GSK et Pfizer regroupent leur activité "santé grand public"

©REUTERS

GSK va contrôler l'unité "santé grand public" de Pfizer, via une coentreprise. Cette opération ouvre la voie à la scission en deux du Britannique.

Rapprochement dans le secteur pharma. GSK et Pfizer annoncent combiner leurs activités "santé grand public". Celles-ci seront réunies dans une joint-venture détenue à 68% par GSK et pesant 13 milliards de dollars de chiffre d'affaires.

En échange, Pfizer recevra 32% des parts de la coentreprise dont les comptes resteront intégrés à ceux de GSK. Le titre du Britannique grimpait de 7% à la Bourse de Londres.

Qu'entend-on par "santé grand public"?

Chez GSK, ces activités comprennent les traitements anti-inflammatoires Voltaren, l'anti-douleur au paracétamol Panadol ou encore les dentifrices Sensodyne.
Chez Pfizer, elles comptent l'anti-douleur à l'ibuprofène Advil ou les traitements aux vitamines Centrum et Caltrate. Le traitement vedette contre les troubles de l'érection Viagra n'est en revanche pas concerné et restera chez Pfizer, a précisé un porte-parole de GSK.

Ce rapprochement, prévu pour le second semestre 2019, ouvre par ailleurs la voie à une future scission de GSK en 2 entités: les vaccins et les médicaments sur prescription d'un côté, et les produits en vente libre de l'autre.

Pfizer après Novartis

L'annonce semblait donc bien accueillie dans le marché. "Nous considérons cette étape comme une preuve supplémentaire de focus de GSK sur la recherche et le développement pharmaceutique. Nous pensons que le séparation du groupe fournira une opportunité pour créer une valeur supplémentaire pour les entités", déclarent des analystes de Shore Capital.

GSK rendu public cette opération majeure quelques mois après avoir pris le contrôle total d'une précédente coentreprise dans les produits de "santé grand public" créée en 2015 avec le géant suisse Novartis. En juin, GSK a en effet racheté à Novartis les 36,5% des parts que le groupe suisse détenait dans cette joint-venture pour 13 milliards de dollars. 

"Il y a 18 mois, j'ai fixé des priorités claires et un mécanisme d'allocation de capitaux destiné à améliorer notre performance à long terme et à doper notre capacité à développer des médicaments novateurs", a rappelé la directrice générale de GSK, Emma Walmsley, qui a pris la tête de GSK au début 2017 après en avoir dirigé, justement, les activités de produits de santé grand public. "La transaction annoncée aujourd'hui constitue une opportunité unique d'accélérer ce travail."

Parmi ses axes de développements figure:

  • l'oncologie, qui va s'enrichir du rachat annoncé début décembre du laboratoire américain Tesaro pour 5,1 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros)
  • la cession d'actifs dans la nutrition en Asie, notamment la boisson Horlicks, au géant Unilever pour 3,3 milliards d'euros.

Pfizer s'est félicité du fait que cette nouvelle joint-venture serait "la plus grande entreprise mondiale de santé grand public", avec des activités allant de l'anti-douleur aux vitamines en passant par les traitements des troubles digestifs et cosmétiques. 

D'après des données du cabinet Euromonitor, l'activité de produit de santé grand public de GSK est déjà première au monde en terme de parts de marché (3,4%), juste devant celles de l'américain Johnson & Johnson (3,3%), de l'allemand Bayer (3,1%) et du français Sanofi (2,8%). Celle de Pfizer est cinquième (2,4%). Renforcée par cette dernière, la coentreprise de GSK sera de loin leader mondial d'un marché estimé à 255 milliards de dollars.

Cette vaste opération pourrait bien constituer la dernière décision marquante annoncée par le PDG de Pfizer, Ian Read, qui sera remplacé le 1er janvier par Albert Bourla, actuel directeur des opérations du groupe. 

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