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Kitozyme lance une spin-off dédiée aux maladies intestinales

François Blondel a bien conscience que "sa" Kitozyme semble jouer le rôle d'un incubateur, mais l'assume: créer une spin-off permet d'accélérer son développement. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

La biotech détache une deuxième branche de son périmètre pour lui donner le maximum de chances: l'activité dans les maladies intestinales se poursuivra en solo.

Cela devient un véritable style de management chez Kitozyme: la biotech wallonne active dans la santé, l'œnologie et l'alimentaire, lance une deuxième spin-off. Baptisée BioKuris, elle sera spécialisée dans la recherche et le développement de traitements pour les maladies intestinales. Auparavant, Kitozyme avait déjà sorti de son périmètre son activité dans le traitement de l'arthrose du genou, pour créer la société Kiomed Pharma en 2014.

"Comme avec Kiomed, nous pourrions poursuivre les recherches sur les maladies intestinales chez Kitozyme, explique le CEO de celle-ci François Blondel. Mais d'expérience, je sais combien il est délicat de gérer des domaines aussi différents au sein d'une structure de la taille de Kitozyme. En autonomisant Kiomed et en lui donnant une structure, une équipe de direction et des actionnaires propres, nous lui avons permis de fortement accélérer son développement. C'est ce que nous voulons également faire avec BioKuris." Une stratégie qui confère en somme à Kitozyme le rôle d'un incubateur spécialisé...

Premiers essais encourageants

La nouvelle entreprise entend s'attaquer à trois familles de maladies gastro-intestinales: le syndrome de l'intestin irritable, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique,...) et la candidose vaginale. En y allant par étapes et en commençant par la première. Au sein de Kitozyme, l'équipe a déjà travaillé dans cette direction ces quatre dernières années, avec de premiers résultats précliniques encourageants: validés et reproductibles, ils ont permis d'établir ce qu'on appelle dans le jargon "la preuve du concept".

La série d'essais effectués sur des animaux a montré que la molécule testée permet de capter et d'éliminer par voie naturelle l'aluminium présent malheureusement de plus en plus dans l'intestin. "Globalement, elle a permis de réduire de plus de 50% la douleur associée, alors que les remèdes actuellement sur le marché pour ce type de maladie chez les humains n'obtiennent qu'un taux de 10%", explique François Blondel.

"Nos fibres ont démontré leur capacité à réguler des inflammations au niveau intestinal avec douleurs viscérales."
François Blondel
CEO de Kitozyme, co-fondateur de BioKuris

Comme pour les précédents développements du groupe, la spin-off de Kitozyme a basé ses recherches sur le chitosane végétal, une molécule synthétisée au départ de champignons et que l'entreprise est à ce jour la seule au monde à produire industriellement. "Nos fibres ont démontré leur capacité à réguler des inflammations au niveau intestinal avec douleurs viscérales, poursuit l'entrepreneur. Nous allons entamer à présent des études cliniques, en partenariat avec l'Université de Lille et l'Université de Liège." Le professeur en gastroentérologie Pierre Desreumaux, actif notamment au Centre hospitalier universitaire de Lille et professeur à l'Institut universitaire de France, collabore activement au projet et siégera au conseil d'administration de BioKuris. À Liège, c'est le professeur Edouard Louis qui pilote le partenariat avec la jeune biotech.

Objectif 2025

Concrètement, Kitozyme va faire apport à BioKuris de la propriété intellectuelle et des licences à long terme sur tout ce qu'elle a déjà développé en ce domaine. Une opération estimée à un peu plus de 7 millions d'euros. Puis, dans un deuxième temps, la nouvelle biotech va lever des fonds. Ses fondateurs évaluent ses besoins de cash entre 4 et 6 millions d'euros, en vue d'aboutir à un traitement commercialisable d'ici 2025 si tout se passe bien. À noter que les actionnaires présents à la création de l'entreprise le 7 juin dernier étaient Kitozyme elle-même, François Blondel via sa société Innode et le professeur Desreumaux via sa société Cemavi.

4 à 6
millions d'euros
La nouvelle biotech entend lever entre 4 et 6 millions d'euros d'ici la fin de l'année.

"Nous pourrions récolter la somme nécessaire auprès de quelques actionnaires et investisseurs que nous avons déjà identifiés, précise François Blondel, mais nous envisageons d'ouvrir la possibilité d'y participer à d'autres investisseurs. Cette question n'est pas encore tranchée."

"Nous pourrions récolter la somme nécessaire auprès de quelques actionnaires et investisseurs que nous avons déjà identifiés, précise François Blondel, mais nous envisageons d'ouvrir la possibilité d'y participer à d'autres investisseurs."
François Blondel

Il faudra se décider rapidement, toutefois, car les fondateurs de BioKuris aimeraient boucler le financement d’ici à la fin de l'année et, si possible, dès cet automne.

Le potentiel de commercialisation en cas de succès est très large. On évalue à 10 à 15% la part de la population mondiale affectée par l'une ou l'autre de ces maladies gastro-intestinales, avec une plus forte proportion en Europe et en Amérique du Nord. Quant aux traitements existants pour le syndrome de l'intestin irritable, ils se résument pour l'essentiel à des remèdes antispasmodiques, aux résultats globalement peu satisfaisants pour les patients. "Le besoin pour une solution thérapeutique efficace est donc très prononcé", conclut l'entrepreneur.

Le résumé

  • La biotech liégeoise Kitozyme lance une nouvelle spin-off: baptisée BioKuris, elle sera spécialisée dans la recherche et le développement de traitements pour les maladies intestinales.
  • Sous l'égide de Kitozyme, son équipe a déjà commencé par cibler le syndrome de l'intestin irritable et a réalisé avec succès des essais sur des animaux.
  • La jeune société va lever 4 à 6 millions d'euros en cash pour soutenir son développement.
  • Elle collabore avec les Universités de Liège et de Lille et prépare des études cliniques.

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