Janssen doit à son tour interrompre les essais de son vaccin contre le Covid-19

Janssen Pharmaceutica avait lancé le mois dernier la phase 3 d'un test sur quelque 60.000 personnes. L'une d'entre elles a développé une maladie "encore inexpliquée". ©BELGA

Johnson & Johnson, la maison mère de Janssen Pharmaceutica, doit faire le point sur une "maladie inexpliquée" survenue sur un participant aux essais de son vaccin contre le Covid-19.

Après AstraZeneca, c'est au tout du géant Johnson & Johnson de subir un contretemps dans la mise au point de son vaccin contre le Covid-19. Le groupe pharmaceutique américain a annoncé, dans un communiqué publié lundi soir, la suspension de son essai clinique d'un vaccin contre le Covid-19, l'un des participants étant tombé malade. Cette suspension a entraîné la fermeture du système d'inscriptions en ligne pour recruter les participants. Un comité indépendant pour la sécurité des patients a par ailleurs été saisi.

La filiale belge du groupe américain, Janssen Pharmaceutica, a lancé le mois dernier la phase 3 d'un test sur quelque 60.000 personnes réparties dans le monde. Celui-ci faisait suite à une étape préalable qui s'était soldée par un succès auprès de volontaires belges. Le recrutement de volontaires se déroule sur plus de 200 sites aux États-Unis, et dans d'autres pays, principalement en Amérique latine.

60.000
personnes
Janssen Pharma avait lancé le mois dernier la phase 3 d'un test sur quelque 60.000 personnes réparties dans le monde.

Des événements indésirables graves sont "une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d'ampleur", a indiqué Johnson & Johnson. Les protocoles en vigueur dans la compagnie prévoient la suspension d'une étude afin de déterminer si l'événement indésirable grave est lié au médicament évalué et s'il est possible de reprendre l'essai.

Dix essais de phase 3

Le britannique AstraZeneca a été confronté au même problème le mois dernier. Depuis, il a pu reprendre ses recherches en collaboration avec l'Université d'Oxford au Royaume-Uni, ainsi qu'au Brésil et en Afrique du Sud. Il attend toutefois encore le feu vert des États-Unis.

Johnson & Johnson est le dixième groupe dans le monde à conduire des essais de phase 3 contre le Covid-19, et le 4e aux États-Unis. Les autorités américaines lui ont accordé 1,45 milliard de dollars de financement dans le cadre de l'opération de la Maison-Blanche pour produire des vaccins, une initiative appelée "Warp Speed".

Comme pour le virus Ebola

Son candidat vaccin est basé sur une dose unique d'un adénovirus, responsable du rhume, modifié de telle sorte qu'il ne puisse se répliquer et combiné à une partie du coronavirus Sars-CoV-2 appelée protéine de pointe (ou "spike") que celui-ci utilise pour pénétrer dans les cellules humaines.

J&J espère pouvoir publier les résultats de la recherche sur les vaccins à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine.

Le laboratoire avait eu recours à la même technique pour son vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola, dont la commercialisation a été approuvée par la Commission européenne en juillet, ainsi que pour les vaccins contre le HIV, le RSV et le virus Zika . En mai dernier, Johan Van Hoof, directeur mondial de Janssen Vaccins et responsable pour le développement du vaccin contre le Covid-19, nous indiquait que cette plateforme avait déjà été "utilisée sur plus de 60.000 sujets de différents types et cela a toujours été bien toléré, sans donner de signal de sécurité".

J&J espère pouvoir publier les résultats de la recherche sur les vaccins à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine.

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