La crise du Covid a poussé les besoins de la pharma en Wallonie et à Bruxelles

Une plus grande agilité dans l'enseignement supérieur permettrait une meilleure adaptation aux besoins de l'industrie chimique et biopharmaceutique, estime essenscia. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Les entreprises actives dans les secteurs chimique et biopharmaceutique disposent, cette année, de 2.150 postes à pourvoir en Wallonie et à Bruxelles, selon essenscia.

Les secteurs  de la chimie, des matières plastiques et des sciences de la vie recrutent. On le sait depuis des années, mais la crise du coronavirus a encore multiplié les besoins: en 2020, année cataclysmique sur le front de l’emploi s’il en est, ces trois branches ont ouvert 2.150 postes, selon les résultats de l’enquête emploi annuelle de la fédération régionale de la chimie et des sciences de la vie, essenscia Wallonie-Bruxelles. C’est 700 de plus qu’en 2019, soit une hausse de 50%.

Neuf entreprises sur dix indiquent qu’elles ont ou qu’elles vont recruter en 2020. Depuis 4 ans, l’industrie a ainsi créé plus de 1.900 emplois nets, représentant une progression annuelle de 5%.

120%
des capacités
La biotech et la pharmacie ont fonctionné à 120% de leurs moyens pendant la crise, selon essenscia.

Des investissements en bioproduction

Pendant la crise, "le secteur de la chimie a fonctionné à 80% de ses capacités", indique Frédéric Druck, administrateur délégué d’essenscia Wallonie-Bruxelles. Mais la biotech et la pharmacie ont plutôt fonctionné à 120% de leurs moyens. Ces secteurs ont poursuivi leurs programmes, mais ont eu, en plus, des missions liées à la pandémie coronavirus.

Ce sont les plastiques qui ont le plus mal vécu cette période en tournant environ à 50% de leurs capacités car leurs client mondiaux - l’automobile, la construction, l’électronique et l’aéronautique - étaient à l’arrêt. Cela c’est pour l’aspect conjoncturel.

Au niveau structurel, il y a les investissements en bioproduction et les développements prévus, qui contribuent à la réindustrialiation. Il y a un ancrage des outils en Wallonie, comme Catalent ou Univercells. D’autres biotechs sont proches du marché, comme Mithra ou Bone Therapeutics. Les planètes sont alignées.

Pas forcément des jobs hautement qualifiés

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne faut pas nécessairement être docteur en chimie pour trouver un poste, loin de là. Près de 70% des places sont accessibles aux diplômés STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) de l’enseignement secondaire supérieur ou aux bacheliers techniques ou scientifiques.

La majorité des postes ouverts (80%) concerne les métiers de la production: techniciens, opérateurs, contrôleurs qualité, gestionnaires de projets, fonctions de middle management… Et une place sur cinq ne nécessite pas d’expérience professionnelle préalable.

"L’enseignement supérieur ne se saisit pas non plus d’un certain nombre de matières que nous devons enseigner en formation continue alors que ce sont devenus des classiques."
Frédéric Druck
Administrateur délégué d’essenscia Wallonie-Bruxelles

Adapter l'enseignement

Comme la bonne santé de l’industrie de la chimie et des sciences de la vie se confirme année après année, cela fait déjà un certain temps que ces secteurs connaissent une certaine tension pour combler les besoins en matière de talents. "Il convient notamment d’investir massivement dans la formation continue et de revaloriser l’enseignement qualifiant auprès du grand public et de mobiliser l’enseignement supérieur pour qu’il propose des programmes en adéquation avec les besoins des entreprises tels que l’alternance", poursuit Frédéric Druck.

"Il y a déjà  des initiatives dans l’enseignement, mais on souhaiterait qu’il y ait une plus grande agilité dans l’enseignement supérieur pour s’adapter aux besoins de l’écosystème local. On essaie ainsi de mettre en place un projet de bachelier en alternance spécifiquement orienté en production, mais on nous a rétorqué qu’il y avait tout un processus à suivre et qu’on ne pouvait pas lui donner la priorité pour le mettre en place rapidement. L’enseignement supérieur ne se saisit pas non plus d’un certain nombre de matières que nous devons enseigner en formation continue alors que ce sont devenus des classiques, comme les outils technologiques que nous utilisons dans nos labos et nos outils de production", conclut l'administrateur délégué d’essenscia Wallonie-Bruxelles.

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