IBA signe un accord de licence stratégique à 100 millions en Chine

Pour Olivier Legrain, le CEO d'IBA, ce contrat permet de traverser la crise "encore plus sereinement". ©BELGAIMAGE

Le spécialiste belge de la protonthérapie IBA choisit le jour de la publication de ses résultats semestriels pour annoncer la conclusion d’un accord d’octroi de licence en Chine d’une valeur de plus de 100 millions d'euros.

Sur fond de résultats semestriels grevés par la crise du Covid-19, le spécialiste belge de la protonthérapie a annoncé ce mercredi la conclusion d'un accord titanesque avec la Chine.

En l'espèce, le contrat concerne l'octroi de licence stratégique avec la firme chinoise CGN Nuclear Technology Development (CGNNT) et sa filiale CGN Dasheng pour un montant dépassant les 100 millions d'euros. Concrètement, cet accord donne les droits exclusifs sur la technologie Proteus PLUS d’IBA en Chine à la société basée à Shenzhen.

IBA annonce que le contrat suppose un paiement immédiat de 20 millions d'euros suivi de versements étalés sur les quatre années à suivre. "En plus de ce montant, le contrat prévoit un flux important de revenus liés à des redevances annuelles sur les ventes futures", précise la société cotée dans un communiqué.

"C'est la première fois que nous octroyons une licence de nos technologies et je dois dire que recevoir 100 millions en échange, c'est plutôt significatif!"
Olivier Legrain
CEO d'IBA

"C'est la première fois que nous octroyons une licence de nos technologies et je dois dire que recevoir 100 millions en échange, c'est plutôt significatif!", s'est réjoui Olivier Legrain, le CEO de la société belge.

©Mediafin

La Chine, marché clé pour IBA

Fruit de cinq longues années travail, le contrat sécurisé par IBA permet de répondre à un besoin stratégique du marché chinois. En effet, cadenassé par le gouvernement de Pékin, le marché de la protonthérapie attendait l'émergence d'un producteur local pour se développer. Grâce à la technologie IBA, c'est donc CGNNT qui s'empare du Graal et s'ouvre les portes du marché tant convoité.

"Libérer le potentiel du marché chinois concernant la protonthérapie nécessitait l'émergence d'un producteur chinois."
Olivier Legrain
CEO d'IBA

"Libérer le potentiel du marché chinois concernant la protonthérapie nécessitait l'émergence d'un producteur chinois", explique Olivier Legrain. "Pour nous, il était essentiel de trouver un partenaire crédible et susceptible d'intégrer beaucoup de contenu technologique IBA à son produit. Avec CGNNT, c'est désormais chose faite", ajoute-t-il.

Par ce contrat, IBA s'offre ainsi une place de rêve dans la conquête des hôpitaux chinois, d'autant plus qu'en Chine, c'est l'Etat qui limite le marché en contrôlant l'octroi des licences. Dans le pays le plus peuplé au monde, le potentiel de déploiement d'un tel produit est donc énorme et notons qu'à chaque machine installée, IBA touchera des royalties.

Timing parfait

"Nous aurions de toute façon traversé la crise sans ce contrat mais cela a ajouté considérablement à notre sérénité."
Olivier Legrain
CEO d'IBA

S'il n'était pas prévu que l'annonce du deal tombe en parallèle de la publication des résultats semestriels, le timing, au vu de la concordance avec la crise du coronavirus, n'en demeure pas moins idéal. "Ce contrat témoigne d'une opportunité significative en ces temps d'incertitude. Nous aurions de toute façon traversé la crise sans ce contrat mais cela a ajouté considérablement à notre sérénité", souligne d'ailleurs Olivier Legrain.

Il est vrai que la crise aura pesé sur les comptes d'IBA au premier trimestre. Aussi, le chiffre d'affaires est en recul de 14,3 % par rapport à l'an dernier à 109,7 millions d'euros. Une diminution que la société attribue inévitablement à la crise sanitaire et aux retards matériels en découlant.

Du reste, l'entreprise souligne que "le carnet de commandes en équipements et services reste plus élevé que jamais avec une valeur de 1,1 milliard d'euros". Naturellement, les revenus y étant liés sont étalés dans le temps mais ce constat aura permis à IBA d'aborder la crise relativement sereinement.

12 millions €
IBA affiche une perte de 12 millions d'euros sur le premier semestre 2020.

Au total, le groupe affiche une perte nette sur la période de près de 12 millions d'euros, contre 5,3 millions au premier semestre 2019, mais peut se targuer de présenter une position de trésorerie nette confortable et en passe d'être améliorée de 100 millions d'euros suite à l'accord chinois.

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