La biotech Promethera sort de PRJ et crée une nouvelle société

Fondateur et directeur scientifique de Promethera, Etienne Sokal a repris les rênes de la société avec deux autres personnes. ©Tim Dirven

Le feu vert du Tribunal de l'entreprise permet à la société de sortir de la procédure en réorganisation judiciaire. Il ouvre la voie à une levée de fonds et à la création d'une nouvelle société, Promethera Therapeutics.

Une nouvelle étape importante franchie pour Promethera: la biotech spécialisée dans la thérapie cellulaire pour les maladies du foie a reçu en début de semaine l'aval du tribunal de l'entreprise du Brabant wallon pour son plan de relance. Un feu vert qui lui permet de sortir de la procédure en réorganisation judiciaire (PRJ) dans laquelle elle se trouvait depuis la mi-décembre. L'ensemble des créanciers ont voté en faveur du plan, à l'exception de l'ONSS (124 sur 125).

Un remboursement progressif des créanciers

Ce plan va permettre à la biotech de Mont-Saint-Guibert de repartir du bon pied. Une levée de fonds est en cours de finalisation avec des investisseurs, privés et publics, dont la Région wallonne. Une nouvelle société, Promethera Therapeutics, a été mise sur pied pour faciliter la relance. Elle va récupérer tous les actifs de l'ancienne entreprise. "Elle sera la garantie du remboursement progressif des créanciers. Les nouveaux moyens financiers seront consacrés au développement et non aux dettes, mais en même temps, le plan prévoit que la nouvelle société devra consacrer une partie relativement modérée de ses investissements et de plus-value au remboursement de ses créanciers et des anciens actionnaires", explique le directeur scientifique Étienne Sokal, qui a repris les rênes de l'entreprise avec Alain Parthoens (Vesalius Biocapital) et le chinois Zimeng Dong (Co-High Investment) suite au départ de l'ancien management.

"Si la société retrouve une valeur significative, les créanciers auront la possibilité d'être remboursés à 100%."
ETIENNE SOKAL
Fondateur et co-CEO de Promethera

"C'est un système d'"equitisation", intéressant pour les créanciers, qui consiste à rembourser d'abord les créanciers à hauteur de 20% pendant 5 ans" poursuit Etienne Sokal. Ce n'est pas énorme, mais si la société retrouve une valeur significative, les créanciers auront la possibilité d'être remboursés à 100%. Ils ont donc intérêt à ce qu'elle réussisse. Un certain nombre d'entre eux ont d'ailleurs converti leurs créances en actions de Promethera".

Une étude clinique

La prochaine levée de fonds, qui confirmera l'ancrage belge et wallon, doit permettre à Promethera de se focaliser sur l’indication la plus avancée, l'insuffisance hépatique aiguë compliquant une maladie chronique du foie (ACLF), pour laquelle son produit HepaStem à base de cellules souches a déjà enregistré des résultats encourageants lors d’essais cliniques précédents. Une étude de preuve de concept sera achevée dans les deux ans à venir. Elle permettra à la société de récupérer sa valeur perdue suite aux récents évènements. L'ACLF est l’indication pour laquelle Promethera a déjà le plus de données et pour laquelle elle a le plus de chance d’aboutir à une mise sur le marché du médicament. Selon Etienne Sokal, "cette étude vise à avoir des preuves d'efficacité, tout en comprenant mieux les mécanismes d'action et en essayant d'identifier la meilleure population possible pour l'étude de phase 3, destinée à l'enregistrement. Cette étude de preuve de concept est très importante également pour stabiliser tout ce qui tourne autour du manufacturing". Pour assurer son avenir, la biotech s’est par ailleurs allégée de ses filiales à l’étranger et a annulé la construction d’un site de production à Gosselies.

Promethera s'est retrouvée à court d'argent suite à l'annulation d'une entrée en bourse au Japon.

La spin-off de l'UCLouvain s'est retrouvée à court d'argent suite à l'annulation d'une entrée en bourse au Japon. Après le départ de plusieurs de ses dirigeants, certains de ses investisseurs asiatiques ont confirmé leur volonté de renflouer l'entreprise - avec une possible entrée sur la Bourse de Hong Kong ou un partenariat -, mais la nouvelle direction avait dû demander la mise à l'abri de ses créanciers, par le biais de la PRJ.

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