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La biotech française Magnisense intègre l'écosystème wallon

Magnisense a mis au point une nouvelle technologie de tests permettant de diagnostiquer dans l’urgence les maladies cardiovasculaires. Celle-ci utilise des nanoparticules magnétiques comme marqueurs dans le sang. ©Photo News

Le fonds d’investissement Meusinvest a convaincu une nouvelle start-up innovante étrangère de participer à la construction de l’écosystème biotech liégeois. Et y a mis 2 millions d’euros.

L’écosystème biotechnologique liégeois va accueillir une jeune entreprise innovante étrangère de plus en la personne de Magnisense. Cette jeune pousse française va installer une unité de production de réactifs à Liège. Celle-ci organisera également leur conditionnement et leur stockage, avant livraison. Initialement, le lancement de cette activité débouchera sur la création de dix à quinze emplois.

Auparavant, Meusinvest, le holding semi-public de la province, aura participé au nouveau tour de table de Magnisense à hauteur de 2 millions d’euros. La biotech basée à Paris lève au total 5 millions, non seulement auprès de ses actionnaires historiques, alias les sociétés Concorde Capital, Provestis et Minv, mais aussi auprès de Meusinvest et de trois investisseurs privés, deux Français et un Belge dont les identités sont restées confidentielles. Depuis ses débuts il y a sept ans, elle aura levé au total 27,5 millions d’euros. Il faut avouer que pour séduire les investisseurs, elle a des arguments convaincants…

un marché à milliards

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Elles sont responsables de quelque 17 millions de décès par an actuellement, une statistique qui devrait monter à 24 millions d’ici 2030 en raison du vieillissement de la population. C’est dire l’importance du diagnostic.

Le marché mondial du diagnostic in vitro des maladies de ce type est évalué à environ 5 milliards de dollars (chiffre calculé pour l’année 2016). Ce marché connaît une croisance importante, au point que les prévisions le voient à 13 milliards de dollars dans trois ans. L’urgence hospitalière, le sous-segment dans lequel Magnisense s’est spécialisée, pesait, lui, quelque 2 milliards de dollars en 2016.

Sur la base de recherches menées par le professeur Petr Nikitin, un de ses trois fondateurs, Magnisense a mis au point une nouvelle technologie de tests permettant de diagnostiquer dans l’urgence les maladies cardiovasculaires. Celle-ci utilise des nanoparticules magnétiques comme marqueurs dans le sang. Ses tests baptisés MiAG se basent sur un lecteur électronique et des réactifs, présentés dans un instrument mobile, connecté et autonome sur batterie. "À partir d’une manipulation simple au chevet du patient, un diagnostic sanguin (peut être effectué) en seulement 15 minutes à partir d’un petit volume de sang", explique la société.

Magnisense a déjà obtenu le marquage CE pour deux premiers tests de ce type en Europe, l’un permettant de diagnostiquer l’infarctus du myocarde, l’autre une insuffisance cardiaque. Leur commercialisation a commencé en France début de cette année, avec quelques hôpitaux partenaires. "Les retours des utilisateurs sont positifs, souligne Lyse Santoro, la directrice générale de Magnisense. Ils nous disent que les tests sont conviviaux et faciles à utiliser. Et nous n’avons pas encore eu d’appels au service après-vente, ce qui est très bon signe." Il est trop tôt, en revanche, pour qu’ils confirment le caractère rapide des tests, mais tel est bien le but poursuivi: il s’agit de gagner de précieuses minutes, voire des heures, dans des situations d’urgence où tout gain de temps peut sauver des vies.

Pourquoi Magnisense se tourne-elle vers la Belgique? "En raison de l’écosystème qu’on est en train de bâtir ici, répond Hughes Danze, le porte-parole de Meusinvest. Nombre de sociétés se développent ici dans ce secteur et des synergies se mettent en place sur trois fronts: scientifique, technique et commercial." Il ajoute qu’au sein des medtechs, dans le segment du cardiovasculaire, la région liégeoise a déjà attiré deux autres jeunes pousses étrangères ces douze derniers mois: l’autrichienne Miracor et l’américaine Mitral Technologies. L’arrivée de Magnisense se concrétisera par la création d’une filiale belge; l’unité qu’elle montera produira la partie consommable des lecteurs de tests MiAG. De son côté, Magnisense conservera son siège à Paris et ses laboratoires à Lyon. Précisons qu’elle sous-traite la fabrication des lecteurs.

Miser sur l’aéroport

Chez Magnisense, Lyse Santoro insiste aussi sur le rôle joué par Meusinvest dans cette partition. "C’est un acteur important, dit-elle, qui a guidé le tour de table et mené à bien la procédure de due diligence. C’est aussi la première fois qu’un fonds d’investissement entre au capital de la société. Cela correspond au souhait de nos actionnaires historiques et cela s’inscrit bien dans notre développement: la présence du fonds nous aidera à nous structurer."

Elle souligne également la proximité de Liege Airport, un aéroport de fret qui devrait l’aider à l’avenir à exporter ses produits vers les marchés européens d’urgence les plus matures. Car l’entreprise a l’ambition de commercialiser ses tests à terme dans toute l’Europe, d’abord en business-to-business en s’adressant aux hôpitaux et urgentistes, puis aussi en business-to-consumer, quand elle aura mis au point des versions de ses tests à effectuer par les particuliers eux-mêmes.

"Nous comptons aussi développer des partenariats avec les parties cliniques et médicales dans la région liégeoise et en Belgique", poursuit la dirigeante. Avant d’ajouter que Magnisense négocie actuellement la finalisation d’un premier contrat avec un hôpital du pays.

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