L’État belge dédommagera ZenTech… sans utiliser ses tests

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La Belgique versera près de 6,5 millions d’euros à ZenTech pour les frais engagés dans le cadre du contrat sur les tests sérologiques. Mais ils ne seront pas utilisés par l’État.

Un accord a été trouvé entre l’État belge et ZenTech concernant les tests Covid développés par la société liégeoise, a annoncé mercredi dernier le ministre Philippe De Backer (Open Vld) en commission Santé de la Chambre. Ces tests ne seront finalement pas utilisés et l’État a prévu de rembourser les frais engagés par ZenTech.

Le tribunal des référés de Liège avait prononcé le 9 septembre dernier une ordonnance dans le dossier relatif à l’action introduite par la société ZenTech contre l’État belge, qui avait commandé 3.650.000 tests sérologiques à cette entreprise liégeoise. La Belgique était désormais condamnée à exécuter son contrat dans les 5 jours, sous peine d’astreinte de 10.000 euros par jour de retard.

Jusqu’ici, ZenTech n’avait pas encore notifié l’ordonnance au gouvernement en vue d’activer l’astreinte. Question de laisser le temps nécessaire à la négociation d’un accord amiable, dit-on dans l’entourage de la biotech liégeoise. Un accord amiable réclamé avec instance par la Première ministre et les ministres francophones.

À ce stade, les frais encourus par ZenTech s’élèvent à 4 millions d’euros. Mais la négociation en cours devrait intégrer également une indemnité de rupture du contrat et l’avenir des tests déjà produits. Selon nos informations, le montant global pourrait atteindre 6,5 millions d’euros. L’accord doit encore recevoir l’aval de l’inspection des finances avant la signature du ministre du Budget, David Clarinval.

Quant aux tests déjà produits par ZenTech (1,2 million sur un total de 3,65 millions commandés), l’entreprise liégeoise pourra les revendre, mais pas en Belgique. Mais attention, ces tests ont une validité de 18 mois et ne peuvent plus être mis sur le marché à moins de 6 mois de cette échéance, selon les normes internationales. ZenTech n’a donc plus que 6 mois pour écouler ce gros million de tests déjà produits.

Impact sur la réputation

Et compte tenu de l’impact non négligeable de cette "guéguerre" avec l’État belge sur la réputation de l’entreprise (qui n’a pas été chiffré dans l’accord) et des autorisations à obtenir sur les différents marchés, le délai risque d’être assez court.

À noter que ZenTech a déjà vendu des tests à l’étranger, mais en quantité limitée, l’essentiel de ses forces et de ses capacités de production étant consacrée au contrat belge, sous peine de pénalité de retard…

Le marché initial s’élevait à 23 millions d’euros. Une aubaine pour ZenTech dont le chiffre d’affaires plafonnait aux alentours de 5 millions d’euros jusqu’ici. La biotech préfère aujourd’hui obtenir un dédommagement pour les frais engagés et la rupture du contrat que de s’engager dans une procédure longue et hasardeuse pour faire exécuter le contrat comme l’ordonnance de référé lui en donne le droit.

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