IBA sort la tête de l'eau

Pour son CEO Olivier Legrain, IBA est à nouveau sur les rails ©BELGA

Le leader mondial de la protonthérapie confirme le redressement amorcé au printemps 2018. Sur l'ensemble de l'année, le résultat d'exploitation revient dans le vert, une tendance qui devrait se confirmer cette année.

Après une année 2017 à oublier, IBA repart de l'avant. Le numéro un mondial de la protonthérapie, une technique consistant à injecter des protons en les accélérant directement sur les cellules cancéreuses, a pu ramener son résultat d'exploitation récurrent (Rebit) dans le vert. Certes, 885.000 euros, ce n'est pas Byzance, mais cela fait du bien après la perte opérationnelle de 17,3 millions subie en 2017. "Et notre excédent brut d'exploitation (Ebitda) récurrent revient à un niveau tout à fait honorable", souligne Olivier Legrain, le patron d'IBA. Il atteint en effet 7,78 millions d'euros, contre -11,5 millions l'année précédente.

L'objectif de renouer avec un bénéfice n'a par contre pas pu être atteint. Le résultat net reste en effet dans le rouge. Mais IBA limite la casse, avec une perte nette de 4,4 millions d'euros, une paille face à la dégelée de 39,2 millions essuyée en 2017. Les raisons de ce nouveau (léger) dérapage: l'impact négatif des taux de change et le fait que seuls trois des sept contrats de protonthérapie signés en 2018 ont commencé à générer des revenus.

La montée en puissance des services

Le chiffre d'affaires, qui plafonne à 208,4 millions d'euros, fait pâle figure à côté des 236,5 millions réalisés en 2017. La faute à un marché de la protonthérapie léthargique, qu'IBA a compensé en partie en développant les activités de services en protonthérapie, en croissance à deux chiffres.

"Aujourd'hui, les services constituent notre premier pôle d'activité puisqu'il représentent 50 % de notre chiffre d'affaires. D'ici 2022, ce segment devrait peser plus de 100 millions d'euros", souligne Soumya Chandramouli, directrice financière d'IBA.

Logique: à ce jour, l'entreprise a vendu 50 systèmes de protonthérapie, dont 29 étaient opérationnels en décembre 2018 - six de plus qu'un an plus tôt. Les autres suivront dans les deux ou trois ans. "Nous prévoyons, pour la période 2019-2020, un accroissement de 32 % du nombre de centres de protonthérapie opérationnels par rapport à 2018 et une croissance de 35 % les deux années suivantes", dit Olivier Legrain.

Historiquement très dépendante des ventes de systèmes de protonthérapie, la société néo-louvaniste s'affranchit donc petit à petit d'une activité très liée aux aléas de la conjoncture. C'est ainsi qu'en 2018, IBA n'a vendu que sept systèmes de protonthérapie à salle unique Proteus One. Un cru plutôt faiblard après deux années (2015 et 2016) exceptionnelles, qui ne l'a pas empêchée de s'arroger malgré tout une part de marché de 58 %.

Pourparlers pour la Dosimétrie

A noter que la division Dosimétrie - les appareils de mesure des radiations reçues par les patients - a été inscrite dans la rubrique des "actifs retenus pour la vente". "Cela indique clairement que le scénario le plus probable pour cette division est qu'elle sortira du périmètre", explique Olivier Legrain.

Certes, toutes les options restent ouvertes à ce stade (vente, fusion, introduction en Bourse, maintien au sein du groupe). Mais le scénario le plus probable est donc une mise en vente. Des pourparlers sont en cours avec différents interlocuteurs. IBA devrait informer le marché du développement de ces discussions au cours du deuxième trimestre 2019.

Si acheteur il y a, les responsables d'IBA insistent sur le fait qu'ils ne vendront pas un chat dans un sac. La division Dosimétrie a engrangé l'an dernier un bénéfice net de 3,2 millions d'euros (+29 %). Et avec elle, le résultat d'exploitation récurrent aurait atteint 5,4 millions d'euros.

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