L'effarant parcours en bourse d’une biotech sur le départ

Genkyotex qui fait l'objet d'une OPA va quitter la bourse par la petite porte. ©AFP

Ne vous laissez pas éblouir par le bond de 30% affiché ce matin par Genkyotex. Il est le cache-misère d’un épouvantable échec pour les investisseurs de la première heure dans celle qui s’appelait alors Genticel.

Après Curetis, voilà une autre biotech qui va bientôt quitter les écrans de cotation d’Euronext Bruxelles. Une biotech dont le bilan boursier relève plus du cauchemar que du rêve éveillé comme on va le voir.  

La société suédoise Calliditas Therapeutics a annoncé, ce jeudi, son intention de lancer une OPA obligatoire sur Genkyotex . Cette biopharma française (elle est également cotée à Paris) a développé une approche thérapeutique basée sur l’inhibition sélective des enzymes NOX qui amplifient de nombreux processus pathologiques comme les fibroses.

2,80
euros
Calliditas Therapeutics se propose de racheter Genkyotex au prix de 2,80 euros par action ce qui représente une prime de 32%.

Cette OPA suivra l’acquisition d’un bloc représentant 62,7% du capital de Genkyotex au prix de 2,80 euros l’action ce qui représente une prime de 32% par rapport au prix moyen des dix derniers jours. Ce jeudi matin, le cours de l’action s’est aligné sur le prix, comme il se doit, et l'a même légèrement dépassé.

Compte tenu de primes liées aux éventuelles obtentions d’autorisations réglementaires pour le setanaxib, son produit phare, le coût d’acquisition total de la biotech pourrait atteindre un maximum de 88 millions d’euros.

Le flop Genticel

Pour comprendre le parcours boursier de Genkyotex, il nous faut remonter en avril 2014. À cette époque, Genticel qui développe un vaccin thérapeutique destiné à éliminer le virus du papillome humain, agent responsable du cancer du col de l’utérus entre en bourse au prix de 7,9 euros le titre.

Deux ans plus tard, c’est la catastrophe: l’essai clinique de phase 2 est un échec. Aucune différence statistique n’est observée entre le traitement potentiel et le placebo. En une séance, l’action dégringole de 55% à 1,96 euro. Genticel ne vaut plus tripette et n’a plus vraiment de raison d’être. Elle décide alors de fusionner avec Genkyotex qui débarque avec son projet axé sur les inhibiteurs d’enzymes NOX.

Genkyotex

Genkyotex ne fait pas mieux

Nous sommes au début 2017 et le titre se traite encore autour de 2 euros. S’ensuit une inexorable érosion de l’action qui devient un "penny stock" avant un regroupement par dix ce qui explique les chiffres du graphique repris dans cet article.

En une séance, l’action dégringole de 55% et ne vaut plus que 1,96 euro.

L’annonce, en mai 2019, de résultats d’une phase II dans le traitement d’une maladie orpheline plombe, à nouveau, l'action qui se négociait autour de 8 euros. Son déclin se poursuit.

Aujourd'hui, Calliditas Therapeutics sort donc du bois et se propose de racheter Genkyotex à 2,8 euros par action. Une action qui au moment de l' IPO de Genticel et compte tenu du regroupement par dix intervenu ensuite valait 79 euros…

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés