J&J choisit Gand pour sa recherche pour le cancer

Le traitement élaboré par Janssen Pharmaceutica consistera à prélever des globules blancs chez des patients afin de les modifier génétiquement et ensuite s’attaquer spécifiquement à la tumeur. ©© Gary S. Chapman 2019

Janssen Pharmaceutica, filiale du groupe J&J, produira à Zwijnaarde des traitements personnalisés du cancer du sang pour les patients en Europe, et ce, à partir de 2023.

Janssen Pharmaceutica, la filiale du géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson (J&J) , qui détenait déjà chez nous une succursale à Beerse (Campine), y ajoutera bientôt un site prestigieux à Zwijnaarde, près de Gand. 

Dans le courant de cette année, au parc scientifique Tech Lane de l’université de Gand, démarrera la construction du premier site de production de thérapie cellulaire de Janssen Pharmaceutica, où des traitements personnalisés seront produits à partir de 2023 pour les patients souffrant d'un cancer du sang dans toute l’Europe. 

Thérapie CAR-T

Concrètement, il s’agit d’une thérapie CAR-T, une forme d’immunothérapie. Elle consiste à prélever des globules blancs chez des patients afin de les modifier génétiquement pour s’attaquer spécifiquement à la tumeur. Une fois modifiées, ces cellules seront réintroduites dans la circulation sanguine du patient. 

J&J s’investit depuis 2004 dans le traitement des cancers du sang et, en quête d’innovations sur le marché, s’était déjà intéressé il y a quelques années à l’entreprise chinoise Legend Biotech, cotée sur à la bourse technologique américaine Nasdaq. 

"Legend Biotech commercialisera le traitement sur le marché chinois, et Janssen et J&J dans le reste du monde."
Kris Sterkens
CEO de Janssen Pharmaceutica Belgique

"Nous passons constamment le marché en revue", souligne Kris Sterkens, le CEO de Janssen Pharmaceutica dans notre pays. "Ces cinq à sept dernières années, de nombreuses innovations sont sorties de la Chine où nous sommes également très actifs. Legend Biotech présentait une thérapie cellulaire CAR-T candidate très prometteuse pour le traitement du myélome multiple (une forme de cancer où les plasmocytes croissent de manière incontrôlée dans la moelle osseuse, NDLR), un domaine où nous sommes un leader mondial."

Et d'ajouter: "Nous développons donc ensemble le candidat-traitement. Notre partenaire chinois souhaitait collaborer avec nous en raison de notre échelle et de notre force de frappe. Legend Biotech commercialisera le traitement sur le marché chinois, et J&J dans le reste du monde."

Prise de risque

J&J a introduit, à la fin avril, une demande d’approbation de la thérapie cellulaire en question auprès de l’Agence européenne des médicaments (AEM) et s’attend à recevoir son feu vert à la mi-2022. 

"Nous prenons donc un certain risque à démarrer la construction du site dès cette année", reconnaît Kris Sterkens, "mais vu toutes les étapes que nous avons déjà franchies dans le développement du traitement, nous avons très bon espoir qu’il sera approuvé."

"Mais nous ne serons pas les premiers. Le groupe suisse Novartis et l’américain Gilead ont déjà lancé des thérapies cellulaires CAR-T sur le marché européen. Mais pas pour le traitement du myélome multiple. Malgré les progrès enregistrés, la maladie reste incurable pour de nombreux patients, la rechute est donc inévitable après un traitement."

"Le choix de Gand (...) se fonde entre autres sur l’espace disponible, le coût du lieu ainsi que l’écosystème, les talents et l’accessibilité au niveau local."
Kris Sterkens
CEO de Janssen Pharmaceutica Belgique

La Belgique, terreau fertile

La Belgique n’était pas le seul pays à lorgner le prestigieux site de thérapie cellulaire de J&J. "De nombreux pays européens étaient candidats", précise Kris Sterkens. "Nous l’avons obtenu pour plusieurs raisons majeures. En dehors des États-Unis, nous abritons déjà le plus grand site Johnson & Johnson, avec une grande expertise en recherche et développement, mais aussi en production. En outre, la Belgique a développé un écosystème pharmaceutique très fertile, avec du personnel très qualifié et des collaborations solides entre entreprises, universités et pouvoirs publics." 

"Le choix de Gand, pour lequel notre partenaire chinois avait également son mot à dire, se fonde entre autres sur l’espace disponible, le coût du lieu ainsi que l’écosystème, les talents et l’accessibilité au niveau local. Le fait d’avoir décroché un tel dossier est tout simplement fantastique pour nous, mais également pour la Belgique. Nous espérons pouvoir aussi y produire à terme d’autres formes de thérapies cellulaires."

"Nous espérons obtenir des aides publiques. L’examen de ce dossier de subsides est en tout cas en cours."
Kris Sterkens
CEO de Janssen Pharmaceutica Belgique

Un investissement "très élevé"

J&J ne souhaite pas chiffrer le montant de l’investissement à Gand. "Il s’agit d’un investissement très élevé que nous financerons en grande partie avec Legend Biotech", avance tout de même Kris Sterkens. "Par ailleurs, nous espérons obtenir des aides publiques. L’examen de ce dossier de subsides est en tout cas en cours."

J&J se montre tout aussi avare d’informations précises sur les créations d’emplois. "Le nombre sera considérable, mais beaucoup dépendra du succès du traitement médical", fait observer Kris Sterkens. "Nous sommes déjà en train de recruter du personnel." Le site s’étendra sur 26.000 m²

"L’été dernier, nous avons déjà commencé à concevoir le processus de production très complexe. Ainsi, pour le transport des cellules congelées et des traitements depuis et vers le site, nous devrons bientôt faire appel à un transport réfrigéré spécialisé. Pour nous, le développement du site est surtout une belle reconnaissance de notre expertise."

Le résumé

  • Janssen Pharmaceutica, une filiale du groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson (J&J), produira à Gand à partir de 2023 des traitements personnalisés contre le cancer du sang pour les patients dans toute l’Europe. 
  • La construction du site à Zwijnaarde, qui s’étendra sur 26.000 m², démarrera plus tard dans l’année. 
  • Pour le traitement anticancéreux, J&J collabore avec l’entreprise chinoise Legend Biotech. Il s’attend à pouvoir le commercialiser à partir de la mi-2022

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