GSK sabre discrètement dans ses effectifs de cadres

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Le personnel du pôle belge de GSK s’inquiète de la suppression de postes de cadres supérieurs dans certains départements. Le mutisme de la direction alimente les rumeurs alarmistes.

Depuis un an et demi, un enchaînement de réorganisations à petite échelle opérées dans différents départements lève un vent d’inquiétude de plus en plus prégnant dans les bureaux et les laboratoires de GSK Vaccines à Wavre et à Rixensart.

Ces réajustements d’effectifs entraînent des suppressions de postes très ciblées, qui touchent pour l’essentiel des fonctions de cadres supérieurs et de directeurs. Un contexte de nature à attiser les tensions internes et à alimenter les rumeurs de nouveau plan social. Certains évoquent même la suppression potentielle de 1.000 emplois (sur un total de 9.300).

"Notre sentiment, c’est que la direction essaie d’éviter d’en arriver à une procédure Renault en procédant par étapes."
Un syndicaliste

Du côté des syndicats, on écarte à ce stade le scénario du pire. Les représentants du personnel que nous avons contactés jugent très improbable une procédure Renault, à moyen terme en tout cas.

"Notre sentiment, c’est que la direction essaie d’éviter d’en arriver à une procédure Renault en procédant par étapes", résume un syndicaliste.

Deux éléments peuvent expliquer ces suppressions de postes très ciblées. La plus évidente, c’est l’aboutissement du processus d’intégration des activités vaccins de Novartis, reprises en 2015 dans le cadre d’un vaste échange d’actifs entre GSK et son homologue suisse.

L’intégration de Novartis Vaccins

Paradoxalement, cette intégration, qui avait entraîné dans un premier temps la suppression de 170 postes de cadres, a nécessité par la suite l’engagement de cadres supplémentaires.

3.600
La mise à niveau rendue nécessaire par l’intégration des vaccins de Novartis a fait passer en cinq ans le nombre de cadres de 3.000 à 3.600.

Certains d’entre eux deviennent progressivement excédentaires. "Sur les cinq dernières années, le nombre de cadres est passé de 3.000 à 3.600. Avec la venue de Novartis Vaccins, il fallait une mise à niveau. Celle-ci est à présent terminée", explique un représentant du personnel.

Cela explique que l’écrémage discret opéré depuis quelques mois touche essentiellement des managers de haut rang. En interne, certains envisagent ainsi un "repositionnement des forces sur certains vaccins". Qui pourrait contraindre des cadres à quitter l’entreprise faute de disposer des compétences requises pour assumer d’autres fonctions.

S’ajoute à cela la nécessité, pour GSK Vaccines, d’accélérer le processus de robotisation de certaines activités, un domaine dans lequel le pôle belge du géant pharmaceutique a pris plusieurs années de retard par rapport aux autres pays. La division des emballages, notamment, fait office de cible privilégiée.

Le programme de robotisation activé par la direction aura immanquablement un impact social sur le personnel ouvrier.

Mais qui dit robotisation dit suppression de postes opérationnels. Du côté des syndicats, on n’est pas dupe: le programme de robotisation activé par la direction aura immanquablement un impact social sur le personnel ouvrier, qui exerce des activités facilement "robotisables".

Autant d’éléments qui font craindre que les réorganisations, cantonnées jusqu’ici aux postes de directeurs et de cadres supérieurs, descendent petit à petit les étages de la hiérarchie jusqu’aux cadres moyens puis au personnel de base.

Les incertitudes sociales qui pèsent actuellement sur GSK Vaccines ne sont en tout cas pas de nature à favoriser un climat social serein.

Un nouveau CEO toujours muet

"L’ambiance de travail en interne n’est pas très bonne. Nous avons l’impression que la direction nous ment, ou en tout cas qu’elle ne nous dit pas toute la vérité", dit un délégué.

Elle n’est en tout cas guère bavarde hors de ses murs. Interrogée par nos soins, elle se borne à un communiqué pour le moins laconique.

"Comme cela est le cas dans bon nombre de grandes entreprises, la rotation des employés et des cadres dirigeants est un phénomène courant."
Direction de GSK

"Comme cela est le cas dans bon nombre de grandes entreprises, la rotation des employés et des cadres dirigeants est un phénomène courant. Par respect pour les personnes, nous ne commenterons pas les cas individuels qui pourraient être concernés", consent-elle à déclarer. Préférant "privilégier pour l’instant les discussions en interne".

Ce qui est sûr, c’est que le mutisme persistant du nouveau CEO de GSK Vaccines, entré en fonction il y a un an et demi, ne fait rien pour rassurer le personnel.

Le Britannique Roger Connor, ex-patron de la production du groupe GSK, avait annoncé, peu après son entrée en fonction, qu’il ferait une communication au personnel en mars 2019. Celle-ci a ensuite été reportée à juin, puis à septembre. Avant d’être une nouvelle fois reculée jusqu’au premier trimestre 2020.

Inutile de dire que de tels atermoiements ne sont pas de nature à apaiser les craintes en interne. "Pendant ce temps, trois ou quatre postes disparaissent de temps à autre ici et là", dit un délégué.

Côté syndical, on s’attend, sans certitude toutefois, à un scénario de départs volontaires qui ne devrait pas dépasser les 300 unités. Dans un tel cas de figure, les travailleurs, majoritairement ouvriers, engagés sous contrat à durée déterminée, qui représentent plus de 10% du personnel, constitueraient une cible facile.

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