interview

François Fornieri, CEO de Mithra: "Nous devons penser à l’après-Estelle et à l’après-Donesta"

©Tim Dirven

Pour le CEO de Mithra, François Fornieri, le nombre de projets en développement au sein de la société biopharmaceutique explique la levée de fonds, ce jeudi, sous forme d'obligations convertibles.

Mithra a émis ce jeudi des obligations convertibles. Pourquoi cette nouvelle levée de fonds alors que la société avait indiqué il y a deux mois qu’elle disposait d’une trésorerie suffisante?

Dans les 135 millions levés précédemment, il y avait 50 millions avec LDA Capital, un fonds dilutif. Quand on prélève, on doit créer des actions pour l’équivalent, qu’ils peuvent vendre quand ils veulent. C’est du shorting, avec une dilution très importante  pour les actionnaires de référence. Aujourd’hui, LDA est plus une garantie bancaire qu’un fonds sur lequel on veut tirer.

Mais il y a certainement d'autres raisons...

Oui. Je confirme que l’on a suffisamment de cash pour mener nos projets à terme. Mais si on veut aller plus loin, améliorer notre rentabilité et accroître la protection intellectuelle de l’estétrol (hormone stéroïde du groupe des oestrogènes, principe actif de la pilule Estelle, du Donesta et du Perinesta, NDLR), il faut plus de cash. Je rappelle que lors de l’IPO, nous avions 21 familles de brevets. Aujourd’hui, nous en avons 35. Nous avons couvert énormément d’indications car l’estétrol est un peu une plateforme. A partir de l’estétrol, on peut développer plusieurs médicaments. Nous sommes dans une pilule contraceptive. Nous sommes en train de finaliser un traitement de la ménopause et sur la neuroprotection chez le nourrisson. On travaille également sur le Covid-19 et, aux Pays-Bas, sur le cancer du sein avec un partenaire. Il y a encore énormément d’autres possibilités, par exemple dans le domaine de l’endométriose.

"On extrait aujourd’hui l’estétrol du soja. Mais on pourrait aussi bien l’extraire de l’écorce de pin, c’est-à-dire d'un déchet."

On peut aussi améliorer la chimie de l’estétrol, pour améliorer la rentabilité des produits que l’on va sortir. On développe beaucoup de recherches dans ce domaine. On extrait aujourd’hui l’estétrol du soja. Mais on pourrait aussi bien l’extraire de l’écorce de pin, c’est-à-dire d'un déchet. Nous sommes une biotech et nous devons penser à l’après Estelle et à l’après Donesta.

Pour la pilule Estelle, vous touchez au but. Quel est le calendrier exact?

Pour l’Europe et le Canada, on s’attend à avoir l’autorisation de mise sur le marché à la fin du premier trimestre 2021. Pour les Etats-Unis, on espère la fin du deuxième trimestre 2021. Nous avons déjà reçu des bons de commande aux USA et au Canada. Nos partenaire sont en confiance.

Et pour le Donesta?

Nous sommes en train de négocier maintenant avec des big pharmas la licence de distribution mondiale de distribution de Donesta (traitement hormonal visant à soulager les symptômes vasomoteurs chez les femmes ménopausées, NDLR). Dans ce dernier cas, plus les caisses sont pleines dans l’entreprise, plus cela nous met à l’aise dans les discussions. On n’est par exemple obligé de concéder des actifs. Je ne suis pas trop pressé. Je préférerais un accord après la fin de la phase 3 d’étude clinique, au début ou à la mi-2022. Ce serait mieux car on aurait des résultat et cela vaut beaucoup plus.

Où en est l’étude sur le Covid-19?

Nous allons communiquer prochainement dessus. Je ne peux pas donner de détails à ce stade. Mais il y a une importante étude britannique qui montre que les femmes ayant des oestrogènes ont moins de symptômes graves et que les femmes ménopausées seraient donc plus sensibles au Covid.

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