Jean Stéphenne devient président de Bone Therapeutics

©Lieven Van Assche

Un nouveau défi pour l’ancien patron de GSK Vaccines, qui va quitter la présidence de TiGenix pour reprendre celle de Bone Therapeutics.

C'est un renfort de poids pour Bone Therapeutics: Jean Stéphenne, l’emblématique ex-patron de GSK Vaccines, a été nommé ce mardi, avec effet immédiat, à la présidence du conseil d'administration de la société carolo spécialisée dans la thérapie cellulaire osseuse, cotée sur Euronext Bruxelles et Paris.

Jean Stéphenne, qui succède à Steve Swinson, arrive à un moment clé dans l’histoire de la biotech belge, dont l’un des programmes, ciblant l’ostéonécrose de la hanche, s’approche du terme de son développement.

Considéré comme l’artisan de l’essor mondial de GSK Vaccines (ex-Biologicals), Jean Stéphenne a littéralement entamé une seconde vie depuis son départ au printemps 2012 du géant pharma britannique, en multipliant les investissements et les postes à responsabilité dans la sphère des biotechs et de la chimie en Belgique. Il préside ainsi – entre autres - le conseil d'administration de la société belgo-espagnole TiGenix, en cours de rachat par le groupe pharma japonais Takeda.

A ce poste, il a supervisé le développement clinique et l’autorisation de mise sur le marché du produit de thérapie cellulaire allogénique le plus avancé de la société, destiné au traitement des fistules périanales liées à la maladie de Crohn. Une réalisation directement liée à l’intention de Takeda d’acquérir TiGenix pour un montant de 520 millions d’euros.

Un serial entrepreneur

Ce prochain changement de mains n’est d’ailleurs pas étranger à sa décision d’accepter la présidence de Bone Therapeutics. L’ancien patron de GSK Vaccines, dont tous les investissements se sont toujours avérés pertinents jusqu’ici, estime par ailleurs que les perspectives de l’ex-spin off de l’ULB sont particulièrement prometteuses:

"Je crois à l’approche et à la technologie de Bone Therapeutics. Ce n’est pas un projet à très haut risque. Il n’y a aucune raison de ne pas avoir de modèle économique avec les résultats que la société a aujourd’hui" a-t-il confié à L'Echo.

Jean Stéphenne, qui fut également président de l'Union Wallonne des Entreprises de 1997 à 2000, siège actuellement au conseil d’administration de nombreuses sociétés des sciences de la vie dont TiGenix, Vaxxilon, OncoDNA, CureVac et Bepharbel, dirigée par son fils Vincent. 

Il est par ailleurs président de Nanocyl, la spin off des universités de Namur et Liège spécialisée dans les nanotubes de carbone. Il a auparavant occupé le poste d’administrateur chez Besix Group, BNP Paribas Fortis, GBL et IBA.

A la recherche d’argent frais

Créée en 2006, Bone Therapeutics doit achever cette année le déménagement de ses derniers bureaux bruxellois vers le Biopark de Gosselies (Charleroi), où se situent déjà la plupart de ses installations.

"Jean Stéphenne dispose d’une expérience sans équivalent en développement de médicaments et dans la structuration de sociétés innovantes"
Thomas Lienard
CEO de Bone Therapeutics

La biotech est à la recherche d’argent frais, sa trésorerie lui permettant actuellement de financer ses activités jusque dans le courant du deuxième trimestre 2018. Elle a dû annuler fin 2017 un placement privé auprès des investisseurs institutionnels suite à la défection inopinée du groupe russe Pharmstandard.

Nul doute que l’arrivée de l’ancien patron de GSK facilitera la tâche du management dans sa recherche de capitaux. "Jean Stéphenne dispose d’une expérience sans équivalent en développement de médicaments et dans la structuration de sociétés innovantes des sciences de la vie, secteur au sein duquel il dispose d’une grande renommée" s’est réjoui à cet égard Thomas Lienard, le Directeur général de Bone Therapeutics.

"Nous sommes ravis de pouvoir accueillir un Président d’un tel calibre dont la présence atteste du potentiel de notre plateforme unique de thérapie cellulaire osseuse" a-t-il ajouté. 

Si le produit autologue (Preob) pour l’ostéonécrose de la hanche est le plus près du marché, il reste réservé à une maladie orpheline. C’est donc le produit allogénique (Allob) - créé sur base de moelle osseuse d'un donneur sain – qui représente les espoirs les plus importants de Bone. Le produit, qui est en étude de phase II dans le traitement des fractures avec retard de consolidation et dans la fusion vertébrale, est en effet beaucoup plus intéressant d'un point de vue de la commercialisation et de l'industrialisation.

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