EPICS Therapeutics lève 14 millions d'euros et reprend les actifs d'Ogeda

©Kristof Vadino

Le personnel d’Ogeda, repris par Astellas en 2017, va rejoindre son ancien patron Jean Combalbert chez EPICS Therapeutics.

L’année 2018 aura décidément été fertile jusqu’au bout pour les entreprises de biotechnologie en Wallonie. Plus d’un an et demi après être passé dans le giron du japonais Astellas, le personnel de la biotech carolo Ogeda s’apprête en effet une nouvelle fois à changer d’employeur: la toute jeune société EPICS Therapeutics, située elle aussi dans le Biopark de Gosselies, vient de signer un accord avec le géant pharmaceutique nippon pour reprendre la quasi-totalité des actifs d’Ogeda. Le montant de l’opération, qui s’accompagne d’une levée de fonds de 14,2 millions d’euros, n’a pas été communiqué.

"Astellas avait indiqué être prêt à examiner toutes les options pour la suite concernant Ogeda."
Jean Combalbert
ex patron d'Ogeda

Ce changement de mains n’a rien d’un hasard. EPICS Therapeutics, qui ambitionne de développer une nouvelle classe de médicaments contre le cancer, a été créé en avril par l’ex-patron d’Ogeda Jean Combalbert, suivi par plusieurs de ses anciens investisseurs comme Newton BioCapital et la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW). EPICS est basée sur les travaux de François Fuks, professeur à l’ULB et cofondateur de la société.

Fondée sous le nom d’Euroscreen, Ogeda, qui comptait lors de sa vente une quarantaine d’employés, avait fait l’objet d’une reprise par les Japonais d’Astellas Pharma pour un montant total 800 millions d’euros. Plus précisément un demi-milliard cash et 300 millions en fonction des futures étapes de développement du fezolinetant, un médicament non-hormonal pour les bouffées de chaleur liées à la ménopause.

Le géant japonais a depuis achevé la phase 2 et devrait entamer une phase 3 pour cette molécule en 2019. Restait à trouver une nouvelle affectation pour les chercheurs du site de Gosselies. "Astellas avait indiqué être prêt à examiner toutes les options pour la suite concernant Ogeda", explique Jean Combalbert, qui a quitté la société en décembre 2017. "Ils m’ont fait savoir en mai 2018 qu’ils n’étaient pas intéressés par les activités de recherche d’Ogeda qu’ils jugeaient à un stade trop précoce. Comme je venais de créer EPICS, j’ai regardé ce qu’il était possible de faire ensemble, sachant qu’il existe une grande cohérence et une grande synergie au niveau des compétences, des techniques et de l’expérience des gens en matière de développement de petites molécules thérapeutiques."

Nouveau tour de table

L’accord entre Astellas et EPICS Therapeutics prévoit la cession par les Japonais des deux branches d’activité d’Ogeda, à savoir l’unité de service EuroscreenFast qui fait du screening et de toutes les activités de R&D, à l’exception de celle concernant le développement du fezolinetant. "Je connais bien les gens qui travaillent chez Ogeda. Je savais que les compétences étaient là et que cela faisait du sens. La thématique sera différente, mais ils seront efficaces à J+1. Je savais aussi que j’avais autour de moi des investisseurs qui, grâce aux retours générés avec la vente d’Ogeda, étaient enclins à réinvestir", poursuit Jean Combalbert.

"Je savais aussi que j’avais autour de moi des investisseurs qui, grâce aux retours générés avec la vente d’Ogeda, étaient enclins à réinvestir."
Jean Combalbert
ex patron d'Ogeda

Le nouveau tour de table va permettre de financer trois ans de développement chez EPICS. Tous les investisseurs initiaux de la biotech y ont participé: Newton BioCapital, le fonds dirigé par Alain Parthoens, la SRIW, Sambrinvest, ainsi que quelques privés comme Pierre Drion. S’y ajoutent plusieurs nouveaux venus: Fund +, la SFPI et BNP Paris Fortis Private Equity. "En résumé, ce sont les anciens actionnaires d’Ogeda qui refont confiance dans les compétences d’Ogeda et dans notre capacité à structurer tout cela pour tenter un nouveau challenge avec EPICS, qui développera ces nouvelles molécules anticancéreuses" relève encore le patron d’EPICS.

L’opération, assez inédite dans le monde la biotech en Wallonie, va permettre à EPICS de sauter les étapes et de passer dès janvier prochain de trois personnes à plusieurs dizaines de chercheurs aguerris. Ceux-ci resteront dans le bâtiment actuel d’Ogeda, qui est repris également par EPICS. "Cela va nous permettre d’aller plus vite et de nous appuyer sur des ressources internes et non plus sur des sous-traitants. On estime en gros que l’on va gagner pratiquement un an de développement", conclut Jean Combalbert. Dans trois ans, EPICS a l’ambition d’être aux portes du développement clinique avec la molécule la plus avancée. Cela nous permettrait d’envisager à ce moment différentes stratégies comme un partenariat pharmaceutique ou un nouveau tour de financement nous permettant de poursuivre notre développement."

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