Exothera décroche un premier contrat pour un vaccin anti-Covid

Exothera est une CDMO, une société de sous-traitance pharmaceutique, qui termine l'aménagement d'installations de production à Jumet. ©Kristof Vadino

La filiale CDMO d'Univercells a été retenue par la biotech américaine CyanVac pour la production des lots cliniques d'un vaccin à injection par voie nasale contre le Covid-19.

Un premier contrat "coronavirus" concret pour le groupe Univercells: Exothera, la filiale de sous-traitance pharmaceutique de l'entreprise carolo, a été retenue par la société américaine CyanVac pour le développement et la fabrication d'un vaccin à injection par voie nasale.

Située à Athens (Géorgie), CyanVac est une entreprise de biotechnologie qui développe des vaccins à partir d’une plateforme vaccinale innovante par voie intranasale en vue de prévenir les maladies infectieuses. Elle travaille sur un vaccin basé sur un vecteur viral (un virus para-influenza de type 5), qui code la protéine Spike du SARS-CoV-2. Il s'agit d'un vaccin nasal à dose unique pour empêcher l’infection et les complications graves associées au Covid-19. Des études précliniques ont démontré que ce vaccin était immunogène et empêchait l’infection. CyanVac prévoit de lancer un essai clinique de phase 1 au cours du premier semestre 2021.

Le matériel sera fabriqué dans l’usine Vega d’Exothera, l’une des deux nouvelles installations de pointe situées sur le campus d’Univercells à Jumet.

Exothera est une "CDMO", c'est-à-dire une société de sous-traitance qui développe et assure de la production pour d’autres laboratoires.  Il s'agit d'une filiale d'Univercells, la société créée par Hugues Bultot et José Castillo.

Exothera, qui emploie une septantaine de personnes et continue d'engager, sera chargée du développement accéléré du processus de fabrication pour le candidat vaccin via la plateforme Scale-X développée par Univercells. Cette plateforme de pointe doit permettre à CyanVac de produire du matériel d’essai clinique (CTM) en 2021 en vue des études de phase 3. Ce matériel sera fabriqué dans l’usine Vega d’Exothera, l’une des deux nouvelles installations de pointe situées sur le campus d’Univercells à Jumet. Ce site, situé le long de l'aéroport de Gosselies, a été bâti à partir de l'ancien siège de la société informatique Systemat, aujourd'hui disparue. Le bâtiment principal a été rebaptisé Nova, tandis qu'un entrepôt voisin, racheté un peu plus tard, constitue la deuxième usine, Vega. C'est celle-ci qui entrera en fonction en premier, dans quelques mois.

"Il s'agit d'un projet clinique classique. Mais l’objectif est évidemment d'aller plus loin."
Thibault Jonckheere
PDG adjoint d’Exothera

Ce contrat n'est qu'un premier jalon. "L’accord ne porte pas encore sur la fabrication commerciale du vaccin lorsqu’il sera autorisé", reconnaît le PDG adjoint d’Exothera, Thibault Jonckheere. "Il s'agit d'un projet clinique classique. Mais l’objectif est évidemment d'aller plus loin. Si le projet va à terme, les besoins seront énormes. Il s'agit d'un vaccin à vecteur viral, qui n'utilise pas un adénovirus comme par exemple AstraZeneca ou le Spoutnik V, mais un vecteur moins classique. C'est assez novateur." Les vecteurs viraux sont des nouveaux instruments biologiques employés pour introduire une information génétique dans les cellules d'un patient. Ils sont utilisés dans les vaccins, mais sont également devenus le mode d'administration privilégié des thérapies géniques, un segment de la médecine en plein développement.

Voie intranasale

La deuxième nouveauté du vaccin CyanVac, c'est la méthode d'administration, par voie nasale: "si cela fonctionne vraiment, cela pourrait être une révolution pour la logistique. Mais cela représente un défi supplémentaire. Il s'agit d'un objectif très ambitieux. Il reste le risque inhérent en biotechnologie, qui est celui du parcours de développement", ajoute Thibault Jonckheere.

Thibault Jonckheere, PDG adjoint d'Exothera. ©Exothera

Exothera utilisera donc dans un premier temps la plateforme Scale-X d’Univercells Technologies, une autre filiale du groupe basée à Nivelles. "Il s'agit d'un bioréacteur qui se décline en trois échelles. Pour une éventuelle production commerciale, on utilisera l’échelle la plus grande, qui s'inscrit dans la plateforme plus importante NevoLine", précise encore le manager.

Un consortium avec ReiThera

Univercells et Exothera ont d'autres fers au feu s'agissant du coronavirus: le groupe s'est allié à l’italien ReiThera et à l’allemand Leukocare pour le développement d’un autre vaccin, qui pourrait être lui aussi fabriqué à Charleroi. Le vaccin de ReiThera, qui est détenue à 30% par l'État italien, vient d'entamer ses essais cliniques de phase 2/3. "Les discussions avec le groupe italien avancent très bien. Ils continuent à indiquer qu’ils vont produire avec nous. Mais nous n'avons pas encore d’accord formel", note Thibault Jonckheere.

D'autres contacts sont également en cours. Mais là, c'est motus et bouche cousue.

D'autres contacts sont également en cours. Mais là, c'est motus et bouche cousue, surtout quand on évoque une éventuelle collaboration pour la production du vaccin russe Spoutnik V. "Nous ne faisons aucun commentaire sur les négociations. Beaucoup de clients ne souhaitent pas que l’on parle d’eux. Mais nous avons un pipe-line assez important. On espère signer d'autres contrats pour le Covid-19, mais aussi pour d’autres vaccins. À cause du Covid, il y a en effet pas mal d’autres projets qui sont impactés, car il n’y a plus assez de capacités de production dans le monde.  Malgré que l’on soit un jeune acteur et que l’on dispose d'une technologie innovante, il y a des gens qui se tournent vers nous. On espère donc encore signer un nombre important de projets pour remplir nos usines", conclut Thibault Jonckheere.

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