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iTeos signe le plus gros accord de l'histoire des sciences du vivant en Wallonie

iTeos est cotée sur le Nasdaq depuis juillet 2020. ©Kristof Vadino

Un traitement d'iTeos contre le cancer a séduit le géant GSK, qui pourrait verser jusqu'à 2 milliards de dollars à la biotech carolo. C'est le plus important accord de l'histoire des sciences du vivant en Wallonie.

Deux milliards de dollars: c'est le montant colossal que pourrait toucher au total la société carolo spécialisée en immuno-oncologie iTeos Therapeutics qui a annoncé ce lundi un partenariat majeur avec le géant pharmaceutique GSK. Cotée sur le Nasdaq depuis un peu moins d’un an, l'entreprise du BioPark de Gosselies, qui dispose également d'un site aux États-Unis, a conclu un accord de collaboration avec le groupe britannique pour le développement et la commercialisation de son traitement EOS-448, actuellement en phase I d'étude clinique contre plusieurs types de cancers avancés.

L'EOS-448 fait partie d'une nouvelle classe d'immunothérapies très prometteuses connues sous l'acronyme TIGIT.

ITeos recevra un premier paiement de 625 millions de dollars de GSK. Si le programme EOS-448 atteint certaines étapes de développement et commerciales, iTeos sera éligible pour recevoir jusqu'à 1,45 milliard de dollars supplémentaires en paiements d'étape potentiels. Dans le cadre de la collaboration, GSK et iTeos partageront la responsabilité et les coûts du développement mondial du traitement, GSK contribuant à 60% et iTeos à hauteur de 40 %. Ils commercialiseront conjointement et partageront à parts égales les bénéfices aux États-Unis. En dehors des États-Unis, GSK recevra une licence exclusive de commercialisation et iTeos percevra des redevances échelonnées à deux chiffres.

Un anticorps monoclonal

L'EOS-448 est un anticorps monoclonal qui cible un antigène spécifique, visant à la fois des cancers solides avancés et des tumeurs malignes hématologiques. Il fait partie d'une nouvelle classe d'immunothérapies très prometteuses, connues sous l'acronyme Tigit. Selon les spécialistes, le mécanisme Tigit sera le prochain traitement de référence en immuno-oncologie, après le traitement Keytruda de Merck. La biotech Genentech (rachetée en 2009 par Roche) a montré au début 2020 des résultats très positifs avec le Tigit en phase 2 randomisée. Elle possède donc une longueur d'avance sur une dizaine de concurrents, dont iTeos. Pour sa part, l'anticorps EOS-448 de la biotech wallonne a montré un profil de tolérance favorable et des signes précoces d'activité clinique dans les cancers avancés avec une réponse partielle confirmée et neuf maladies stables sur vingt patients.

"iTeos a désormais accès aux meilleures ressources de GSK, ce qui nous fournira un avantage significatif sur un marché mondial hautement concurrentiel."
Michel Detheux
CEO d'iTeos Therapeutics

"Grâce à cette collaboration transformatrice, iTeos a désormais accès aux meilleures ressources de GSK, ce qui nous fournira un avantage significatif sur un marché mondial hautement concurrentiel", s'est réjoui Michel Detheux, le CEO d'iTeos, cité dans un communiqué. "Nous avons choisi GSK en raison de ses capacités commerciales, de son expérience en immunooncologie et de son engagement à investir dans l'avancement rapide de notre programme TIGIT et à créer une voie claire pour EOS-448".

Dans le top 5 des accords mondiaux

S'il va à son terme comme prévu, le partenariat d'iTeos avec GSK sera le plus important de l'histoire de la biotechnologie en Wallonie. Il s'agit d'un accord historique également au niveau mondial, dans la mesure où il se situe dans le top 5 des accords réalisés dans le domaine de l’oncologie pour un programme à un stade précoce de développement clinique.

"Les paiements additionnels sont très largement supérieurs pour ce qui concerne iTeos."
Philippe Degive
Responsable des investissements dans les sciences de la vie à la SRIW.

En 2017, le géant japonais de la pharmacie Astellas Pharma avait repris pour 800 millions d'euros la société wallonne Ogeda (ex-Euroscreen), qui avait développé le Fezolinetant, un traitement contre les effets néfastes de la ménopause. Astellas avait versé un montant initial de 500 millions d'euros, les 300 millions d'euros restants devant être payés en fonction du développement du  Fezolinetant, actuellement en phase 3 d'étude clinique aux États-Unis. "Les paiements initiaux étaient donc assez comparables" observe Philippe Degive, responsable des investissements dans les sciences de la vie à la SRIW. "Mais les paiements additionnels sont très largement supérieurs pour ce qui concerne iTeos. Cela s'explique par le fait que l'indication, le cancer, peut justifier des prix plus élevés. Autre différence: l'accord d'iTeos se situe plus en amont, avec un produit moins dérisqué".

19
dollars
Lors de son IPO sur le Nasdaq, le prix de l'action iTeos avait été fixé à 19 dollars.

Un deuxième programme

iTeos a par ailleurs un deuxième programme anti-cancer en développement, dont les essais sont même plus avancés: cette petite molécule, appelée EOS-850, fait l'objet d'une étude clinique de phase 1/2 avec des patients atteints de différentes tumeurs solides. iTeos a publié récemment des résultats très encourageants à ce sujet. Ce produit, dont les essais se déroulent entre autres dans différents centres en Belgique, est menée en monothérapie, mais également en complément avec un traitement anti-cancer déjà utilisé, le Keytruda de Merck.

Lors de son IPO sur le Nasdaq, le prix de l'action d'iTeos avait été fixé à 19 dollars. Vendredi, il avait clôturé à 20 dollars. Ce lundi, à la mi-journée à New York, le titre se négociait à 27,70 dollars, soit une hausse de 38%.

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