Galapagos découvre un antibiotique très prometteur

La firme d'Onno van de Stolpe met de grands espoirs dans le CAM-1. Bloomberg ©BLOOMBERG NEWS

Galapagos présente un candidat médicament qui pourrait venir à bout de tous les types de bactéries, notamment le SARM, qui sévit dans les hôpitaux et maisons de repos.

Galapagos annonce avoir découvert une toute nouvelle classe d'antibiotiques. La société a en effet trouvé un candidat antibiotique qui semble très efficace contre tous les staphylocoques, notamment le SARM, infection nosocomiale aussi connue comme "la bactérie des hôpitaux".

Nombre d'infections bactériennes s'avèrent résistantes face aux antibiotiques existants, ce qui constitue un gros problème puisque les possibilités pour traiter les patients sont extrêmement limitées. Or, le nouvel antibiotique de Galapgagos serait efficace face au SARM.

• Comment fonctionne ce nouvel antibiotique? Il freine un enzyme déterminé, qui est présent dans la bactérie et qui est essentiel pour sa croissance.

Galapagos a sélectionné un premier candidat antibiotique, le CAM-1, pour un développement médical. Il a été testé contre 250 sortes différentes de variantes bactériennes: 100% de ces staphylocoques habituellement résistants aux antibiotiques ont pu être supprimés.

"La sélection du CAM-1 contre le SARM est une étape importante dans notre programme d'antibiotiques." "Combiné avec un test de diagnostic, cet antibiotique pourrait apporter une vraie solution au problème du SARM."
Piet Wigerinck,
chief scientific officer de Galapagos

Le CAM-1 a aussi été testé sur des animaux, et il a montré une plus grande efficacité que les antibiotiques existants.

Galapagos compte lancer, début 2014, les épreuves cliniques avec le CAM-1. Ce nouveau programme appartient totalement à Galapagos.

 

A savoir

La particularité des procédures

Pour ceux qui ont l'habitude de suivre les premiers pas d'un médicament, l’horizon 2014 visé par Galapagos peut sembler précoce. Cela peut susciter des interrogations sur les procédures de développement pour cet antibiotique : diffèrent-elles du processus suivi pour d’autres médicaments ?

«En principale, la procédure réglementaire est identique», nous assure d’emblée, Jan De Kerpel, analyste chez KBC Securities. Pour rappel, les premiers tests sont réalisés sur des animaux afin de démontrer d’abord la sûreté du produit, ensuite son efficacité. «Le communiqué de presse de Galapagos de ce jour indique qu'ils ont entamé la phase préclinique (test animal), qu'ils estiment terminer d’ici la fin de l'année prochaine. Cela leur permettra de passer aux tests humains vers 2014», nous détaille l’analyste de KBC Securities.

Lorsque la sûreté du produit vis-à-vis de l'homme aura été confirmée, Galapagos pourra tester l'efficacité sur un groupe réduit de patients souffrant d'une infection déterminée. Si tout se déroule bien, la phase III, une étude clinique sur un échantillon de patients plus large, sera menée et suivie d'un dossier de soumission et de révision réglementaire auprès des autorités européennes et américaines (FDA).

Rien ne diffère donc par rapport aux procédures suivies pour les autres médicaments.

Toutefois, les «anti-infectieux» présentent des particularités:

  • leur développement peut être plus rapide car les tests cliniques peuvent être raccourcis. «Ces médicaments ne sont donnés que pendant quelques semaines dans le cadre d'un traitement aigu. Cela diffère, par exemple des essais pour les traitements de l'arthrite rhumatoïde ou des cancers, où l'usage porte sur le long terme pour pouvoir mesurer pertinemment les effets», explique Jan De Kerpel.
  • le nombre de patients sur lesquels le médicament est testé peut être beaucoup plus petit dans le cas de l'antibiotique car il est plus simple d'estimer la charge bactérienne ou l'absence de bactérie.
  • si le produit a un effet indiscutable sur certaines bactéries responsables d'énormes troubles médicaux, ce qui pourrait être le cas du médicament de Galapagos, le régulateur peut décider d'organiser une phase accélérée de test/approbation et sauter l'étape de la phase III. «Mais, pour l’heure, nous n’avons aucune indication allant en ce sens», souligne l’analyste.
  • en somme, l'élaboration d'un test rapide et spécifique pour un antibiotique peut accélérer le développement, le recrutement des patients et le processus d'approbation. «Galapagos oeuvre actuellement à la création d'un tel test», conclut Jan De Kerpel, de KBC Securities.

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