L'ARN messager ne supplantera pas toutes les autres technologies de vaccins

Jamila Louahed, responsable R&D vaccins de GSK en Belgique. ©Diego Franssens

Une seule technologie de vaccins ne peut pas remplacer toutes les autres, selon Jamila Louahed, la responsable R&D de GSK Vaccines en Belgique.

Malgré ses résultats très impressionnants contre le Covid-19, la technologie de l’ARN messager ne doit pas être considérée comme la future panacée, ont indiqué lundi des responsables de GSK Vaccines lors d'une séance virtuelle d’information avec la presse belge. "Une seule technologie ne peut pas remplacer toutes les autres. Toutes les technologies ne répondent pas au même problème et il faut essayer de trouver la bonne technologie et la bonne science pour développer un vaccin. Avoir un portefeuille vaccinal est donc très important", a fait valoir Jamila Louahed, la responsable R&D vaccins de GSK en Belgique. Selon la scientifique, il ne sera par exemple pas possible de développer un vaccin contre les souches méningites avec la technologie ARN messager, "car les sucres qui sont nécessaires dans le vaccin ne pourront jamais être donnés avec la technologie ARN". Idem pour les pneumonies.

"Pour le HIV, beaucoup de technologies ont été utilisées, avec les hypothèses qui étaient associées, mais qui ne se sont pas avérées optimales."
Jamila Louahed
Responsable R&D vaccins de GSK en Belgique.

GSK possède un programme de développement de vaccin Covid à ARNm avec la société allemande CureVac (pour les variants) et travaille par ailleurs sur une plateforme de deuxième génération, appelée SAM (Self Amplifying mRNA). Selon Jamila Louahed, l'ARN messager pourrait potentiellement apporter une bonne réponse dans le cas du virus HIV, dont le vaccin se fait attendre depuis plus de trente ans, "mais cela reste encore à démontrer. Le succès d'un vaccin, c'est la science et la technologie. La technologie en soit ne répond pas nécessairement à la problématique. Dans le cas du HIV, la science n'est pas encore complètement comprise. Beaucoup de technologies ont été utilisées, avec les hypothèses qui étaient associées, mais qui ne se sont pas avérées optimales".

Une levée des brevets inefficace

Interrogé sur l'opportunité de lever éventuellement les brevets pour faciliter la production des vaccins contre le Covid-19, Patrick Florent, administrateur délégué de GSK Belgique, a quant à lui estimé qu'il s'agirait d'une initiative inefficace dans le cas présent. "Le problème actuel de fourniture de vaccins est plus lié aux capacités existantes qu'au fait d'avoir accès, ou de donner accès, à des technologies", a-t-il souligné. "Le transfert de technologie au cours d'une pandémie, en tout cas pour la production du principe actif, est à mon avis beaucoup trop long pour apporter une contribution rapide. À ce stade, l'ouverture aux technologies ne va pas résoudre le problème de capacités", a souligné Patrick Florent. Ce qui explique, selon lui, que certains producteurs mettent à disposition leurs installations de formulation et de conditionnement, qui sont très standardisées, alors que la partie production de l'antigène est beaucoup plus complexe.

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