I-care, le Dr House des machines industrielles, à la conquête du monde

Fabrice Brion a fondé I-Care au sortir de ses études. ©Tim Dirven

La machine des acquisitions tourne à plein régime pour le montois I-care. La croissance du spécialiste de la maintenance prédictive pourrait désormais atteindre les 50% d'ici 2025.

Quand il doit présenter son entreprise, Fabrice Brion fait souvent appel à une analogie, tant elle est efficace. "Un peu comme vous vous rendez chez le médecin quand vous êtes malade pour savoir ce que vous avez, les capteurs que nous développons ici à Mons nous permettent de mesurer à distance l'état de santé des machines industrielles, sur la base de vibrations, d'ultrasons, de dégagements de chaleur…", explique le patron et fondateur d'I-care.

Objectif? "Déterminer à quel moment une défaillance pourrait survenir." Mais sans jamais opérer ou soigner pour autant. Car "on n'est pas chirurgien", précise Fabrice Brion. "Comme le docteur House (du nom du brillant médecin de fiction de la série éponyme, NDLR), nous, notre métier, c'est le diagnostic."

"Comme le docteur House, nous, notre métier, c'est le diagnostic. Mais des machines industrielles."
Fabrice Brion
CEO d'I-care

Bienvenue dans le monde de la "maintenance prédictive" – agrémenté d'une couche d'intelligence artificielle. Ce créneau, la société montoise en a fait son fer de lance depuis sa naissance en 2004. Après tout, le marché à conquérir était énorme… et en pleins balbutiements à l'époque.

Aujourd'hui, près de deux décennies plus tard, grâce aux efforts portés par l'intéressé et son associé (et ami d'enfance) Arnaud Stievenart, globalement 67 milliards d'euros d'équipements sont sous surveillance de la société hennuyère. Et ce, dans des secteurs aussi divers que l'industrie lourde, la pharma, l'agro-alimentaire, la chimie ou encore l'énergie.

Présent dans 12 pays, I-care emploie 450 personnes de par le monde (dont 280 en Belgique), en ce compris aux États-Unis, en Corée du Sud, en Australie et, depuis peu, au Royaume-Uni. L'an dernier, le groupe a bouclé l'exercice sur un chiffre d'affaires proche des 40 millions d'euros (en croissance de 35%), pour un résultat d’exploitation de 2,3 millions.

En phase ascendante

Mais l'ingénieur industriel (Isic) de formation n'a pas assouvi sa faim pour autant. Si son partenaire a quitté l'opérationnel au vu de la stature prise par le vaisseau amiral – bien qu'il continue à siéger au conseil – Fabrice Brion, lui, voit grand pour I-care qu'il a fondé au sortir de ses études en s'appuyant sur les conclusions de son mémoire.

D'ici 2025, le patron entend même atteindre les 100 millions de chiffre d'affaires. Un scénario "prudent", à l'en croire, puisque celui-ci s'appuie sur une croissance de l'ordre de 25% par an, là où l'entreprise vogue aujourd'hui à un rythme de croisière supérieur.

100
millions d'euros
D'ici 2025, le patron entend dépasser les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre près de 40 millions aujourd'hui.

La stratégie de croissance externe lancée en 2018 y est évidemment pour quelque chose. Fort de 7,5 millions d'euros levés auprès de la SRIW et de l'IMBC, I-care reprenait la même année son principal concurrent flamand ARG Europe (125 personnes), avant de remettre le couvert peu après avec le rachat du spécialiste gembloutois de la calibration et des mesures industrielles Mecotec (35 personnes), puis, plus récemment, de Dutch World-class Maintenance Group (DWMG) aux Pays-Bas.

Momentum

L'entreprise a en effet choisi de manger plutôt que d'être mangée. Et ce, à un moment charnière de l'évolution de son domaine d'activité. "En effet, de nombreux pionniers du secteur atteignent aujourd'hui un certain âge", souligne Fabrice Brion. "Ils n'ont donc pas toujours consenti les investissements nécessaires pour amener leur business dans l'ère du digital, ce qui est pourtant devenu essentiel aujourd'hui, notamment en lien avec la crise du coronavirus."

"De nombreux pionniers atteignent un certain âge. Ils n'ont pas toujours consenti les investissements nécessaires dans le digital".
Fabrice Brion

Ce contexte constitue une aubaine pour I-care, qui pourrait capitaliser à l'avenir sur ces acteurs, en leur appliquant son modèle de plateforme numérique. Et en ce sens, ce qui intéresse la société montoise, ce n'est pas tant la taille des cibles, mais bien le portefeuille de clients qu'elles détiennent et la complémentarité des savoir-faire. L'idée, lors d'un rachat, est bien souvent de pouvoir accéder à des marchés ou des acteurs que le petit champion de la cité du Doudou n'aurait pu – ou, alors, que très/trop difficilement - aller conquérir seul.

Il va d'ailleurs de soi qu'"un nouveau financement externe, significatif, ferait sens pour les années à venir. Voire même, pourquoi pas, une entrée en bourse (IPO, ndlr) à moyen terme", indique le CEO.

D'ici là, les projets ne manqueront pas pour celui qui tire son inspiration des Steve Jobs (Apple), Elon Musk (Tesla, SpaceX) et autres Richard Branson (Virgin) de ce monde, bien que son ambition soit "d'essayer d'innover à chaque fois, plutôt que de copier qui que ce soit". Ce qui "nécessite de se réinventer constamment", sans oublier de rester réaliste. Et pour cause: "Pour terminer premier, il faut premièrement terminer", conclut en citant Enzo Ferrari celui qui est aussi un grand passionné de Formule 1.

L'Entreprise de l'Année

Cette année la 25e édition du prix prestigieux de "L’Entreprise de l’Année® ", organisée par EY en collaboration avec L’Echo et BNP Paribas Fortis, aura lieu, pour la première fois, virtuellement, le lundi 7 décembre 2020 à 17h30. Le Premier ministre Alexander De Croo remettra le trophée au gagnant lors de la cérémonie de remise de prix. Le prix "Scale-up de l’Année" sera remis le même jour par David Clarinval, ministre des PME et des indépendants. La cérémonie aura lieu en direct le lundi 7 décembre 2020 à 17h30 sur www.entreprisedelannee.be.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés