un modèle de sous-traitance, et compte une douzaine de collaborateurs, dont une personne aux États-Unis, où elle a créé une antenne au Texas. La petite biotech a levé un total de 4 millions d'euros fin 2020, dont une partie auprès de ses actionnaires historiques, à savoir le fonds Theodorus III, Innovation Fund, les fonds d'investissement régionaux Financière Spin-Off Luxembourgeoise et Luxembourg Développement Europe 2, ainsi que des business angels. 

Docteur en médecine (chirurgie et obstétrique), Enrico Bastianelli, qui a complété sa formation par un diplôme de gestion, avait créé Bone Therapeutics en tant que spin-off de l'ULB en juin 2006. Avant cela, il était passé par  Abbott, UCB et ProStrakan, une société française spécialisée dans les maladies osseuses. L'aventure de Bone a démarré d'une thèse de doctorat de deux médecins, Jean-Philippe Hauzeur (CHU de Liège) et Valérie Gangji, épouse de Bastianelli à la ville et qui travaille à l'hôpital Érasme (ULB). Les deux scientifiques s'étaient attaqués à la reconstruction du tissu osseux par cellules souches, une nouveauté à l'époque.

Considérée – avec Celyad et Promethera – comme une des sociétés emblématiques de l'essor de la biotechnologie en Wallonie il y a 15 ans, Bone Therapeutics fera son entrée sur Euronext début 2015. Enrico Bastianelli abandonne son "bébé" en octobre 2016, où il est remplacé par Thomas Lienard. La société est aujourd'hui dirigée par Miguel Forte.

Le profil

1993: Docteur en médecine, chirurgie et obstétrique (ULB)

1996-2001: Product manager chez Abbott

2001-2002: Global licensing manager chez UCB

2002-2006: Directeur du développement chez ProStrakan

2006-2015: CEO de Bone Therapeutics

2017: Création de TheraVet

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