La biotech Moderna a doublé les géants pharmaceutiques

Le Français Stéphane Bancel dirige la biotech américaine Moderna depuis 2011. ©AFP

Moderna avait été la première au monde à lancer en mars des tests cliniques d'un vaccin contre le Covid-19. Une agilité qui lui aura permis de dépasser de nombreux poids lourds.

Le feu vert donné mercredi par l'Agence européenne des médicaments (EMA) au vaccin américain Moderna ouvre la porte à son utilisation dans l'UE dans les prochains jours. Il va devenir le deuxième vaccin à y être administré, après celui de Pfizer/BioNTech. Ces deux vaccins sont déjà injectés aux États-Unis depuis mi-décembre. Le Royaume-Uni, lui, avait commencé à vacciner le 8 décembre avec le vaccin Pfizer/BioNTech et est devenu lundi le premier pays à administrer celui d'AstraZeneca/Oxford.

Le vaccin de Moderna s'est révélé efficace à 94,1% contre le Covid-19, avec une performance légèrement meilleure chez les jeunes adultes. Un taux d'efficacité comparable à celui de Pfizer/BioNTech, dont il partage la technologie de l'ARN messager. L'UE a réservé 160 millions de doses auprès de Moderna.

Talents de persuasion

Moderna n'a pas grand-chose à voir avec le géant Pfizer. Dirigée depuis 2011 par le Français Stéphane Bancel - qui est passé à la direction générale d'Eli Lilly Belgique et a dirigé le groupe bioMérieux -, Moderna Therapeutics est une start-up fondée deux ans auparavant et spécialisée dans les traitements à base d'ARN. Cotée sur le Nasdaq, elle n'avait encore aucun produit autorisé avant le vaccin Covid. Elle avait néanmoins signé en 2018 la plus grosse introduction en bourse d'une biotech. L'opération avait rapporté 620 millions de dollars.

Cotée sur le Nasdaq, Moderna n'avait encore aucun produit autorisé avant le vaccin Covid.

Grâce aux talents de persuasion de son CEO, qui a été invité à la Maison Blanche dès le début de la pandémie aux côtés des big pharmas, l'entreprise a reçu des centaines de millions de dollars du gouvernement américain pour développer et tester le vaccin, mais pas de soutien financier en Europe. Elle espère pouvoir en fabriquer entre 500 millions et un milliard en 2021, grâce à des sites de production et des partenaires industriels aux Etats-Unis, en Suisse (Lonza) et en Espagne.

Implantée à Cambridge, près de Boston,  Moderna avait été la première au monde à lancer des tests cliniques d'un vaccin contre le Covid-19 dès le mois de mars. Une rapidité et une agilité qui, dix mois plus tard, tranchent singulièrement avec les délais de réaction de certains poids lourds du secteur, comme Sanofi et GSK, dont le vaccin ne sera disponible que fin de l'année, en dépit de leur alliance. Aujourd'hui, la capitalisation boursière de Moderna a été démultipliée depuis son IPO, signe que les investisseurs pensent que les vaccins à ARNm vont conquérir la majorité du marché américain et des pays développés. Sans même parler des vaccins chinois et russes, une redistribution des cartes est amorcée dans le secteur biopharmaceutique.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés