L'immunité contre le Covid-19 diminue assez rapidement, selon une étude britannique

Les personnes ayant été positives au Covid-19 sans présenter de symptômes seraient susceptibles de perdre plus rapidement leurs anticorps. ©REUTERS

Le nouveau coronavirus semble se comporter de manière assez similaire aux coronavirus saisonniers qui existent chez l'homme. Ce qui pourrait remettre en cause la notion d'immunité collective.

Jour après jour, on commence à en apprendre un peu plus sur le nouveau coronavirus: une étude britannique, publiée ce mardi, montre que l'immunité acquise par les personnes guéries du Covid-19 diminue assez rapidement, en particulier chez les malades asymptomatiques. Cette immunité pourrait ne durer que quelques mois, à l'instar de ce qui se passe pour d'autres coronavirus mieux connus.

-39%
La proportion de personnes de plus de 75 ans disposant d'anticorps a diminué de 39%, quand elle n'a diminué que de 14,9% pour les 18-24 ans.

Du 20 juin au 28 septembre, l'Imperial College de Londres et l'institut Ipsos Mori ont suivi 350.000 personnes choisies au hasard en Angleterre, qui se sont testées régulièrement chez elles pour voir si elles disposaient d'anticorps au Covid-19.
"Au cours de cette période, la proportion de personnes testées positives pour les anticorps du Covid-19 a diminué de 26,5%", passant de 6% à 4,4% de la population testée, explique un communiqué. "Ce qui suggère une réduction des anticorps dans les semaines ou les mois suivant l'infection". "L'immunité diminue assez rapidement", a souligné Helen Ward, professeure en santé publique à l'Imperial College London.

Anticorps détectables

L'étude montre aussi que les personnes qui n'ont pas présenté de symptômes liés au Covid-19 sont susceptibles de perdre plus rapidement leurs anticorps détectables que celles qui en ont présenté. Par ailleurs, si toutes les classes d'âge sont concernées par cette baisse d'immunité, les personnes âgées sont plus touchées: la proportion de personnes de plus de 75 ans disposant d'anticorps a diminué de 39%, quand elle n'a diminué que de 14,9% pour les 18-24 ans.

Pour les scientifiques, cette étude ne remet pas en question l'efficacité potentielle des futurs vaccins, mais jette un nouveau doute sur celle de l'immunité collective.

La virologue Wendy Barclay de l'Imperial College de Londres a expliqué que "ce nouveau coronavirus semble se comporter de manière assez similaire aux coronavirus saisonniers qui existent chez l'homme depuis des décennies, voire des centaines de milliers d'années". Selon elle, on peut être réinfecté tous les ans, ou tous les deux ans par ces coronavirus saisonniers en raison d'une baisse d'immunité.

Contre les passeports d'immunités

Pour les scientifiques, cette étude ne remet pas en question l'efficacité potentielle des futurs vaccins, mais jette un nouveau doute sur celle de l'immunité collective. Wendy Barclay s'est déclarée ainsi opposée au concept de "passeports d'immunités", destinés à permettre aux personnes guéries du nouveau coronavirus de mener une vie normale.

En revanche, la virologue a appelé à rester optimistes quant aux vaccins parce que ceux-ci fonctionneront différemment et pourraient conférer une immunité plus longue. L'étude britannique pourrait, par contre, vouloir dire que plusieurs injections seraient nécessaires pour certains vaccins.

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