IBA trébuche une 4e fois, sa crédibilité est ébranlée

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IBA a lancé son quatrième avertissement sur résultats en sept mois. L'action chutait de 20% en matinée alors que la crédibilité de la société est sérieusement ébranlée.

Est-il possible de plus mal commencer l’année pour une société cotée qu’en émettant un "profit warning" et en voyant sa valeur fondre de 20% en Bourse en l’espace d’une heure ?

Bien entendu, cela peut arriver à toutes les entreprises de devoir réviser à la baisse leurs estimations de résultats. Mais chez IBA , c’est presque devenu une manie honteuse: quatre avertissements sur résultats en sept mois! Qui dit mieux ? Qui pour détrôner ce champion national de la déception à répétition?

Pas vraiment une surprise

Ce quatrième avertissement n’est, toutefois, pas une surprise en soi, notent certains analystes financiers. Pour atteindre ses objectifs de 2017 – une croissance de 5 à 10% des revenus et une marge Rebit de 0 à 5% - IBA devait finaliser cinq contrats en cours de négociation. Hors comme aucune annonce n’a été faite en ce sens ces derniers mois, hormis celle ce matin d’un contrat de 10 à 15 millions d’euros en Argentine, le défi semblait déjà bel et bien perdu.

Forte d’un carnet de commandes stable et de la finalisation en cours de ces fameux contrats, IBA affirme qu’elle reviendra à un Rebit et à un profit net après impôts positifs en 2018. Pour 2017, c’est râpé: le Rebit sera dans le rouge.

Quelle crédibilité encore?

Mais le mal est fait. "Ce quatrième profit warning en moins d’un an efface toute la crédibilité restante dans les capacités de communication de la direction et pose plus de questions sur la position concurrentielle de l’entreprise et sur le ralentissement du marché" estime Giel-Jan Triest. L’analyste d’ING a décidé de revoir sa recommandation (conserver) et son objectif de cours (34,5 euros) à la lumière de ces derniers développements.

 

Lenny Van Steenhuyse de KBC Securities juge, pour sa part, que cette annonce sera probablement vue par le marché comme un nouveau coup pour la crédibilité de la société. Il reste toutefois à "conserver" sur la valeur mais réduit son objectif de cours à 23 euros contre 26 euros avant.

Guidance suspendue

Mais la sanction la plus dure est venue de l’analyste de Degroof Petercam. Pour Ricky Bhajun, si les délais dans la signature des contrats concerne essentiellement 2017, il faudra voir dans quelle mesure ils n’auront pas aussi une influence sur 2018. Il a décidé de déjà abaisser ses estimations de croissance des revenus pour 2018 et au-delà pour intégrer les incertitudes plus élevées. Son objectif de cours passe de 23,3 euros à 14,9 euros et sa recommandation est désormais à "réduire " contre "conserver" avant.

Il semble qu’IBA ait tiré au moins une leçon de ces "profit warnings" à répétition. Elle a décidé d’interrompre jusqu’à nouvel ordre la déclaration de toutes autres prévisions financières.

Suite de ce mauvais feuilleton le 22 mars avec la publication des résultats annuels.

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