L'américain KKR investit 50 millions d'euros en Belgique avec Univercells

Les fondateurs d'Univercells, Hugues Bultot (à gauche) et José Castillo, devant la première platefome NevoLine.

La biotech wallonne Univercells a trouvé un partenaire pour l’industrialisation, en Belgique, de sa plateforme disruptive pour les vaccins et vecteurs viraux. Une partie des fonds sera consacrée à de nouvelles acquisitions. Une septantaine d'emplois en vue.

Moins de cinq mois après avoir reçu un prêt de 20 millions d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI), Univercells annonce une nouvelle opération d’envergure: la biotech wallonne crée une filiale avec le fonds américain de capital investissement KKR pour l'industrialisation de sa plateforme révolutionnaire destinée à la production de vaccins et de produits pour les thérapies géniques et cellulaires.  

KKR, qui gère plusieurs catégories d'actifs alternatifs, va investir jusqu’à 50 millions d’euros via sa plateforme Gamma Biosciences dans une coentreprise belge avec Univercells. Objectif de la manœuvre: accélérer la commercialisation des technologies de bioproduction de la biotech de Gosselies.

Tout le savoir-faire développé, ainsi que l’ingénierie et la plasturgie, sont entre nos mains.
Hugues Bultot
CEO et cofondateur d'Univercells

Fondée en 2013 par Hugues Bultot (CEO) et José Castillo (directeur technique), Univercells a mis au point une plateforme (la NevoLine) et plusieurs bioréacteurs (appelés Scale-X) disruptifs, pour la production de vaccins et de vecteurs pour les thérapies géniques à bas prix. Des instrument qui ont été développés notamment avec le soutien de la Fondation Gates, qui a octroyé trois subventions à Univercells dans le cadre de la lutte contre la polio et la rougeole/rubéole.

Décollage commercial

Les prototypes de la NevoLine et des bioréacteurs ont été construits dans les installations nivelloises d’Univercells, où ils ont été présentés il y a un an. Restait à passer à la production en série et à la commercialisation. C’est là qu’intervient KKR et sa force de frappe financière.

La nouvelle société sera une entreprise d’engineering séparée, dédiée à la fabrication des équipements.

"KKR et Gamma Biosciences ouvriront l’accès à un réseau mondial sans précédent permettant d’accélérer la production et la livraison des technologies NevoLine et scale-X et d’en stimuler leur commercialisation", a commenté Hugues Bultot. "On a fait la preuve de concept et commencé l’industrialisation; aujourd’hui, on trouve un partenaire pour faire le décollage commercial. Cerise sur le gâteau, c’est un partenaire ambitieux. KKR parie non seulement sur les vaccins, mais a trouvé que la NevoLine était également disruptive pour les vecteurs viraux, qui sont la base de la nouvelle vague de la thérapie génique."

Création d'emplois et nouvelles technologies

70
Emplois
La création de la nouvelle société devrait déboucher sur une septantaine d'emplois supplémentaires d'ici 2 à 3 ans.

La nouvelle société, dans laquelle ont été placés les prototypes, les services informatiques et les premiers clients d’Univercells, sera donc une entreprise d’engineering séparée, dédiée à la fabrication des équipements. KKR pourra en posséder jusqu’à 51%. L’opération devrait être clôturée au deuxième trimestre 2020.

Une cinquantaine de personnes (sur un total de 130 à 140) travaillent au développement de la NevoLine et des bioréacteurs Scale-X chez Univercells. Après la création de la filiale, ce chiffre devrait  passer à 120 emplois. Une septantaine de postes devraient donc être créés d'ici 2 à 3 ans.

Une partie des investissements de KKR (30 millions d'euros) sera consacrée à l’acquisition de nouvelles technologies. "José Castillo va regarder les technologies qui sont compatibles avec celles que nous avons développées ou qui peuvent apporter des synergies, afin d’améliorer le positionnement d’Univercells", poursuit Hugues Bultot. "On pourrait être aussi intéressé par une société d’équipement qui n’aurait pas les moyens de valoriser seule sa technologie".

Centre de gravité à Nivelles... pour l'instant

Le centre de gravité et de décision de la nouvelle entité restera dans un premier temps à Nivelles. Mais l’entreprise aura sa vie propre par la suite. "On sait que l’on doit doubler à terme les surfaces pour agrandir. On a la possibilité d’acheter plus de surfaces là où on est, soit d’acheter un bâtiment extérieur sur d'autres sites", relève encore Hugues Bultot.

Existe-il, par ailleurs, des risques de délocalisation hors de la Belgique? "Nous ne somme pas sur des molécules chimiques", rétorque le CEO. "Tout le savoir-faire développé, ainsi que l’ingénierie et la plasturgie, sont entre nos mains. On pourrait imaginer de le déplacer, mais pas avant 10 ou 12 ans. Ce sont des Belges qui ont fait tout cela. Je ne pense pas que cela soit la stratégie d’un private equity comme KKR d'envisager cela. Maintenant, il faudra construire des équipes incontournables et avoir un beau bâtiment lorsque KKR se décidera à revendre".

Univercells a, par ailleurs, d'autres projets dans ses cartons. La biotech a racheté à Jumet l’ancien bâtiment de Systemat. Hugues Bultot reste pour l’instant discret à ce sujet, mais ce site devrait être consacré à la fabrication de vaccins grâce aux 20 millions d'euros accordés en 2019 par la BEI.  

 

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