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interview

Filippo Petti, CEO de Celyad: "Des innovations incroyables sont en cours dans le domaine des cellules CAR-T"

Filippo Petti, CEO de Celyad Oncology. ©Celyad

Plus de deux ans après le départ de Christian Homsy, Celyad n'a pas encore entamé de phase 2. Mais la biotech wallonne a un pipeline bien fourni, avec trois projets en phase 1.

Plus de deux ans après le départ de son fondateur Christian Homsy, où en est Celyad Oncology, l’une des sociétés pionnières du secteur des sciences du vivant en Wallonie? La question mérite d’être posée. La biotech de Mont-Saint-Guibert, cotée à la fois sur Euronext Bruxelles et sur le Nasdaq, continue certes à publier avec une belle régularité les résultats de ses développements. Mais ce flux de nouvelles est parfois difficile à déchiffrer. Certains investisseurs pourraient dès lors se demander quel sera finalement le programme clinique de la biotech wallonne qui aura le plus de chances de se concrétiser. Le point avec Filippo Petti, le CEO de la société.

"Le candidat de première génération pour la LMA n'avait pas atteint le profil nécessaire qui justifiait le passage à une phase 2".

Votre prédécesseur, Christian Homsy, avait annoncé le lancement d'une phase 2 avec votre produit CYAD-01 contre la leucémie myéloïde aiguë. Cela n'est finalement pas intervenu. Pourquoi?

Les déclarations prospectives dans l'industrie biotechnologique peuvent être délicates, car elles sont généralement basées sur des ensembles limités de données. L'hypothèse plus large qui entoure ces résultats peut varier au fil du temps et à mesure que de nouvelles données sont générées. Dans le cas de notre programme de leucémie myéloïde aiguë (LMA), les données cliniques initiales de notre candidat autologue (où le patient est son propre donneur, NDLR) de première génération (le CYAD-01) semblaient effectivement prometteuses. Cependant, après avoir examiné toutes les données cliniques du programme, il est apparu que le candidat de première génération n'avait pas atteint le profil nécessaire qui justifiait le passage à une phase 2. Et surtout, nous avons tiré parti de nos résultats pour générer un deuxième candidat pour la LMA, que nous sommes en train d'évaluer en phase clinique.

"Nous allons voir comment les données cliniques mûrissent, afin de mieux évaluer les programmes qui pourraient passer en phase 2".

Quel est le programme de Celyad qui pourrait entrer en phase 2 en premier?

L'un des points clés de notre organisation, c'est que nous nous sommes donnés plusieurs essais pour y arriver, qu'il s'agisse de la cible, de l'indication et de la technologie. Cela permet d'augmenter les chances de faire passer un candidat à un stade de développement ultérieur. Nous avons actuellement trois programmes en développement en phase 1, dont deux candidats CAR-T allogéniques (où le donneur et le receveur sont différents) et un candidat CAR-T autologue. Nous allons voir comment les données cliniques mûrissent pour ces programmes au cours des prochains trimestres, afin de mieux évaluer ceux qui pourraient passer au développement de la phase 2.

Mais quel programme doit aujourd'hui être considéré comme le projet principal de Celyad Oncology?

Si on parle du programme ayant le plus d'expérience clinique, il s'agirait de notre candidat CYAD-101 pour le traitement du cancer colorectal métastatique avancé, que nous pensons être le premier CAR-T allogénique à fournir des données sur les bénéfices cliniques chez l'homme. Du point de vue de la validation de notre nouvelle plateforme shRNA (une approche différente pour développer des thérapies cellulaires CAR-T allogéniques, NDLR), il s'agirait de notre programme CYAD-211 pour le traitement du myélome multiple en rechute ou réfractaire.

"Les traitements CAR-T autologues pour le cancer ont encore un avenir, en particulier dans les maladies avec des besoins médicaux majeurs non satisfaits".

Le traitement autologue du cancer a-t-il encore un avenir, compte tenu de ses coûts très élevés?

Les CAR-T autologues sont l'approche standard actuelle pour les thérapies cellulaires adoptives (avec transfert de cellules dans un hôte, NDLR) et nous continuons de croire que les traitements CAR-T autologues pour le cancer ont encore un avenir, en particulier dans les maladies avec des besoins médicaux majeurs non satisfaits comme la leucémie myéloïde aiguë. Cependant, des innovations incroyables sont en cours dans le domaine des cellules CAR-T, et nous apprécions pleinement les avantages pharmaco-économiques potentiels et la plus grande accessibilité des CAR-T allogéniques. C'est pourquoi, au cours des dernières années, nous avons pris la décision stratégique de concentrer notre futur développement CAR-T sur des thérapies "sur étagères", allogéniques.

"On a commencé à faire passer la société d'une structure à actif unique à une entreprise basée une plateforme technologique."

Ne craignez-vous pas que vos investisseurs n'exigent des résultats concrets plus vite ou finissent par douter de la capacité de la société à faire avancer un produit en étude clinique?

Nous avons une vision claire. Nous pensons que nous avons fait un excellent travail au cours des dernières années pour nous positionner pour un succès à long terme. On a suivi la science, pris des décisions fondées sur les données et commencé à faire passer la société d'une structure à actif unique à une entreprise basée une plateforme technologique.

Il existe un grand nombre d'entreprises de biotechnologie qui travaillent sur les immunothérapies contre le cancer. Comment Celyad peut-elle se différencier?

L'approche de Celyad pour le développement allogénique des CAR-T est à la fois différenciée et potentiellement disruptive pour le domaine de la thérapie cellulaire adoptive. Nous introduisons de nouvelles avancées technologiques dans le domaine et je pense que la combinaison de notre expertise scientifique et industrielle nous positionne favorablement pour fournir des thérapies innovantes aux patients.

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