La Belgique, reine des essais cliniques

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La Belgique est en deuxième position au niveau européen en termes de nombre d'essais cliniques. Trois essais cliniques sur quatre (77 %) sont organisés et financés par les entreprises (bio)pharmaceutiques elles-mêmes. Les 23 % restants sont effectués à l'initiative du secteur académique ou public.

Avec entre autres plus de 500 nouvelles études cliniques démarrées en Belgique l'an passé, le pays se classe en deuxième position au niveau européen en termes de nombre d'essais cliniques, rapporte "Le Soir" citant Pharma.be, la fédération biopharmaceutique. C'est une place de mieux qu'il y a un an.

Quelques chiffres (de 2018):

• 162 demandes de brevets pour des médicaments et/ou vaccins introduites en Belgique (+ 30 % par rapport à 2017)
• 507 nouvelles études cliniques démarrées. Ce chiffre est toutefois en recul par rapport à 2017 où 524 études cliniques avaient été lancées. 
• 1.399 études de médicaments effectuées
• Trois essais cliniques sur quatre (77 %) sont organisés et financés par les entreprises (bio)pharmaceutiques elles-mêmes. Les 23 % restants sont effectués à l'initiative du secteur académique ou public. Cette proportion de financement privé est l'une des plus élevées en Europe
• L'an passé, près de 3,6 milliards ont été investis dans la recherche en Belgique par les entreprises (bio)pharmaceutiques
• En cinq ans, le pays a exporté des produits biopharmaceutiques (médicaments et vaccins) pour plus de 200 milliards d'euros. Et cela continue à grimper: 43 milliards pour 2018, nouvelle année record selon les chiffres établis par la fédération du secteur.

Les raisons de tels chiffres

"Les entreprises voient la Belgique comme un pays de prédilection pour les études cliniques en raison des délais d'approbation courts, de l'expertise clinique de notre communauté académique, et de l'étroite collaboration qui est possible ici entre les entreprises et les centres de recherche universitaires", explique Catherine Rutten, directrice générale de Pharma.be.

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→ L'expertise: 37.073 personnes (+3,8%) travaillent en Belgique dans le secteur biopharmaceutique. On compte aussi un nombre croissant de chercheurs (5.295). Ces milliers de salariés bénéficient de conditions fiscales attractives. Leurs employeurs sont en effet dispensés de verser l'essentiel des cotisations sociales; de quoi mettre les centres de recherches belges à la pointe.
Catherine Rutten précise par ailleurs que si la Belgique compte de grands noms, elle regorge aussi de nombreuses petites et moyennes entreprises qui ont souvent recours à des technologies de pointe développées pour de nouvelles thérapies cellulaires et géniques.

Une régulation conciliante: à l'échelle européenne, la Belgique apparaît donc en deuxième position en termes d'études cliniques. Tout bénéfice pour le patient qui a ainsi accès plus rapidement aux thérapies innovantes, souligne Catherine Rutten. Septante-sept pour cent de l'ensemble des essais sont organisés par les entreprises (bio)pharmaceutiques. Le solde est effectué à l'initiative du secteur académique ou public. 
Si notre pays est considéré comme un lieu de prédilection pour ces essais, c'est également grâce à des délais d'approbation réduits. Entreprises et centres de recherches universitaires connaissent aussi une excellente collaboration.

Les bémols: La santé du secteur ne se traduit pas nécessairement par une joie de vivre dans les laboratoires. Les salariés voient une pression sur leur rémunération, compte tenu de la concurrence mondiale. Des pays en forte croissance économique se positionnent de plus en plus sur le marché, avec l'avantage d'avoir chez eux des contrôles éthiques souvent "allégés".   


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