L'ex-CEO d'Ogeda lance une nouvelle biotech

Jean Combalbert, ex-CEO d'Ogeda et fondateur d'Epics Therapeutics. ©Kristof Vadino

Epics Therapeutics, spin-off de l’ULB, veut développer une nouvelle classe de médicaments contre le cancer. Beaucoup d’acteurs étaient parties prenantes dans Ogeda.

On prend les mêmes et on recommence. C’est tout ce que l’on peut souhaiter aux principaux actionnaires et fondateurs de la société nouvellement créée Epics Therapeutics. Derrière celle-ci, on retrouve Jean Combalbert – l’ex big boss d’Ogeda – comme fondateur et CEO, ainsi qu’Alain Parthoens de Newton Biocapital comme investisseur principal, mais aussi la Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW), Théodorus, Sambrinvest et InvestSud.

Il nous revient aussi que Pierre Drion a participé à ce premier tour de financement. Soit une grande partie des acteurs qui se trouvaient derrière Ogeda au moment de la vente pharaonique de l’année passée aux Japonais d’Astellas Pharma pour 800 millions d’euros, plus précisément un demi-milliard cash et 300 millions en fonction des futures étapes de développement du fezolinetant, premier médicament non-hormonal pour les bouffées de chaleur liées à la ménopause.

Tous ensemble, ces investisseurs (5 institutionnels accompagnés de quelques particuliers) ont levé 7,2 millions d’euros. Newton Biocapital a investi 3 millions, la SRIW 1,2 million et Sambrinvest 1 million.

Points communs

"Nous pensons pouvoir bâtir une entreprise de premier plan."
Jean Combalbert
CEO et fondateur d’Epics Therapeutics

Ogeda et Epics sont donc des sociétés spécialisées dans la recherche et le développement de médicaments innovants. Ces deux structures sont aussi au départ des spin-offs de l’Université libre de Bruxelles. Pour rappel, Ogeda s’appelait auparavant Euroscreen. La nouvelle entreprise est, à l’instar d’Ogeda, localisée à Gosselies. "Grâce à cette collaboration avec l’ULB, c’est un nouveau projet qui vient s’implanter sur le site de l’aéropôle de Gosselies", se réjouit Anne Prignon, administratrice générale de l’invest carolo.

Selon nos informations, le premier employé de la société vient d’être engagé. Il s’agit d’un chercheur belge qui travaillait jusqu’à présent au Canada. Ce n’est pas encore officialisé, mais le président du conseil d’administration devrait être Michel Allé… comme dans Ogeda. Voilà pour les points communs.

Ciblé et totalement nouveau

Le champ d’action d’Epics est quant à lui totalement différent. Là où Ogeda cible le traitement des bouffées de chaleur, Epics cible celui du cancer. Les perspectives d’Epics Therapeutics se basent sur les travaux de François Fuks, professeur à l’ULB et cofondateur de la spin-off. Ce dernier étudie depuis des années les modifications de l’acide ribonucléique (ARN) liées au cancer.

"Outre les modifications bien connues de l’ADN, l’ARN est lui sujet à des modifications dans différentes formes de cancer. Compte tenu des progrès rapides dans le domaine de l’épigénétique de l’ARN, le but d’Epics est de développer des médicaments capables de cibler et d’inhiber ces modifications, afin de disposer de médicaments avec un mécanisme d’action ciblé et totalement nouveau", s’enthousiasme le chercheur.

"Nous sommes ravis et enthousiasmés par la perspective de développer une nouvelle classe de médicaments contre le cancer à partir de ces recherches innovantes sur l’épigénétique de l’ARN. Epics profite de l’expertise du professeur Fuks en matière de recherche et du soutien d’une série d’investisseurs chevronnés et de leurs réseaux respectifs. Nous pensons pouvoir bâtir une entreprise de premier plan", avance Jean Combalbert.

En tant qu’investisseur principal, Alain Parthoens nous indique que "Newton Biocapital est heureux de participer à la naissance de cette très prometteuse entreprise wallonne. La présence du professeur Fuks dont la réputation est mondiale et celle de Jean Combalbert, avec qui nous avons si bien travaillé dans le cadre d’Ogeda, sont pour moi des facteurs clés de réussite."

Des émules

"Au cours de ces six derniers mois dans ce seul secteur, la SRIW a pris part à pas moins de 12 levées de fonds qui totalisent plus de 200 millions d’investissements susceptibles de créer de la valeur et de l’emploi localement."
Philippe Degive
Investment manager au sein de la SRIW

Lors de la cession d’Ogeda, la SRIW n’a jamais caché son intention de réinvestir progressivement le produit de la vente dans l’économie wallonne, et en particulier dans les sciences de la vie. "Au cours de ces six derniers mois dans ce seul secteur, la SRIW a pris part à pas moins de 12 levées de fonds qui totalisent plus de 200 millions d’investissements susceptibles de créer de la valeur et de l’emploi localement", expose Philippe Degive, investment manager au sein de la Société régionale d’investissement de Wallonie.

"Et ce n’est pas fini dans la mesure où au moins 2 nouvelles opérations qui devraient être annoncées prochainement ont d’ores et déjà été décidées", rajoute le responsable wallon en charge des sciences de la vie. "Parmi ces nouveaux investissements, Epics s’est imposé à nos yeux comme une suite logique d’Ogeda", conclut-il.

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