Eurogentec va améliorer sa technologie grâce à un accord avec l'UCLouvain

L'ex-spin-off de l'ULiège a l'intention de recruter au moins 80 personnes pour plusieurs projets liés aux vaccins Covid. ©EUROGENTEC

La filiale liégeoise de Kaneka, en plein développement, a conclu un partenariat poussé de trois ans avec l'UCLouvain pour renforcer son statut de leader mondial de certaines thérapies géniques.

La Wallonie va encore renforcer et étendre son savoir-faire dans le développement de médicaments issus de la biotechnologie: l’UCLouvain, l’entreprise japonaise Kaneka et sa filiale wallonne Eurogentec viennent de conclure un partenariat de trois ans pour booster l’innovation autour des biomédicaments, dont l’importance ne cesse de croître dans le secteur pharmaceutique.

Les deux partenaires ont annoncé la mise sur pied, grâce à un investissement financier du laboratoire japonais, d’un groupe de recherche conjoint, impliquant des scientifiques de l'UCLouvain et japonais au sein de l’Institut de Duve de l’université néolouvaniste, avec l’aide des ingénieurs et chercheurs d’Eurogentec. L’initiative est présentée comme une première en Belgique francophone car si les grands groupes pharmaceutiques ont certes depuis longtemps établi des coopérations avec les universités, rares sont en revanche les exemples d’une collaboration aussi poussée.

La bactérie la plus étudiée

Le laboratoire de Jean-François Collet, chercheur au sein de l’Institut de Duve de l’UCLouvain, a développé une expertise, reconnue internationalement, dans le fonctionnement des bactéries, notamment grâce à l’appui du fonds public wallon Welbio dédié aux sciences de la vie. "Cela fait quinze ans que l’on essaie de comprendre les mécanismes de la bactérie Escherichia coli, qui est la bactérie la plus étudiée au monde, mais à propos de laquelle il y a encore plein de choses que l’on ne connaît pas. On fait cela, d’une part, pour repousser les frontières de la connaissance, mais aussi pour essayer de mettre au point de nouveaux antibiotiques."

"On fait cela pour repousser les frontières de la connaissance, mais aussi pour essayer de mettre au point de nouveaux antibiotiques."
Jean-François Collet
Chercheur au sein de l’Institut de Duve de l’UCLouvain.

Depuis plusieurs décennies, certaines bactéries sont en effet domestiquées en laboratoire et servent d'usines vivantes à médicaments, en produisant des protéines et autres molécules médicaments soit naturellement, soit après avoir été génétiquement modifiées. L’insuline par exemple est aujourd’hui produite à partir de cellules de levure.

Un leader mondial

De son côté, la société du Sart-Tilman Eurogentec, qui a été reprise par Kaneka en 2010, est le pôle produits biopharmaceutiques du groupe japonais, également positionné dans les polymères et les fibres synthétiques. "Nous sommes le leader mondial de la biofabrication d'ADN plasmidique utilisé dans les thérapies géniques et cellulaires", explique Lieven Janssens, président et CEO de Kaneka Eurogentec. "Ils peuvent ensuite être utilisés comme vaccins à ADN ou comme produits de départ pour la production d'ARN messager et de vecteurs viraux. Mais si on veut rester le leader, on doit investir dans de nouvelles technologies pour améliorer nos compétences. Cette collaboration avec l'Institut de Duve et cette recherche qui va se faire ici tout près vont également nous permettre de conforter et d'améliorer la position d'Eurogentec en tant que centre d'excellence au sein de Kaneka."

"Si on veut rester le leader, on doit investir dans de nouvelles technologies pour améliorer nos compétences."
Lieven Janssens
Président et CEO de Kaneka Eurogentec

Il faut dire que l'ex-spin-off de l'Université de Liège, créée il y a plus de 30 ans et longtemps dirigée par Jean-Pierre Delwart, a connu un développement spectaculaire ces quinze dernières années. Elle a encore investi il y a deux ans et demi 40 millions d'euros dans l'extension de son site au Sart-Tilman, un agrandissement qui a fait passer ses effectifs à 355 collaborateurs à Liège. Et ce n'est pas fini. "Il y a encore une quinzaine de personnes qui doivent arriver", poursuit Lieven Janssens. "Toutes ces technologies dont on parle ne sont pas aujourd'hui commercialisées. Le Covid va leur donner un coup de pouce. Et nous avons l'intention de recruter au moins 80 personnes pour plusieurs projets pour des vaccins contre le coronavirus", conclut le CEO.

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